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Le choix de Nelly

En Périgord, Terrasson et ses jardins de l’imaginaire n’étaient pas prédisposés à la venue d’une jeune professeure de français baroudeuse, sage et sulfureuse, aux apparences soignées, engagée volontaire et déterminée sur une voie féministe intime et universelle.

Nelly Sanchez, jeune quadragénaire née à Périgueux, ayant déposé sa valise à plusieurs reprises et en différents lieux, par nécessité ou par amour, ressemble à  une héritière presque égarée d’une époque où les femmes influentes brillaient dans les salons bourgeois, souvent à l’heure du thé, mais aussi dans la littérature où elles excellaient.

Nelly Sanchez a toujours été, paradoxalement, une femme libre enchaînée.  Elle offre l’allure des jeunes filles de bonne famille auxquelles on donnerait le bon dieu sans confession. Comment l’associer à ces collages surréalistes et oniriques a souhait qui ouvrent des horizons entre L’Ange et les Pervers ?  C’est, presque une évidence, que de voir dans sa démarche artistique une dimension freudienne. Une évidence qui s’exprime dans une de ses expositions intitulée « Notre part de rêve ». Tout comme une de ses conférences sur le collage où elle développe le sens profond de cet art souvent jugé pauvre et qui promeut l’inconscient et le rêve. 

Le Voyeurmedium large.1499955698Eve ou la connaissancemedium large.1509804582

Entre les apparences et la substance invisible

La démarche de l’artiste a été précédé par un intérêt pour la littérature féminine – ne pas prononcer féministe. Une première étape, un premier voyage au fond d’elle-même, façon personnelle de répondre à une enfance et une adolescence contrariées. A la fin des années quatre-vingt-dix elle se passionne pour les écrivaines périgourdines Rachilde ou Georges de Peyrebrune. Puis, rapidement, Nelly Sanchez s’envole vers Lucie Delarue-Mardrus, Colette et quelques autres. Elle se fixe sur le roman féminin français, de la Belle Epoque à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Sa thèse consacrée aux Images de l’homme dans les œuvres romanesques de Rachilde et Colette est particulièrement appréciée. Elle sera conviée à intervenir sur le sujet dans de nombreux colloques et à rédiger des analyses dans des publications spécialisées.

Tout ceci ne comble pas la jeune femme dans ses questionnements ; elle se considère comme une spectatrice et désire être actrice, créatrice d’un univers où se mêlent les apparences et la substance invisible qui l’habite; nous sommes en 2005, ce seront les collages. 

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Jeu de séduction, Narcisse, le voyeur, le prince charmant

Armée de ciseaux ou de cutter, face à ses magazines sur papier, Nelly Sanchez dissèque des mondes pour en reconstruire d’autres qui alimentent des imaginaires sensuels, voluptueux et à l’onirisme affiché. C’est un monde où se fiançent des  symbôles et des mythes qui nous renvoient à nos propres silences enfouis dans notre inconscient. Cette manière d’interpeller le monde des abysses de chacun peut déra nger, dérouter. Pour approcher la réponse, il faut accepter la question si douloureuse soit-elle ; c’est de cette blessure transfigurée dans le collage que s’épanouit le plaisir de la rencontre avec ce miroir qu’est chaque œuvre. Jeu de séduction, Narcisse, le voyeur, le prince charmant, ouvrent des champs infinis sur les thèmes majeurs de la femme, de l’homme et de l’amour qui agitent Nelly Sanchez.

L’expression est directement inspirée du Manifeste du surréalisme de André Breton. On y retrouve l’imagination comme source d’émerveillement dans une attitude non-conformiste assumée. La jeune fille à l’éducation vernissée dévoile ainsi un revers totalement complémentaire car libéré dans une mystique profane universelle. 

Le versant féminin d’un Don Quichotte et d’un Choderlos de Laclos 

DSC 5163Recherches, écrits et collages constituent, pour Nelly Sanchez, un ensemble dont le fil conducteur est la condition féminine,  les rapports complexes avec l’homme et une société cadenassés par l’histoire depuis qu’Ève et Adam sont apparus. L’auteure, la créatrice, considère qu’il y a une autre raison qu’impose la norme d’une société fatalement asexuée ou dominatrice. Le rêve est une source inépuisable pour s’affronter soi-même et participer à une odyssée merveilleuse et salutaire pour chacun d’entre nous. Nelly Sanchez s’en va tel, versant féminin, un Don Quichotte et un Choderlos de Laclos des Liaisons dangereuses. Son éternelle quête d’une féminité assumée et partagée la contraint à être sa propre muse, aussi mystérieuse que le sont ses collages fabuleux. 

On aimerait, découvrant le monde de Nelly Sanchez, reprendre cette phrase de Paul Eluard : « Je suis tombé de ma fureur, la fatigue me défigure, mais je vous aperçois encore, femmes bruyantes, étoiles muettes, je vous apercevrai toujours, folie. »

En savoir plus : www.nellysanchez.fr

 Pascal Serre


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Les gazouilladesde Pascal Serre

Les larmes de Marianne

MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

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