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Xavier Darcos : l'immortel pétrocore

Xavier DarcosDepuis le 13 juin dernier Xavier Darcos est le premier Périgourdin élu à l’Académie française. L’ancien maire de Périgueux sévèrement battu en 2008, écarté du gouvernement en 2010 après avoir essuyé un revers aux élections régionales en Aquitaine et contrarié dans sa candidature à la présidence de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, recasé à la présidence de l’Institut français trouve ainsi son véritable destin.

 

DARCOS-02Au soir de sa défaite aux municipales de Périgueux, le 16 mars 2008, Xavier Darcos avait déclaré : « Une défaite est toujours cruelle, je ne cache pas ma déception. Une bataille perdue n’est pas la fin d’un combat. » Cinq années plus tard le suffrage lui a été tout simplement favorable. La différence c’est le but du combat, si on peut s’exprimer ainsi, mené pour devenir un des illustres immortels de l’Académie française. La vie politique fut vraisemblablement pour Xavier Darcos une tentation au sens de la romancière américaine Stephenie Meyer dans son ouvrage Saga du désir interdit qui met en scène l’amoureuse d’un vampire. L’esthète en lettres moderne et latine exalté par le goût du pouvoir auquel bien peu résiste ne s’est pas fourvoyé au point d’oublier ses passions intimes et, peut être aussi, ses valeurs, au point de passer pour prétentieux par son aversion naturelle à ne pas succomber au populisme démocratique. La controverse de Périgueux née de son échec électoral quoique diluée par le temps reste présente dans le landerneau Périgueux. Bien souvent on entend « il était trop bien pour Périgueux… » La mythologie qu’affectionne tant Xavier Darcos s’est installée mais à la sauce Périgueux. Avec la défaite de Xavier Darcos en politique on ne peut que constater que la flamboyance visionnaire puisant dans l’esthétisme littéraire a cédé devant les brèves de comptoir et les hypocrites mais nécessaires poignées de mains. L’homme a douloureusement tiré un trait sur un monde qui, au final, n’était pas le sien. Peut-on ainsi admettre que sa défaite politique lui fut intimement salutaire ?

Sans la défaite de Périgueux point de victoire à Paris

Ceci nous ramène à cette brillante élection à l’Académie française qui doit donner une satisfaction plus approprié à la destinée de Xavier Darcos ; que sans sa défaite à Périgueux il n’aurait pas pu ceindre l’habit vert et l’épée réservé à l’immortel ; que tout ceci n’est qu’une avantageuse providence. Avec cette élection, Xavier Darcos obtient ainsi un deuxième fauteuil Quai Conti, rejoignant à l'Académie française l'historien Gabriel de Broglie, qui siège lui aussi à l'Académie des sciences morales et politiques. Plusieurs autres Immortels siègent aussi à celle des sciences, dont le Prix Nobel de médecine, Jules Hoffmann, reçu en mai sous la Coupole. Avec ses pairs de l'Académie française, fondée en 1635 par Richelieu, Xavier Darcos s'attellera à la rédaction du Dictionnaire de la langue française, l'une des principales missions de la vénérable institution chargée de veiller au respect de la langue française. Déjà on pressent l’ancien maire de Périgueux à officier comme secrétaire perpétuel en remplacement de Hélène Carrère d’Encausse laquelle a su aiguillonner et guider la candidature de Xavier Darcos. Mais diable que voici une bien vile pensée que les immortels ne connaissent pas.

ACAFRAN

On ne résout pas le chômage avec quelques mots de latin

Sur les marchés de Périgueux l’élection de Xavier Darcos a succombé devant le tsunami émotionnel causé par la disparition de son ancien adjoint à la mairie, Philippe Cornet. « Lui il est resté » jette en parlant de Philippe Cornet et un tantinet accusateur de Xavier Darcos un des régatiers du Coderc. Les anciens qui avalent leur « café » se font évasifs et même distants sur le nouvel académicien : « Il est mieux à Paris qu’à Périgueux » ou encore « Il aura sa rue » et même « ça ne nous concerne pas, c’est son affaire ». Plus loin, le long du café de la Truffe des habitués semblent ne pas connaître la nouvelle : « Darcos académicien ? C’est la preuve que les périgourdins ne le méritaient pas. Mais il préfèrera ça à s’occuper de Périgueux. » Et son voisin de tablée complétant : « C’est pas avec quelques mots de latin que l’on résout le chômage». Fermez le ban, circulez il n’y a rien à voir.

Fragments d’un discours amoureux

De tout ceci me reviennent les fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. Il est vrai que l’ancien maire de Périgueux a usé de son affection intellectuelle mais aussi émotionnelle dans son Dictionnaire de la Rome antique. L’amoureux est le plus souvent un incompris et sa souffrance cachée ou exprimée est bafouée par la médiocrité du monde. Ce discours amoureux est le lieu de tous les paradoxes. Ce discours est généralement contre l’opinion générale qui « déprécie toute force excessive et veut que le sujet réduise lui-même le grand ruissellement imaginaire dont il est traversé sans ordre et sans fin, à une crise douloureuse, morbide, dont il lui faut guérir (…) l’histoire d’amour est le tribut que l’amoureux doit payer au monde pour se réconcilier. » Alors ? Oui, alors. Et bien, acceptons que le destin de Xavier Darcos soit un discours amoureux, une illusion vraie qui explore les frontières de la réalité, du fantasme et de l’hallucination. Un discours qui est l’espace où « le vrai » peut basculer dans le « faire-semblant », se confondre avec lui et constituer en dernière instance, sa vérité. Nous deviendrons, peut être ainsi, nous aussi, des immortels.

Pascal SERRE – Crédit photos : L’Esprit Périgord


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Les gazouilladesde Pascal Serre

Les larmes de Marianne

MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

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