1. Skip to Menu
  2. Skip to Content
  3. Skip to Footer

Le fantasme du châtelain

Les châteaux attirent l’Histoire et les personnages d’exception. Tous semblent avoir été le cadre grandiose ou romantique d’évènements fabuleux, de passions désespérées, de drames abominables, les témoins de destins prodigieux. On y voit de beaux chevaliers sauver la veuve et l’orpheline, des ogres à barbes bleues et des fées plus blondes que des anges, des croisés jaloux perdre les clefs des ceintures de chasteté devant Jérusalem et quelques alchimistes maudits morts depuis longtemps qui gardent serrés dans leur poing d’os de fabuleux secrets ; on y croise de belles marquises recluses et languissantes et des barons contrefaits mais de première force à l’épée, des philosophes lumineux et des conspirateurs obscurs, des révolutionnaires incendiaires et des généraux signataires de traités.

caussade02

Une géographie du mystère

A la fois châsses sacrées et bastions domestiques, les châteaux dont pleins d’arcatures, de clefs de voûte armoriées, de poutres cyclopéennes qui soutiennent des plafonds à caissons, des boiseries très raffinées incrustées de trumeaux, de cheminées monumentales et de couloirs interminables, de grands salons intimidants et de petits salons qui le sont tout autant, de boudoirs et des fumoirs, de chambres et d’antichambres à profusion, chambres hautes et drapées de tapisseries d’Aubusson et chambres basses toutes suintantes d’anciennes et énigmatiques turpitudes. Ils recèlent des portes dérobées, des caves abyssales et de mystérieux souterrains où se terre un veau d’or à cinq pattes oublié par quelques Templiers. Et bien entendu, les châteaux dignes de ce nom se doivent de dissimuler des culs de basse-fosse pour basses œuvres et des oubliettes pavées d’ossements.

château de Losse

Les aventuriers de la pierre philosophale

En Périgord, beaucoup de nos châteaux sont habités. Parfois par des fantômes ! Mais en l’occurrence, je veux dire occupés physiquement par leurs propriétaires. Les plus pittoresques y entretiennent d’extravagantes nostalgies comme ils fourbiraient de vieilles pétoires et fredonnent Lulli en cultivant des roses rares. Certains s’y font les gardiens de pieuses et émouvantes reliques, l’écritoire de Montaigne, un graffiti de Rabelais, le boulet de canon qui fit trembler Turenne, une mèche des cheveux de Napoléon, une paire de chaussons du pape Clément V ou de vieilles dentelles de la Pompadour. D’autres y vivent benoîtement, guetteurs transis scrutant inlassablement du haut de leurs remparts les intangibles splendeurs de très vieilles collines. Il en est qui portent de jolis noms encore sonores de fracas de l’Histoire de France. Beaucoup savent vous raconter leur « maison » avec le talent d’un sociétaire de la Comédie française et des élégances d’ambassadeur, peuvent vous montrer de l’armorial à en loucher et, d’un saut, enjambent huit siècles pour vous présenter cet aïeul, compagnon de Saint Louis, qui posa la première pierre du château au retour de la première Croisade. Il y a ces héritiers qui tiennent à bout de bras et d’emprunts les si belles toitures qui abritent l’immémorial lignage dont ils portent le patronyme en sautoir ; ils crachent dans leurs mains pour arracher les ronces et les orties qui les assiègent, suent et tombent la veste pour redorer leur blason. Il y a aussi ces passionnés qui un beau jour deviennent amoureux fous d’un monceau de vieilles meulières, ces jusqu’au-boutistes du plan épargne logement, ces forçats de la restauration qui relèvent pierre à pierre un donjon si haut qu’il vit passer Du Guesclin. Il y a toujours de riches veuves qui engloutissent des fortunes d’armateurs grecs à restaurer le manoir de leur rêve de petites filles pauvres, quelques rois du pétrole et des princes du business qui jouent les marquis de Carabas.

puyguilhem

Un vieux lignage en héritage

Que le châtelain soit baron ou larron, gentilhomme campagnard ou sous-préfet aux champs, grand seigneur ou parvenu du négoce, romantique ou m’as-tu-vu spéculateur, ploutocrate crevant d’or ou héritier fauché, en aucun cas l’hôte du château n’est un quidam.
Rien n’est plus tentant, ni plus enchanteur que la vie de château. Il n’est pas un coiffeur, un gendarme, un notaire ou un militaire de la Ligue révolutionnaire qui n’en ait rêvé au moins une fois ! Et pourtant, à y regarder de plus près, il est impossible de nier les évidences : la vie de château n’est pas toujours une sinécure. Car si les cheminées Renaissance sont capables de dévorer des chênes entiers, le grand salon n’est que rarement douillet par grand froid et les draps souvent humides sous les baldaquins, les toitures sont d’un entretien accablant, le maintien du domaine une avalanche de soucis. Vivre au château suppose beaucoup d’argent –ne vit-on pas, de tout temps, des châtelains issus d’un vieux lignage mettre à l’encan leurs quartiers de noblesse pour la dit de la fille d’un riche drapier auvergnat à seule fin de sauver le château de la ruine…
Mais brisons là et laissons ces considérations mesquines ! Pour ces gens, de la cave au grenier, rien n’est assez beau ni trop bien pour leur château. Tant de soins, tant de talent, tant d’efforts, et pour certains, depuis si longtemps un si long amour, ne cachent-ils rien d’autre !
Sans doute une belle fidélité, de la folie et peut-être même le moyen de mettre en majesté la vanité. Il n’empêche, la plupart d’entre eux ne manquent ni d’esprit ni de goût. Si les hommes devaient un jour ne plus aimer la beauté, les châteaux cesseraient d’exister.
Les châteaux sont d’hier et d’aujourd’hui, de demain et de partout. Là réside sans doute leur universelle et inaltérable magie. Peut-être parce que dans un monde incertain, amnésique, le château reste le refuge d’un « sentiment de permanence ». Bref, quoi qu’il en soit et quoiqu’on dise, château et châtelains règnent toujours sur nos fantasmes et n’en auront jamais fini de faire rêver les hommes.

