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Bernard Szczerba ou la joyeuse mélancolie venue de l’est

SZCZERBA-01On le voyait moins sur le marché du Coderc, à Périgueux, trainant sa grande carcasse d’éternel adolescent, louchant avec l’humour pour dérider le désert, un œil mélancolique et l’autre résolument gaillard, l’urbanité toujours élégante. Bernard Szczerba est à Paris. Pour un temps, car son esprit vagabonde avec son piano comme valise, entre les Marches polonaises toujours enflammées et ce Périgord rassurant.

 Sa vie est comme tout ce qui est de l’autre côté des rives du Danube : bicéphale. Chaque mouvement des doigts sur le clavier devient à lui seul un voyage dont le chemin est toujours renouvellé, le départ, énigmatique et inédit, la destination incertaine et insoupçonnée. 

Histoire d’une coqueluche et d’un piano 

SZCZERBA-03Lui, hier encore coqueluche des beaux salons de la haute société européenne, lui qui fit ses cinq voyages – Paris, Londres, Rome, Varsovie et Périgueux -, lui qui a décidé de rompre avec une célébrité mouvante aux paillettes médiocres a posé son métronome en 1996, rue de la Sagesse, à Périgueux. Il déambule en la frôlant, dans un premier temps, la faune bigarrée des ruelles, des marchés et des bars de Périgueux. Sa présence feutrée, volontairement effacée et nécessairement besogneuse dans son intime expression épouse les aspérités des mélodies de ce nouvel horizon qu’il transcrit sur ses feuilles de musique jamais longtemps vides d’émotions trop longtemps retenues.

Bernard, lui dont le nom est un drapeau qui pourrait lui fermer le territoire hermétique de ce petit bout du monde qu’est Périgueux, rencontre l’universalité des émotions et une nouvelle Euterpe, la muse, la déesse de la musique. Il commettra, avec ses nouveaux amis, et plus particulièrement un stomatologue de la ville, Patrick Labrousse qui se fait son producteur, plusieurs CD.

Bernard Szczerba, est un personnage sorti d’un roman de Jules Verne, prêt à faire le tour du monde en 80 partitions, de visiter le centre de la terre avec ses illusions jamais totalement perdues, par courtoisie avec le bien précieux qu’est la vie. Le piano, génétiquement, est son double. Toujours cette dualité slave. Plus que symbolique : essentielle, fondamentale pour créer, donc vivre. 

Il était hors de question que je me tape dessus… 

« Avec Slave, dit-il, mon dernier CD de piano classique, alors que l’actualité montre que les peuples se détestent, se déchirent, j’ai préféré les unir. » Et de rajouter avec un humour aussi subtil qu'élégant : « Il était hors de question que je me tape dessus… »

SZCZERBA-02Slave, ce sont 19 compositions anciennes et nouvelles, fortement imprégnées par la diversité des cultures slaves. Les valses ont évidemment une place majeure, qu’elles soient ukrainienne, polonaise ou russe. Les compositions dites « chansons tziganes » rappellent l’épopée tragique et joyeuse de ces peuples. Et, il y a les romances, celles qui marient dans la nostalgie douleur et bonheur. Toujours cette double perception de l’âme et de la condition humaines.

Chaque composition, au piano classique, est une variation qui éveille et se nourrit du foisonnement des émotions qui unissent le compositeur et l’interprète à l’étranger que nous sommes. Il ne s’agit pas de chercher un sens particulier à l’engourdissement mélancolique qui peut nous surprendre, il faut, par contre, l’accepter pour le ressentir pleinement. De même, la brusque montée de fièvre ne saurait être contrariée. Bernard Szczerba se laisse à la fois guider et ordonne une représentation qui est évanescente, une secrète alchimie que le profane va s’approprier et à laquelle, dès lors, il se soumet. Ceci il le sait car, quand il compose ou qu’il interprète c’est pour lui certes, mais il sait qu’il n’existe que dans le miroir de celui ou celle qui communie dans son propre cabinet de réflexion, son jardin secret aussi. Bernard Szczerba aime la mesure, celle qui ordonne les notes et les silences : « un son n’existe que par rapport à un silence. Comme le noir n’existe que par le blanc… » Le rythme, que ce soit par la syncope ou le contretemps, confortent cette alternance sensuelle de mélancolie et de joie. Le mouvement, du largo au presto, exalte aussi cette identité musicale slave. Bernard Szczerba a dépassé l’approche scientifique et même l’esthétique pour ancrer son art dans une perspective personnelle qu’il souhaite partager avec authenticité, enthousiasme. La première harmonie nous apparaît comme celle de l’émotion ainsi créée. On retrouve dans cette dimension l’humaniste éclairé qui privilégie la simplicité des sentiments, l’inspiration qui n’éblouit pas mais qui provoque une étincelle imprévisible et constamment mystérieuse. Slave ? Vous avez dit Slave ? Non, j’ai écouté Slave. 

Texte et photos : Pascal Serre  

POCETTE 20SLAVE0En savoir plus : http://www.labvox.com -  Clip de présentation sur Youtube


 

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Les gazouilladesde Pascal Serre

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MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

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