1. Skip to Menu
  2. Skip to Content
  3. Skip to Footer

Jean-Marie Champion : le passeur de mots

 C’est un fils de la terre, celle de la Sarthe. Celle du milieu des années cinquante. Très jeune, Jean-Marie Champion s’interroge sur ces origines, celles de la géographie de son enfance, celles de la culture dont il est l’héritier et qu’il veut comprendre au delà des apparences. Quoi de meilleur que le voyage pour tenter de trouver ses propres réponses ? Voyage dans les paroles, les mots, les actes aussi. Le voici comédien et metteur en scène.

Il veut un « grand spectacle de l’intime »

CHAMPION-02C’est en 1981 qu’il pose sa valise en Dordogne. Premier essai, le Théâtre de la Pomme de Lune qui s’adresse au jeune public. Passionné par Sophocle et Françoise Dolto il veut associer l’expression théâtrale à l’improbable aventure qui mène un enfant à l’âge adulte.

« Le théâtre, dit-il, est spectaculaire par essence. Je voyais dans cet essai une façon de mettre les enfants devant le spectaculaire tout en les confrontant à l’intimité et à l’intériorisation. »

Il côtoie et travaille avec Pierre Orma, homme de théâtre qui a laissé une forte empreinte dans la vie périgourdine entre 1981 et 1997, notamment en créant le Théâtre de La Vache Cruelle, plus particulièrement dans l’ancien cinéma transformé pour la circonstance, Le Palace.

La relation entre les deux hommes fait rapidement référence. Pour Jean-Marie Champion, la question est toujours la même : « quels sont les mécanismes intimes de la relation à l’autre, à soi ? » Cette fois il prolonge  et cisèle davantage son art vers les adultes. Il veut un « grand spectacle de l’intime ».

La disparition de Pierre Orma le laisse orphelin. Mais il veut faire vivre ce qui a été initié, par amitié mais aussi parce que c’est là son destin. Il s’installe, Dés 1998, dans un appartement du vieux Périgueux, prés de la cathédrale il créé « Le Paradis » y associant la terminologie galerie verbale. Un pari presque insensé. Jean-Marie Champion s’attache à ces lieux qui racontent « l’histoire de prisons anciennes, de camisoles pour les corps et de carcans pour les esprits, dont certains encore, ici même ». Les premiers pas sont difficiles et le paradis n’est pas sur terre. A l’époque, il le dit : « Je ne fais pas de politique. Le théâtre étant le lieu de mon enracinement, il permet de parler et d’agir. » Il mesure que les mots n’ont pas le même sens pour tous et s’accroche rudement mais assurément à cette aventure qui séduit quelques périgourdins et finalement prend sa place dans la vie culturelle locale et même départementale.

« Le théâtre me ramène toujours vers mes deux grandes préoccupations qui sont les miennes : le travail sur soi et l’amour »

Jean-Marie Champion est libre, libre au point de pouvoir embrasser toutes les idées, de rechercher inlassablement ses propres racines et d’exalter cette quête dans son expression. Il persiste dans ce voyage au long cours ainsi : « Le théâtre est le lieu de mon enracinement, moi qui n’est pas de racines géographiques, pas de racines familiales, mes parents orphelins, je suis dévoré par mon métier et je n’ai pas le choix. »

Jean-Marie Champion avoue que, parfois, il aimerait poser ses valises ; mais c’est devenu impossible : « Le théâtre me ramène toujours vers mes deux grandes préoccupations qui sont les miennes : le travail sur soi et l’amour. »

« J’ai une part de solitude et pourtant je ne tiendrais pas une semaine sur une île déserte. En fait, je suis un passeur… »

CHAMPION-03En 2007 « Le Paradis – Galerie Verbale » s’installe dans de nouveaux locaux, place Faidherbe. C’est un peu excentré mais on peut stationner et les locaux plus adaptés à la multiplicité des aventures auxquelles il contribue : les créations, les résidences, la médiation, le théâtre-forum, le travail d’expression avec les collèges ou encore les Didascalies, un festival créé en 1991 où les lycéens du département découvrent le plaisir et l’expérience du théâtre. Mais il rêve toujours à autre chose, à une autre rencontre, une nouvelle qui va l’entraîner davantage encore. Avec une capacité de cinquante places, spectateurs et acteurs bénéficient d’une intimité exceptionnelle qui rend le lieu si différent, si merveilleux. En quelques années s’est constituée un noyau de fidèles qui suivent avec une grande régularité la programmation.

« Nous avons, reprend-il, tous un sac à dos. Le jour où nous finissons parfois, de guerre lasse, par accepter l’idée que ce sac à dos est une bosse, tout change. Nous devons apprendre à vivre avec nos fragilités, nos silences, nos défauts, aussi. Mais la bosse peut être un volcan. Et tout part de là ! Comment vit-on alors avec soi-même dans la cité ? » Ce sont des questionnements qui rapprochent l’artiste de Ionesco, Michaud ou encore Kafka. Jean-Marie Champion est un solitaire dans un monde en effervescence et celle-ci lui est indispensable pour continuer son voyage : « J’ai une part de solitude et pourtant je ne tiendrais pas une semaine sur une île déserte. En fait, je suis un passeur… » Puis, en même temps, à travers ses mots, on se prend à penser à Gepetto, celui qui donna naissance à Pinocchio dont Italo Calvino disait : « il nous est naturel de penser que Pinocchio a toujours existé, on ne s’imagine pas en effet le monde sans Pinocchio. » Entre le monde des adultes et celui des enfants il ne devrait finalement y avoir aucune différence. Jean-Marie Champion, avec ses mots, a assemblé durant cet entretien une parenthèse attendue, éphémère par principe, et avec laquelle le printanier enchantement qui nous enveloppe nous donne un précaire sentiment d’unicité et d’éternité. Ce doit être cela le théâtre… selon Jean-Marie Champion.

