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La rose rouge de Sarajevo

ROSE-COUVERTUREAvec son livre La Rose rouge de Sarajevo Pascal Serre nous amène toujours là où on ne l’attend pas. Le journaliste et entrepreneur qui a passé une grande partie de sa vie dans le microcosme de son pays natal, le Périgord, à entretenir les images d’Epinal de cette province si chère à Montaigne, nous a déjà fait traversé de l’autre côté de son miroir avec son « Faits Divers, la parabole du publiciste et du Hamster » ; un exercice aussi surprenant que dérangeant et authentique. Cette fois, c’est dans les Balkans qu’il nous invite à réfléchir sur l’âme humaine. Celle, déchirée des femmes et des hommes. Une âme qui devient ainsi la sienne et la nôtre.

Lorsque Pascal Serre m’a parlé de son projet de rédiger autour de ses voyages dans les Balkans un ouvrage j’ai immédiatement pensé à celui que venait de faire paraître Lionel Duroy, L’hiver des hommes. C’était en 2011. Si le cadre - l’ancienne Yougoslavie - et le parallèle entre leur propre condition – la séparation amoureuse - servaient ainsi de support à de multiples interrogations et méditations, je concevais que, comme Lionel Duroy, il pouvait « poser sur ces êtres démunis et enlisés dans leurs certitudes, un regard lucide et empreint d’empathie ». J’avais suivi les voyages de Pascal Serre par les nécessités du moment et je ne pouvais que le laisser mener au meilleur terme possible son exercice.

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Une psychanalyse entre l’actualité et l’histoire

1440034La lecture achevée je restais sur une impression très contrastée. Non que l’écriture, le style ou ce qui fait la qualité d’un tel ouvrage ne soit mise en doute. Je tentais, comme il me l’avait demandé, de m’attacher aux regards qu’il portait sur ces femmes et ces hommes, ces événements et ces lieux, qui devenaient une sorte de psychanalyse et ne pouvaient que bousculer les certitudes qui sont les nôtres, déranger aussi sur les conclusions par définition réductrices donc déformantes entretenues par ce qu’il faut appeler des clichés. Mais c’est à partir de cela, aussi, que nous nous sommes connus et que j’ai apprécié sa personnalité. Je n’étais pas déçue, presque rassurée. Je trouvais même dans ces récits, et je m’en excuse, une sorte de tourisme sensible, une façon de retrouver le voyage comme il le fût au Siècle des lumières et même jusqu’au début du vingtième siècle : une façon d’entrer en communion avec les différences qui font la richesse de toute rencontre. Une façon aussi de relier l’actualité à l’histoire. 

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Le miroir de Sarajevo devient celui de l’âme humaine

Encore une fois je ne me suis guère attachée à la forme littéraire même si elle m’est apparue parfois laborieuse parce que, peut être, trop recherchée. Il ne m’en voudra. L’essentiel est dans sa façon d’aborder, de réciter chaque rencontre qui devient une petite histoire à l’image de ses films italiens à sketch des années soixante. Et pourtant, comme eux, il y a un fil rouge, cette rose, la sienne et celle de Sarajevo. On trouvera dans ce livre un romantisme exacerbé et bien tant pis ou tant mieux. Chacun ne pourra que vivre ses vies cachées et anonymes à travers sa propre condition. On pourrait presque dire que le titre aurait du être Le miroir de Sarajevo…

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Chaque récit est un message que chacun appréciera

DSC 0453Loin de ses terres Périgordes auxquelles je crois savoir qu’il est terriblement attaché, Pascal Serre, grâce aux épreuves qu’il a subies et assumées aussi, s’en est allé le plus souvent en voyageur solitaire, utilisant le langage des signes car dépourvu d’une solide connaissance de quelque langue autre que celle de son pays. C’est peut être ainsi qu’il a pu le mieux ressentir les émotions et leur laisser leur authenticité. Nous sommes ainsi face à une brute géographie des sentiments. Ceux de Halid, un musulman bosniaque privée de la vue lors du siège de Sarajevo et qui l’initie aux mystères des roses rouges de sa ville. Ceux de Erna, enlevée lors de la guerre puis libérée par ses amis, enfermée depuis dans son appartement de Vogošća sur les hauteurs de Sarajevo, ou encore de Stojan, non loin de Mostar, ancien médecin croate qui lâchait : « celui qui ne combat pas est condamné à être un esclave… » Un message pour le futur ?

Chaque récit est un message que chacun appréciera.  Il en est ainsi de l’alchimiste de Kotor, franc-maçon nonagénaire, qui toisait de ses mystères Pascal Serre ; une rencontre foudroyante. L’image du rouge-gorge de Ismeta, musulmane de Foča ou encore la soirée sur le Vieux Pont de Mostar avec Rumenka qui évoque le livre de Pero Zubac, Les pluies de Mostar, témoignent d’un romantisme presque fascinant bien que peu conventionnel avec les lieux et les événements. Mais, je respecte cette vision intime et vraisemblablement réelle. Il y a ainsi autour de chaque récit cette note très personnelle qui entraine la pire chose vers l’espoir. Toujours avec une pudeur nourrie par l’empathie naturelle qui est la sienne.

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 Un coma provisoire

En fait, de sa jeunesse à ses dernières années, Pascal Serre a ramassé ses souvenirs et tout ceci constitue au final un ensemble assez cohérent quoique parfois difficile à suivre. Enfant, il a comme compagnon de jeu un serbe, à l’époque réfugié politique. L’adolescence juste achevée, ce sont les voyages encore exotiques et en amoureux à travers ce qui est encore la Yougoslavie. Puis arrivent les années 1994-1995 où il fut directement confrontés à la guerre il retient certes la mort qui le frôle mais aussi le visage de Zoran, un pianiste qui, comme beaucoup, à l’époque, était égaré dans des histoires bien éloignées de sa propre histoire. Un pianiste tout aussi romantique que lui. La suite, on la connaît sans la connaître puisque ce ne peut être, en refermant provisoirement son livre, que la nôtre.

C’est à Belgrade, au lido de Zemun, que Pascal Serre met un point virgule à ses récits. Il y confie « une sorte de coma provisoire qui menait à une toute autre existence ». Il nous dit aussi qu’une rose ne fleurit jamais deux fois. A Sarajevo comme en chacun d’entre nous. Oui, c'est bien un point virgule. La suite est à venir.

Texte : Agnès Carpentier. Consultante. Genève

Photos : Pascal Serre

Livre disponible sur commande à : Pascal Serre - 10 chemin des Petites Fontaines - 24650 Chancelade - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


 

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Les gazouilladesde Pascal Serre

Les larmes de Marianne

MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

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