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Médias : liaison fatale

famosa journal du PérigordAvec l’arrivée en janvier du magazine féminin Famosa l’hégémonie du vénérable Journal du Périgord est secouée. Ce dernier, créé en 1989, a traversé une série de crises qui l’on amené à être repris par André Added un entrepreneur ambitieux et truculent qui ne s’est pas fait que des amis. Pour Famosa, la plupart des collaboratrices du nouveau magazine ont été, par le passé, attachées au Journal du Périgord. C’est sur fond de règlement de comptes que les deux magazines envahissent les vitrines des dépositaires de presse.

Le lancement du magazine Famosa, en janvier dernier, traduisait une belle énergie qui contraste avec la morosité ambiante du monde de la presse papier. Surtout sur un territoire aussi fragile économiquement qu’est la Dordogne. Si le premier numéro présentait quelques faiblesses il était accompagné d’une grande vitalité en terme de promotion. Menée par Nadine Fabron, professionnelle de la publicité, mais aussi Suzanne Boireau-Tartarat journaliste puis attachée de presse à la Ville de Périgueux, la création de Famosa entendait répondre à la poussée de sève d’un féminisme en forme d’alibi ou de démarche marketing.

Du Journal du Périgord à Famosa

1361477870.pngLes principales plumes de Famosa avaient été écartées ou s’étaient éloignées fin 2010 du repreneur du Journal du Périgord, André Added. Le grand nettoyage où le Journal du Périgord a vu fondre ses effectifs mais aussi ses ventes et recettes publicitaires ou encore le caractère « éléphant dans un magasin de porcelaine » du parisien André Added ont marginalisé le fleuron de la presse magazine de Dordogne. Il a aussi créé des inimitiés aussi solides que durables. En créant Famosa on ne peut pas écarter que les anciennes plumes du Journal du Périgord n’aient pas quelques leçons à donner au sémillant André Added. Les émotions sont parfois plus fortes que les raisons économiques. André Added, Président de Institut Français de l’Intelligence économique a peut être négligé cette équation. On le dit trop suffisant pour cela. En attendant les deux magazines se trouvent sur quasiment le même créneau de lectorat et publicitaire bien que Famosa présente une ligne éditoriale au féminisme séduisant mais qui pourrait être une façon de s’imposer, dans le futur, comme le nouveau magazine de territoire du Périgord. Il faudrait pour cela que Le Journal du Périgord disparaisse ou se fonde dans Famosa. N’oublions pas que Le Journal du Périgord a été créé par une femme, Dominique Lavigne, et que Suzanne Boireau-Tartarat, talentueuse cheville ouvrière de Famosa est restée amie de la fondatrice du Journal du Périgord jusqu’à sa disparition.

La querelle des anciens et des modernes

196461 467881093300324 1858354981 nAprès avoir flirté avec les 7 000 exemplaires à sa création, Le Journal du Périgord, selon nos estimations, aurait actuellement une diffusion payante de 1 300 à 1 600 exemplaires ; Famosa, au second numéro engrangerait une diffusion payante de presque 3 000 exemplaires. Et, selon des dépositaires Famosa aurait détrôné Le Journal du Périgord jugé vieillot et figé dans des clichés usés. Il est vrai que l’équipe rédactionnelle de Famosa offre un contenu plus solide. Celle-ci, majoritairement bénévole traduit une belle et dévorante passion pour la cause des femmes mais aussi le Périgord. Et, en ces domaines elles sont modernes ce qui évite de tomber dans les caricatures publicitaires du Périgord ou du féminisme version mai 68. Au Journal du Périgord, les recettes d’antan n’ont pas été renouvellé et les plumes en quête de reconnaissance littéraire n’ont pas l’innovation attendue. Le produit quoique de grande qualité technique ne se renouvelle pas et son lectorat avide de nouveauté et de modernité boude le rendez-vous bimestriel. Côté publicité, pour Famosa, Nadine Fabron sait de quoi elle parle et ne manque pas de tonicité et d’arguments ; pour Le Journal du Périgord la démarche semble moins tonique. Alors que Famosa avait fait une entrée en fanfare dans le paysage médiatique Périgordin avec affiches, réunions et présences sur le terrain, André Added vraisemblablement pas préparé à une telle situation et moins entrepreneur qu’homme de réseaux se faisait voler la vedette.

Des magazines dans le rouge

André Added a finit par réagir. Avec la sortie de son hors-série annuel sur les balades, Le Journal du Périgord a envahi les vitrines des dépositaires de presse par des affiches qui ne laissent aucune place à Famosa. Une vraie bataille d’affiches qui ouvre une guerre qui laissera inéluctablement l’un des deux magazines sur le bord du chemin. Si Famosa doit répondre à des contraintes économiques sur un marché particulièrement réduit et difficile, Le Journal du Périgord a son mécène qui prétend s’être offert une danseuse et peut donc se permettre de perdre tout l’argent qu’il voudra ou pourra. En l’état, chaque rédaction est quasiment faite bénévolement et seuls les frais d’imprimerie sont à prendre en compte. On peut estimer que chaque magazine est d’ors et déjà et pour le moins virtuellement dans le rouge. Combien de temps les uns et les autres accepteront de travailler bénévolement et, de plus, de perdre de l’argent sans que l’horizon ne s’éclaircisse durablement ?

VITRINE-JDP

L’homme de réseau face aux femmes de passion

Si Famosa devrait conforter l’évolution de la diffusion jusqu’à la fin de l’année on peut difficilement concevoir une inversion pour Le Journal du Périgord si la ligne et le structure éditoriales restent en l’état. Magnifique catalogue sur papier glacé, Le Journal du Périgord est sous perfusion et c’est à André Added que l’on doit cette survie économiquement injustifiée. A plus de 67 ans le baroudeur qu’il est pourrait trouver finalement trop chère la petite notoriété qu’il a cru acquérir avec Le Journal du Périgord. Famosa avec ses talents authentiquement passionnés par cette aventure a le temps, une vitalité et des savoir-faire de son côté pour attendre le verdict. Il demeure néanmoins le couperet de la toujours douloureuse rentabilité à trouver.En attendant les affiches font parler. Mais, attention, avec humour, une affiche peut en cacher une autre…

Pascal SERRE - Crédit photos : L'esprit Périgord et droits réservés


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