Texte et photos : Pascal SERRE

Le Paradis – 8 place Faidherbe – Tél. 05 53 32 50 93 -  Site : http://www.theatre-leparadis.org


 

Ajouter un Commentaire

Charte des commentaires de lespritperigord.fr

lespritperigord.fr vous ouvre ses pages pour échanger avec la rédaction et les membres de sa communauté. C’est un espace de réaction, de discussion, d'information ouvert aux internautes inscrits. Les intervenants doivent donc répondre aux principes élémentaires du débat :

lespritperigord.fr est seul juge des messages qu’il met en ligne, ou non – y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessous. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant les adresses de contact du site, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

Gardez à l’esprit qu’une attitude posée, polie et respectueuse envers les autres intervenants est toujours préférable pour un échange d’idées.

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n’y ont pas leur place.

Tout contenu contraire à la loi est proscrit : par exemple, l’incitation à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation tout comme la négation des crimes contre l’humanité, ou la justification des actes violents et des attentats. Par ailleurs, les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

Les propos discriminatoires, sous toutes les formes, sont proscrits.

Évitez-le hors-sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations : ils n’apportent rien et peuvent induire en erreur.

Les plaisanteries de mauvais goût et les comparaisons douteuses sont souvent blessantes ou insultantes. Merci de les éviter.

Pour être compris de tous, rédigez des messages lisibles et compréhensibles : pas de langage SMS, de commentaires en majuscules ou en langue étrangère sauf exception.

La répétition d’un même commentaire, assimilée à du spam, n’est pas la bienvenue.

La publicité est également interdite sur lespritperigord.fr. Ne soumettez pas de liens commerciaux.

Il n'est intéressant de proposer aux autres lecteurs des liens que si un commentaire explicite leur contenu. Un lien seul est stérile et peut être assimilé à du spam.

Vous vous engagez à respecter les droits des tiers pour les textes et les images que vous soumettez. Avant de publier un contenu, posez-vous la question: "Ai-je les droits nécessaires pour le proposer ?"

Vous pouvez ne pas être d'accord avec un article de lespritperigord.fr. Expliquez ce qui motive votre commentaire, sans vous montrer agressif. La critique constructive oui ; les insultes non.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, ne lui répondez pas. Utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat. De plus, si le commentaire auquel vous répondez a été modéré, le vôtre peut devenir sans objet et être modéré à son tour.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de lespritperigord.fr moderation@lespritperigord.fr

Toute attitude contrevenant à cette charte peut être passible de bannissement du site.

Vous pouvez poser des questions aux journalistes de la rédaction dans les commentaires. Dans la mesure du possible, la rédaction répond aux interrogations des internautes de lespritperigord.fr

Enfin, souvenez-vous que vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de lespritperigord.fr se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue du débat. Nous sommes seuls juges des messages que nous mettons en ligne ou non.


Code de sécurité
Rafraîchir

Les gazouilladesde Pascal Serre

Pourquoi cela va si mal  en France ?

UnknownIl y a dix ans, un procureur de la république associé à un tribunal de commerce complaisant faisait fermer mon entreprise. Résultats : 10 personnes au chômage, dont moi-même. Dix personnes qui travaillaient, consommaient et payaient leurs impôts. Pour ma part, depuis, j’ai du bénéficier du chômage et d’aides publiques bienvenues pour que je me retrouve pas sans un minimum de ressources. Cherchons l’erreur.

Lire la suite...

 

IMPRIMERIE-FANLAC

Le feu rouge

feu rouge de la semaine

BOIDÉLA SEMAINE DE THIERRY BOIDÉ

Battu à la présidence de Les Républicains en Dordogne le week-end dernier, le bouillant Thierry Boidé a du essuyer la difficile prestation de son mentor Nicolas Sarkozy durant l'émission de David Pujadas, Des Paroles et des Actes avant de s'entendre comparer au candidat à l'investiture du Parti Républicain pour les présidentielles américaines, Donald Trump lors de la dernière session de l'Assemblée départementale. Répondant à Germinal Peiro le taclant sur sa verve il déclarera en fin de semaine : "Là ce n'est rien. le jour où vous me verrez énervé, vous allez avoir peur !" Personne n'en doute.

DELMON-INDUSTRIE

Le feu vert

feu vert de la semaine

BOUSQUET LR

Dominique Bousquet, le nouveau Boss et manager de Les Républicains de Dordogne

Même si dans la coulisse on s'y attendait, le nouveau "patron" des anciens gaullistes devenus Les Républicains est désormais Dominique Bousquet. Le Conseiller départemental et maire de Thenon qui rempile depuis trente ans dans son fief et bataille avec un diabolique radicalisme franchit un barreau de l'échelle qui lui redonne une dimension départementale un temps trouvée quand il fut député en lieu et place de Jean-Jacques De Peretti. il incarne une Droite héritée des années de gloire portées par Yves Guéna que celle de son concurrent du moment Thierry Boidé accroché à Nicolas Sarkozy. Les réseaux gaullistes pur sucre et de son mentor Jean-jacques De Peretti on été déterminants dans ce challenge. Un revers pour Antoine Audi mais aussi une victoire pour les soutiens d'Alain Juppé pour les prochaines échéances.