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Bergerac-Chine : Mariage entre le riz et le raisin

Yangchun Jiang

Yanchun Jiang est un petit homme qui semble perdu dans l’enfilade de salles du cloître des récollets, à Bergerac, où l’appareil photo en bandoulière il écarquille ses yeux en s’inclinant devant vous esquissant un sourire aussi serein que magique. Il y a dans  ce personnage une délicatesse effacée parfaite expression de l’esprit d’une civilisation basée autant sur le cœur que sur la raison.
Yangchun Jiang est photographe, un photographe officiel, un fonctionnaire de la région du Hunan et plus particulièrement de la province de ZhiangJiaJie, honoré et respecté pour son remarquable travail sur les paysages mais aussi et peut être surtout la vie quotidienne des habitants. Ses images nous offrent une Chine de cartes postales avec un grand supplément d’âme que son œil qui saisit les jeux de lumière avec une rare virtuosité, se joue des floues leur confiant son habilité technique et sa sensibilité venue du fond des temps.

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Une naïveté délicatement composée

Si les paysages nous saissisent par leur majesté naturelle les scènes de la vie quotidienne nous délivrent de véritables tableaux où les scènes et les personnages exaltent une Chine éternelle ancrée dans ses traditions et nous rassurent ainsi sur le « dragon chinois » que l’actualité nous distille. Il y a dans ces fresques une universalité du genre humain avec une naïveté délicatement composée. Il y a dans chaque image ou tableau un ordre immuable des lieux, des objets et des acteurs d’une mythologie de l’âme. On trouve là tout le sens de la compassion si chère au Confucianisme pourtant si longtemps combattue par le maoisme triomphant. Mais, c’est bel et bien ainsi que l’on veut voir et même admirer l’Empire du Milieu. 

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Une exposition qui exalte la tradition et signe une ambition planétaire

L’ingénuité des œuvres entre parfaitement dans ce grand tournant de civilisation qui anime toute la société chinoise. Celle-ci veut assumer son histoire tout en bâtissant un avenir planétaire. Il y a dans cette vision artistique une lecture politique et économique qui n’a pas échappé à Michel Delpon visionnaire président du Conseil Interprofessionnel de la Région de Bergerac à l’origine de cette exposition. Un Michel Delpon frétillant et entreprenant qui a déjà plusieurs voyages en Chine et s’est entouré d’une jeune Chinoise originaire de la région du Hunan d’où arrive Yangchun Jiang, Hui Bongrain Chen. Cette dernière après avoir épouse un Bergeracois s’est présentée à Michel Delpon lequel a immédiatement saisit cette providentielle opportunité. Il en fait sa reponsable commerciale pour la Chine. Elle lui prépare un séjour dans sa province de ZhangJiaJie. 

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Il faut que les chinois achètent des propriétés en Bergeracois ; ils ne délocaliseront pas les vignes

Lors de sa première visite à ZhangJiaJie Michel Delpon a le coup de foudre. Il revient avec des projets plein la brouette. « Il fallait commencer par se connaître et les échanges culturels sont ce qu’il y a de mieux » explique le président du CIVRB. C’est tout le sens de cette exposition qui ouvre une période que Michel Delpon n’imagine que fructueuse mais dans les deux sens. Provocateur il lance : « Il faut que les Chinois achètent des propriétés dans le Bergeracois. Ils ne délocaliseront pas les vignes… » Et toc, il rabat d’un coup les appréhensions toujours possibles.

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Sweet Bergerac

Si les photographies de Yangchun Jiang sont sucrées, douces il en est de même pour Michel Delpon : « les chinois aiment les vins blanc liquoreux et moelleux et là, Bergerac est le plus grand vignoble du monde dans ces productions. Les vins liquoreux et moelleux correspondent à la cuisine chinoise. Les jeunes chinois, entre 20 et 35 ans sont des consommateurs privilégiés que nous devons initier à la consommation de nos vins. Le chinois voit la France par le prisme du romantisme et j’entends utiliser l’image de Cyrano qui offfe une belle histoire d’amour romantique. Il nous faut exporter cette légende pour que nos vins soient entourés d’une forte notoriété émotionnelle. »
Déjà, les vins de Bergerac ont un bureau à Shangaï et étoffe sa représentation en Chine et les voyages se mutliplient. Michel Delpon étudie la création d’un musée sur Cyrano dans le cloître des Récollets afin d’appuyer sa démarche. « Ce sera un lieu de rencontre, d’échanges et de promotion pour répondre particulièrement à la sensibilité chinoise » dit-il avec une passion qui signe une volonté annonciatrice de réussite. L’objectif commercial, toujours présent, est de multiplier par trois sur trois à cinq ans les exportations de vins de Bergerac. « C’est pas un pari, dit le Président du CIVRB, c’est un objectif raisonné et réalisable. »  Un message entendu qui,  par temps de crise, couvre la sinistrose française.
En attendant et pour mieux comprendre le pragmatisme de Michel Delpon il vous reste à visiter l’exposition proposée et, peut être, de bavarder avec Yangchun Jiang et devenir un adepte un mariage du riz et du raisin.


Pascal SERRE - Photos : L'esprit Périgord


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Les gazouilladesde Pascal Serre

Les larmes de Marianne

MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

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