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Medias : Un Rubik’s cube nommé Added

andré added-01André Added a annoncé sur France Bleu Périgord  l’arrêt du magazine Le Journal du Périgord. Lancé par le Groupe Sud-Ouest en 1989 puis repris par Mediapress en 1996, Le Journal du Périgord avait été repris par le mystérieux et truculent homme d’affaires en 2010 après des convulsions juridico-économiques lancées par Jean-François Torelli depuis déchu de sa charge de mandataire judiciaire. Après 25 années d’existence la belle aventure s’arrête-t-elle pour autant ?

C’est avec son caractère tranché et sans rondeur que André Added a annoncé sur les ondes de France Bleu Périgord l’arrêt du prestigieux magazine Le Journal du Périgord. Ce n’est pas une surprise. L’homme d’affaires avait repris le titre en décembre 2010 à la barre du tribunal de commerce lequel cherchait avant tout à se débarrasser d’une patate chaude qui lui brûlait les doigts depuis quatre ans. Le Groupe Mediapress qui affichait au moment de sa liquidation une santé fragile mais un résultat financier positif est donc en passe de disparaître totalement et définitivement. André Added évoque une perte de 113 000 euros et une situation sans issue pour justifier l’arrêt du Journal du Périgord. Est-ce là les seules explications à cette décision ? Arrêt sur image et décryptage.

Une aventure régionale

journal-du-perigordL’histoire de ce magazine est avant tout celle du Périgord dont il chante les louanges avec d’élégantes et gracieuses plumes locales depuis 1989. Cette année-là, à l’initiative d’une journaliste, Dominique Lavigne, les Groupes Sud-Ouest et la Nouvelle République du Centre Ouest lancent un trimestriel, Le Journal du Périgord, qui fera une belle réussite en terme de diffusion mais affichera rapidement des pertes financières insupportables.

Le Journal du Périgord face à Jean-François Torelli

Créée en 1977, c’est la société Mediapress de Périgueux qui héritera de l’adolescent et le transformera progressivement en mensuel. La société Mediapress développera ses activités d’édition dans  le Lot avec la reprise d’un autre titre, Direlot, puis en reprenant au Groupe Sud-Ouest l’hebdomadaire La Semaine du Lot à la barbe de l’imposant groupe de presse La Dépêche du Midi lequel n’aura de cesse de contrarier la trop prétentieuse entreprise Périgourdine. A bout de souffle, étranglée par le groupe de presse de Jean-Michel Baylet, en 2008, Mediapress lui cèdera l’hebdomadaire.

Déjà, en 2006, face à des difficultés de tous ordres la filiale lotoise du désormais Groupe Mediapress est mise en liquidation. Dés lors, le mandataire judiciaire Périgourdin, Jean-François Torelli, engagera une partie de bras de fer visant à étendre le passif de la filiale Lotoise à sa société mère Mediapress. De jugement en jugement il finira par avoir gain de cause en 2008 : Mediapress est mis en liquidation. Le groupe de presse paye là les frais de son intrépide dynamisme, ses inimitiés Lotoises et son audace face à Jean-François Torelli. A ce moment-là, la société Périgourdine qui édite toujours trois titres – Le Journal du Périgord, Direlot et Dordogne Performances – est bénéficiaire. 

André Added, le conteur de belles histoires

CENTREXUn repreneur totalement inconnu et sans aucune compétence dans le domaine tente de reprendre les rênes. Le tribunal de commerce de Périgueux lui accorde sa confiance. Dés la première année, Mediapress est dans le rouge. Il jette l’éponge l’année suivante.

C’est à ce moment qu’entre en scène André Added. Piloté par le créateur qui voit en lui une solution aux difficultés de son ancienne entreprise et aux siennes, André Added enlève la mise pour 30 000 euros qui vont dans la poche du mandataire judiciaire lequel, de son côté, de vente en rachat aura collecté quelques 120 000 euros.

André Added est désormais à la tête d’une prestigieuse mais il est vrai controversée aventure. Le sémillant homme d’affaire ne s’embarrasse pas de considérations et convenances : il ne reprend qu’une des sept personnes encore employées et s’empresse de tirer un trait sur un passé qui pouvait faire ombrage à ses prétentions.

A 66 ans, le personnage, marié à une Périgourdine, s’est partiellement retiré du monde des affaires à Excideuil. Après des études de mathématique et de physique, à 22 ans, il créé puis dirige le « Groupement de l’intérim français » à Paris. Celui-ci se disait « spécialisé en recherche et développement et bureau d’études. »  A sa revente il réalise une belle opération qui lui assure désormais un statut de rentier.