Michel Testut - Photos : L'Esprit Périgord


Ajouter un Commentaire

Charte des commentaires de lespritperigord.fr

lespritperigord.fr vous ouvre ses pages pour échanger avec la rédaction et les membres de sa communauté. C’est un espace de réaction, de discussion, d'information ouvert aux internautes inscrits. Les intervenants doivent donc répondre aux principes élémentaires du débat :

lespritperigord.fr est seul juge des messages qu’il met en ligne, ou non – y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessous. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant les adresses de contact du site, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

Gardez à l’esprit qu’une attitude posée, polie et respectueuse envers les autres intervenants est toujours préférable pour un échange d’idées.

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n’y ont pas leur place.

Tout contenu contraire à la loi est proscrit : par exemple, l’incitation à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation tout comme la négation des crimes contre l’humanité, ou la justification des actes violents et des attentats. Par ailleurs, les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

Les propos discriminatoires, sous toutes les formes, sont proscrits.

Évitez-le hors-sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations : ils n’apportent rien et peuvent induire en erreur.

Les plaisanteries de mauvais goût et les comparaisons douteuses sont souvent blessantes ou insultantes. Merci de les éviter.

Pour être compris de tous, rédigez des messages lisibles et compréhensibles : pas de langage SMS, de commentaires en majuscules ou en langue étrangère sauf exception.

La répétition d’un même commentaire, assimilée à du spam, n’est pas la bienvenue.

La publicité est également interdite sur lespritperigord.fr. Ne soumettez pas de liens commerciaux.

Il n'est intéressant de proposer aux autres lecteurs des liens que si un commentaire explicite leur contenu. Un lien seul est stérile et peut être assimilé à du spam.

Vous vous engagez à respecter les droits des tiers pour les textes et les images que vous soumettez. Avant de publier un contenu, posez-vous la question: "Ai-je les droits nécessaires pour le proposer ?"

Vous pouvez ne pas être d'accord avec un article de lespritperigord.fr. Expliquez ce qui motive votre commentaire, sans vous montrer agressif. La critique constructive oui ; les insultes non.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, ne lui répondez pas. Utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat. De plus, si le commentaire auquel vous répondez a été modéré, le vôtre peut devenir sans objet et être modéré à son tour.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de lespritperigord.fr moderation@lespritperigord.fr

Toute attitude contrevenant à cette charte peut être passible de bannissement du site.

Vous pouvez poser des questions aux journalistes de la rédaction dans les commentaires. Dans la mesure du possible, la rédaction répond aux interrogations des internautes de lespritperigord.fr

Enfin, souvenez-vous que vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de lespritperigord.fr se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue du débat. Nous sommes seuls juges des messages que nous mettons en ligne ou non.


Code de sécurité
Rafraîchir

Les gazouilladesde Pascal Serre

Pourquoi cela va si mal  en France ?

UnknownIl y a dix ans, un procureur de la république associé à un tribunal de commerce complaisant faisait fermer mon entreprise. Résultats : 10 personnes au chômage, dont moi-même. Dix personnes qui travaillaient, consommaient et payaient leurs impôts. Pour ma part, depuis, j’ai du bénéficier du chômage et d’aides publiques bienvenues pour que je me retrouve pas sans un minimum de ressources. Cherchons l’erreur.

Lire la suite...

 

IMPRIMERIE-FANLAC

Le feu rouge

feu rouge de la semaine

BOIDÉLA SEMAINE DE THIERRY BOIDÉ

Battu à la présidence de Les Républicains en Dordogne le week-end dernier, le bouillant Thierry Boidé a du essuyer la difficile prestation de son mentor Nicolas Sarkozy durant l'émission de David Pujadas, Des Paroles et des Actes avant de s'entendre comparer au candidat à l'investiture du Parti Républicain pour les présidentielles américaines, Donald Trump lors de la dernière session de l'Assemblée départementale. Répondant à Germinal Peiro le taclant sur sa verve il déclarera en fin de semaine : "Là ce n'est rien. le jour où vous me verrez énervé, vous allez avoir peur !" Personne n'en doute.

DELMON-INDUSTRIE

Le feu vert

feu vert de la semaine

BOUSQUET LR

Dominique Bousquet, le nouveau Boss et manager de Les Républicains de Dordogne

Même si dans la coulisse on s'y attendait, le nouveau "patron" des anciens gaullistes devenus Les Républicains est désormais Dominique Bousquet. Le Conseiller départemental et maire de Thenon qui rempile depuis trente ans dans son fief et bataille avec un diabolique radicalisme franchit un barreau de l'échelle qui lui redonne une dimension départementale un temps trouvée quand il fut député en lieu et place de Jean-Jacques De Peretti. il incarne une Droite héritée des années de gloire portées par Yves Guéna que celle de son concurrent du moment Thierry Boidé accroché à Nicolas Sarkozy. Les réseaux gaullistes pur sucre et de son mentor Jean-jacques De Peretti on été déterminants dans ce challenge. Un revers pour Antoine Audi mais aussi une victoire pour les soutiens d'Alain Juppé pour les prochaines échéances.