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Justice : Yves Squercioni ou Janus à la sauce Périgueux

SQUERCIONI-01Depuis son arrivée, en 2006, Yves Squercioni a donné à sa charge de Procureur de la république une dimension contrastée. D’un côté, façon Janus, un personnage plutôt attiré par les médias et une reconnaissance sociale qui n’aurait pas déplu à François Mauriac et, de l’autre, un redoutable Thémis tenant le glaive et la balance. De l'affaire de Jean-François Torelli à celle de Jacques Auzou en passant par la réhabilitation des services judiciaires et la nouvelle carte judiciaire Yves Squercioni a été de toutes les batailles. Son départ suscite des regrets de circonstances.

 Le départ du procureur de la république de Périgueux, Yves Squercioni, était annoncé depuis presque deux ans. Désormais la rumeur s’est transformée en réalité : Yves Squercioni est nommé à la cour d’appel de Bordeaux et il quittera Périgueux au début de l’été.

La médiatique affaire « Tramois-Chanel »

Arrivé en septembre 2006 à Périgueux, venant de Tulle, Yves Squercioni a été médiatisé dés le printemps suivant avec l’affaire du Docteur Laurence Tramois et de l’infirmière Chantal Chanel poursuivies pour « complicité d’empoisonnement » et « empoisonnement ». Il avait fait preuve, à cette occasion, d’une fermeté de principe tout en exprimant une compréhension particulière à ce qu’il fallait bien nommer un « phénomène de société ». Dans cette affaire, avait-il indiqué « l'humanité dont vous souhaiteriez faire preuve ne devra pas se traduire par un acquittement ». La presse avait relevé : « Le ministère public souhaitait quant à lui des peines symboliques pour que soit rappelé le principe de droit qui interdit à un médecin de donner la mort. » Une belle entrée en fonction.

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Une longévité exceptionnelle

Yves Squercioni a bénéficié d’une longévité inhabituelle ce qui l’a placé au cœur de nombreuses affaires locales largement médiatisées elles aussi. D’une prétendue psychologue soupçonnée d’avoir produits de faux diplômes à la lourde procédure menée à l’encontre du mandataire judiciaire Jean-François Torelli en passant par celle engagée contre le maire de Boulazac, Jacques Auzou le procureur de la république aura laissé son empreinte dans la vie judiciaire périgourdine. Il y eut l’affaire de trafic d’influence des anciens directeurs d’offices publics d’HLM et bien d’autres encore qui faisaient les délices des journalistes locaux et faisaient de Yves Squercioni un homme plus craint que fréquentable.
A chaque fois le magistrat a fait preuve d’un doigté habile dans les procédures imposant aussi un caractère parfois sourcilleux voir implacable et même incorruptible dans ses décisions et réquisitions. Dans les couloirs du parquet et auprès du barreau il a imposé son style parfois sans nuance mais une inflexible volonté.

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Une posture qui ne pouvait pas lui attirer que des amis

Dans l’affaire de Jean-François Torelli il plantait ainsi sa banderille : « Un accord n'est pas celui que l'on passe sur le marché de la foire en se tapant dans la main ! » ; ce qui faisait tousser l’avocat Olivier  Morice qui lançait : « un bon mot sans doute pour les journalistes. » En effet, Yves Squercioni aimait les journalistes et savait en jouer toujours avec habileté. Il pratiquait le communiqué et la conférence de presse en préservant quelques compérages médiatiques.
En janvier dernier il interjetait appel de la décision du juge des libertés et de la détention remettant en liberté un homme mis en examen pour « coups et blessures volontaires ayant entrainer la mort sans intention de la donner ». La cour d’appel lui donnera raison. Dans des plaintes déposées par trois salariées licenciées pour « faute lourde » pour des propos estimés injurieux et diffamatoires par leur employeur sur Facebook, Yves Squercioni classera sans suite pour « absence d’infraction » laissant pantois les plaignantes et leur avocat. Mais la parfaite connaissance des procédures et son pouvoir ne laissent aucune fenêtre pour ses contradicteurs. Yves Squercioni entend être au-dessus des traditionnels arrangements locaux ; corse d’origine il connaît bien les mécanismes claniques inhérents à la vie Périgourdine quitte à s’affranchir d’une proximité sociale qui l’isole. Une posture qui ne pouvait pas lui attirer que des amis. 

Toujours prêt à épouser la bonne cause

Yves Squercioni, toujours prêt à épouser la bonne cause, participait à de nombreuses actions de prévention et d’information. Une façon de rendre la fonction et sa personne plus sociables. En 2009, par exemple, il signait une convention avec la LICRA afin de faciliter et accélérer le temps pour le dépôt d’une plainte en cas de racisme sur les terrains de football. Régulièrement il travaillait avec les élus, institutions et associations afin de développer une information et une prévention adaptées à une société toujours plus complexe et en mutation. Il a aussi mis en place des audiences décentralisées.

Grincements de dents

Nommé par le Président de la République, le procureur représente le ministère public et Yves Squercioni a vite été « catalogué » d’un profil conservateur voir proche de la Droite. De même sa méthode de travail très personnelle lui a causé des inimitiés aussi solides que contenues dans les couloirs des pouvoirs judiciaires et politiques.
En janvier 2011, en plein Sarkozysme, lors de la signature de la convention pour la création d'un point d'accès aux droits pour les personnes détenues, Yves Squercioni déclarait  « On entend souvent que les prisons sont des lieux de non-droits. Désormais, on pourra dire que la maison d'arrêt de Périgueux est un lieu où le droit existe et règne » A cette période le magistrat entretenait les meilleures relations avec son administration et la préfète Béatrice Abollivier écartée du département pour son inflexible personnalité face à la classe politique locale.
Lors de la cérémonie des vœux de l’année 2013 le procureur de la République s’est emparé de la question des moyens de justice et décoché une flèche vers les parlementaires en évoquant l’absence de financement au titre de la réserve parlementaire du Conseil départemental d’accès au droit. Des parlementaires qui ont modérément apprécié cette charge évoquant sous leur écharpe tricolore l’inclination politique du procureur et son brusque revirement après l’élection de François Hollande. L’un d’entre eux glissant : « il a été moins critique quand il a fallu appliquer la carte judiciaire de Rachida Dati ». Mais on n’attaque pas frontalement un procureur quel qu’il soit.
Nul doute que les propos tenus lors de son départ seront animés par le caractère de Janus qu’a entretenu Yves Squercioni durant ces sept années de magister. On oublie souvent que derrière une fonction, une charge, il y a un homme avec ses convictions et ses émotions.

Pascal SERRE 

 

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