Il se présente toujours comme le président d’un institut Français de l’Intelligence économique et de divers associations humanitaires ou caritatives. Ainsi, par exemple, la fondation Ostad Elahi dont il est membre s’occuperait d’éthique et de solidarité humaine. Il s’affiche Franc-maçon, il est vrai de la Grande Loge Nationale Française qui a explosé sous le coup d’affaires. Le petit monde maçonnique Périgordin ne semble pas avoir bien accueilli ce trublion. Il en est de même de ces affections religieuses. Tout ceci est un ensemble hybride constitué de références diverses qui sont autant de réseaux à partir desquelles André Added bâtit ses ambitions. 

Pour faire sa place au soleil du Périgord il ouvre une galerie à Périgueux – L’évènemenCiel – où il entend attirer les habitués de la vie locale. Avec sa fille, Frédérique, il amène aussi la Fava – Formation vocale et chorale pour les enfants et les jeunes. 

André Added, touche à tout, veut relancer feu la radio libre « Périgueux 103 » mais loupe son arrivée. En janvier dernier il lance l’idée d’un salon du livre maçonnique qui fait un flop devant la levée de boucliers des obédiences. Six mois plus tard il patronne un salon du livre qui n’attire pas franchement les Périgourdins. Il y distribue généreusement les invendus du Journal du Périgord…

C’est encore le Comité Talleyrand qu’il préside et qui prétend favoriser la promotion de la musique, des artistes et de la culture. Sur Excideuil, son bastion féodal, entouré de quelques âmes en mal de reconnaissance André Added joue les mécènes. En 2010, il y créé un club de chefs d’entreprises : Centrex. Enfin, membre du Rotary international, mais toujours trop empressé, il préfère créer sa propre association avec des proches, le Rotary de Périgueux-Est plaçant à Excideuil un de ses affidés. André Added pourrait être le conteur d’un récit digne des Mille et Une nuits. Sauf qu’il n’est pas Aladin et que sa lampe merveilleuse est virtuelle. En attendant, la presse locale le présente comme un mécène, ce qui le fait sourire.

L’entrepreneur sourcier

905464 22174063 460x306André Added, homme de l’intelligence économique a aussi une autre passion : l’ésotérisme. Il se dit même « sourcier ». Le personnage est ainsi fait de clairs mais aussi d’obscurs. A la truculence méridionale héritée de son enfance en Tunisie il ajoute une certaine rouerie faite d’artifices verbaux qui ne manquent, au premier abord, de donner le change sur sa magnificence. 

La galaxie d’André Added a suscité bien des interrogations sans que pour autant on puisse clairement dessiner le destin de ce personnage étonnant et détonnant. Homme de réseau, André Added développe une personnalité atypique qui bouscule sans mesurer les dégâts collatéraux de ses propos et initiatives.

Malgré ses rodomontades face aux institutions locales et ses initiatives désordonnées André Added annonçait dés 2011 la cessation d’une première parution, celle-ci économique, et dénommait Dordogne Performances.

Dans le même temps il déclamait à qui voulait l’entendre que Le Journal du Périgord prenait une dimension quasiment planétaire. Le hic, par exemple, c’est que dés son arrivée André Added avait fait fi de la dette abonnés et que ceux-ci, sollicités, avaient mal pris le toupet du repreneur. Les abonnements n’avaient pas suivi… On connaît aujourd’hui la suite. 

« Le jeu du plus c… »

André Added.02Faisant feu de tout bois dans ses déclarations André Added s’attire progressivement des animosités feutrées sans que celles-ci ne le détourne de ses prétentions essentiellement verbales.

Quand, en janvier dernier, il convie ses amis à fêter les rois dans ses salons de L’EvènemenCiel il parle de Mediapress en termes de combat : « Il y a les intellectuels et la barbarie, moi je suis antifasciste » Il regrettait aussi le report du Salon du livre maçonnique, suggérant qu’il rejetait le « jeu du plus c… ».

Il semblerait qu’à ce jeu-là André Added perde peu à peu ses meilleurs pions. Pas que pour des raisons financières. L’homme s’éparpille et son incohérence plus émotionnelle que rationnelle lui joue de mauvais tours. Le Périgordin a toujours été prompt à se laisser séduire par les aventuriers qui racontent de belles histoires. Ces dernières ont naturellement toujours une fin. On l’aura compris, André Added est plus maladroit qu’aigrefin. En décidant l’arrêt du Journal du Périgord, André Added ferme une belle histoire. Il lui reste à rebondir. Et cela, il sait faire. La preuve il mijote déjà la création d'un Mag Book...En fait, André Added est l’équivalent du casse-tête inventé en 1974 par le Hongrois Ernö Rubik.

Texte et Photos : Pascal SERRE

Fondateur et administrateur de la Sarl Mediapress de 1977 à 2008

A lire : Faits Divers – Pascal SERRE – Guillemets - 2013


 

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