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Jean Nouvel et la lanterne des morts de Sarlat

A l’époque, parmi les nombreux monuments classés de la cité, celui qui faisait le plus figure de « trésor minéral » était une tour ronde, coiffée de pierre, enfermée dans un jardin aux grilles infranchissables et à la porte close, bâtie sur un promontoire dominant la cathédrale, signe de l’ancienne grandeur de la ville que les Sarladais appellent « Lanterne des Morts ».

L’ architecture n’est pas une discipline autonome mais un mode de pensée

lanterne-morts-sarlatAyant grandi au milieu de toutes ces richesses, Jean Nouvel a du comprendre très tôt que « l’ architecture n’était pas une discipline autonome mais un mode de pensée » et qu’à Sarlat « les ombres croisées dont les architectures se sont parées au cours des siècles, dessinaient en silence les œuvres du passé »(2).

Grâce à lui, nous savons aujourd’hui que notre patrimoine architectural est « une succession de modernités, de témoignages de générations disparues »,que dans des lieux historiques comme Sarlat, « chaque monument est une transformation de la pensée humaine en édifice de pierre qui fixe à jamais un moment de culture » et qu’un monument comme la Lanterne des Morts est « une invention de l’architecture du XIIe siècle dont la modernité a été remplacée par celles des siècles suivants » (3).

S’imprégner de l’importance des civilisations perdues

C’est cette volonté de modernité qui a fait disparaître les grilles interdisant l’accès, ouvrir les portes du jardin et de la Lanterne pour que les visiteurs d’ici et d’ailleurs viennent « s’imprégner de l’importance des civilisations perdues, du rapport éternel entre le minéral, le végétal, le soleil, l’air et le vent ; du visible et de l’invisible, de l’amour de partager, de donner et de prolonger notre vie en d’autres » comme l’explique Jean Nouvel dans son Manifeste de Louisiana (4) dans lequel il développe ses idées sur l’architecture et lance un appel à préférer le particulier au générique et à faire le lien avec le passé, le milieu et l’environnement.

Son Manifeste de Louisiana nous enseigne qu’à la Lanterne des Morts de Sarlat, « l’architecture a un pouvoir transcendant, ses règles de construction nous parlent d’un continuum temporel et spatial,  prolonge une histoire vécue, nous laisse les traces des vies précédentes et crée une vibration évocatrice d’une profondeur cachée ».

Devant cette Tour « nous vivons un instant d’éternité. Elle nous fait aimer l’architecture qui est lumière, qui se souvient des us et coutumes, qui révèle les époques et les hommes, qui s’édifie en harmonie avec son temps ».

Face à un rêve silencieux

Devant cette Lanterne, « nous sommes face à un rêve silencieux, un lieu d’oubli et en même temps de réinterprétation d’un passé ambigu, devant une architecture vibrante et en perpétuel écho avec l’univers changeant ».

Alain Armagnac - Photos : Francis Annet et Jean Bonnefon - DR

(1) Jean Nouvel « Laissez-vous conter Sarlat » Ed . Office du tourisme 2001
(2) Jean Nouvel « Cœur de pierre » Ed. du patrimoine 2002
(3) « Jean Nouvel, père de l’architecture contextuelle » Le Nouvel Observateur 18/5/2005
(4) « Jean Nouvel » par Marco Casamonti Ed. Actes Sud 2008


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