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Encres de Chine, encres câlines

 

DSC 6715Même le jet d'eau monumental du lac Léman avait mis en berne sa fière érection et disparu mollement comme le monstre du Loch Ness un jour de grève jurassique. Et dans la tempête, sur la grève, genevoise cette fois, un homme et une femme se sont rencontrés comme des milliards d'autres élégants bipèdes: Victor et Jile Yin.

Pascal Serre s'identifie à ses personnages bien campés au point de parler à la première personne en lieu et place du psychiatre périgourdo-provincial qui ne ferait qu'une bouchée de nem de la "mandarine" pétrie de multimillénaire culture Yang-Tseu-Kiang, contestataire de surcroît.

Sacré Pascal, on le croyait encore au Toulon à Périgueux et il cueillait des pétales du côté de la Bosnie-Herzégovine, on l'imaginait soupirant à Venise et il jouait au maçon plutôt franc aux abords de la Grande Muraille.

Ce garçon protéiforme qui est passé de l'œcuménisme machiavélique en communication politique à l'autodérision salvatrice, s'affiche gaillardement dans cet ouvrage à lire d'un trait en chaussant des lunettes paraboliques. Une belle mutation, ma foi.

Il sait bien que selon Rudyard Kipling "West Is West, East Is East, the Will Never Meet", mais ses efforts pour faire découvrir à Victor et Yin les merveilleuses convergences de l'un mais surtout, hélas, les abyssales différences de l'autres, sont héroïques. Tout ça pour ce constat: "L'amour, c'est de partir quand on pourrait rester..."

Si l'univers de Yin est passionnant, c'est un peu "Tout ce que vous avez voulu savoir sur l'Extrême-Orient, sans oser le demander". Moins exotique (voire...) mais tout aussi capiteux, le monde maçonnique de Victor est non moins chavirant, c'est "Vous allez voir je vais claquer la porte, mais... je reste toujours".

Toutes ces tempêtes sous des crânes illustrent une pensée qui, sans être tout à fait celle du grand homonyme Michel, est sûre d'elle, aboutie, adulte. De l'autobiographie forte et vigoureuse.

Pascal Serre a souffert. Il sait que Victor et Yin en repartant in fine chacun vers son destin, sont à mille lieux des héros glamour de Claude Lelouch sur papier glacé. Mais ses expériences d'outre-conscience, au royaume des limbes voire des morts, loin des salons lambrissés, nous aident à mieux vivre nous-mêmes comme une corde tendue entre le firmament et l'abîme...

Alain Bernard - Encres de Chine, Pascal Serre, Les Livres de l’îlot, 170 pages, 23 €


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Les gazouilladesde Pascal Serre

Les larmes de Marianne

MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

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