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Affaires classées : L’arrestation du frère de Ravaillac en Périgord

 

Assassinat-de-Henry-IV

François Ravaillac l’illuminé régicide

Le premier d’entre eux, né en 1578, commença sa vie comme valet de chambre, clerc de procureur puis devint maître d’école, à Angoulême. C’était un homme grand, aux cheveux roux, qui fut emprisonné pour dettes, avant de s’essayer à la vie religieuse. Très tôt, il enchaîna des allers-retours entre Angoulême et Paris. A pied. Très religieux, il chercha tout d’abord à entrer dans l’ordre parisien des Feuillants. Mais la courte période probatoire – six semaines – échoua : « on lui a ôté ses habits pour ce qu’il avait eu en sa méditation des visions ». On l’aura compris, le congrégation le prenait pour un illuminé. Il tenta alors d’entrer à la Société de Jésus en 1606, sans plus de succès. En 1609, il eut une nouvelle vision lui demandant de tenter de faire changer le roi de France, Henri IV, de politique. Convaincu que ses positions conciliantes à l’égard des protestants allaient mener la France à sa perte, il chercha, à maintes reprises, à obtenir une audience. Sans succès. Il interpréta alors la décision d’Henri IV d’envahir la Hollande comme le début d’une guerre contre le pape. Déterminé à arrêter le roi, il prit la décision de le tuer. Plusieurs fois ; il échoua. Jusqu’au 14 mars 1610.

La fin atroce de François Ravaillac

Ce jour-là, François Ravaillac se posta sur le parcours que devait emprunter le roi. A 14 heures, le souverain se rendait en effet en carrosse à l’Arsenal voir le duc de Sully, son surintendant des Finances. Sans gardes. Il prit la rue Saint-Honoré et s’engagea dans la rue de la Ferronnerie. Le convoi s’immobilisa : une charrette chargée de foin lui bloquaient le passage. Plusieurs valets décidèrent de contourner la rue ; deux s’avancèrent pour tenter de dégager la voie. Brusquement un homme, c’était François Ravaillac, bondit et poignarda le roi à la poitrine. A trois reprises. Personne ne put réagir, les faits s’étaient passés trop vite. Tandis que le sang coulait de la bouche d’Henri IV (le procès-verbal d’autopsie, signé de dix-huit médecins du roi et de treize de ses chirurgiens, conclut que « la plaie était la seule et nécessaire cause de la mort »), François Ravaillac fut arrêté et mené à l’hôtel de Retz, de crainte qu’il ne soit lynché. Il y fut torturé et subit plusieurs interrogatoires avant d’être conduit à la Conciergerie.
Le 27 mai suivant, le Parlement de Paris condamnait le meurtrier à l’écartèlement. En place de Grève, devant une foule hurlante, il allait subir une fin atroce. A la fin, il fut écartelé par quatre chevaux. La foule se jeta sur son corps, achevant de le dépecer. Tout au long de son supplice les juges ne cessèrent de lui demander le nom de ses complices. Il ne varia jamais : il avait agi seul.

Ravaillacravaillac-execution

Le nom de Ravaillac devait disparaître

Le jugement du Parlement  de Paris qui condamnait François Ravaillac à mort, énonçait d’autres sanctions. Sans appel. Les parents du régicide étaient forcés à l’exil, leur demeure devait être démolie et le reste de la famille ne devait plus jamais utiliser le nom de Ravaillac. Dès le 15 juin 1610, des envoyés spéciaux de la régente, Marie de Médicis, un lieutenant particulier, un échevin et deux conseillers arrivèrent à Angoulême dans un carrosse conduit en poste et escorté par un peloton de mousquetaires. A 15 heures, le corps de ville d’Angoulême et les envoyés royaux se transportèrent malgré les fondrières et les ornières au hameau de Touvre, au-dessus des sources de la rivière. Devant l’église, tous mirent pied à terre et gravirent la butte qui dominait le village. Là, était la maison de Ravaillac : basse et sombre, avec son toit de chaume moussu, ses fenêtres étroites et sa lourde porte. Le bourreau s’approcha et d’un coup de hache la fit voler en éclats. Pris d’une sorte de délire furieux, soldats et paysans se ruèrent sur la petite demeure et entreprirent l’œuvre de démolition. Finalement le feu fut mis aux débris. La justice du roi était accomplie.
Le lendemain, dans la matinée, la cloche de Saint-André appela les bourgeois d’Angoulême à la maison de ville. Mestre Jean le Brun, l’envoyé royal, donna lecture de l’arrêt sommant Jean Ravaillac et son épouse, père et mère de François Ravaillac d’avoir à quitter le royaume de France dans les quinze jours. Ce fut enfin à ce moment là qu’il fut fait publiquement défense aux frères, sœurs, oncles, cousins et cousines du régicide de porter à l’avenir le nom de Ravaillac. Il devait à jamais disparaître.

 CHATEAU-DE-TOUVRE

D’Angoulême à Périgueux le chemin de Geoffroy Ravaillac

Le même jour, Geoffroy Ravaillac, le second fils quitta Angoulême. La ville n’était plus sûre ; déjà la populace avait mis le feu à la maison qu’avait habitée son frère, dans la paroisse Saint-Paul. Geoffroy avait, il faut le savoir, mauvaise réputation. En 1606, il avait volé des brebis à son père ; en 1607, il l’avait assommé à demi et lui avait arraché sa barbe et ses cheveux ; il avait ensuite malmené un sieur Boiron et l’année d’après, il avait falsifié un arrêt du Parlement et pillé André Rousseau dit Pelluchon, marchand. Emprisonné un temps, il avait profité pour étrangler un autre prisonniers, Michel Soullet. En 1611, poursuivant son équipée sauvage, il vola une enclume et le soufflet d’un maréchal. Comme on le voit, Geoffroy Ravaillac était un homme peu fréquentable.

Un crime passionnel

En 1612, Geoffroy se retrouva en Périgord. A vrai dire, il ne portait plus le nom de Ravaillac lorsqu’il arriva dans cette province. Il avait pris celui de Montalgue et avait fait enregistrer ce changement patronymique au Greffe d’Angoulême. Du côté de Château-l’Evêque, près de Périgueux, habitaient les époux Fontaneau. La belle épouse ne lui était pas indifférente ; mais le mari était un obstacle majeur pour assouvir sa passion. Qu’à cela ne tienne : Geoffroy de Montalgue employa les grands moyens. Un soir, il attendit Jean Fontaneau et, sans autre forme de procès, l’étendit raide mort. Comme on peut s’en douter la disparition brutale du mari jaloux délia bien des langues. Les juges s’étant transportés sur place, interrogèrent quelques témoins puis mirent en état d’arrestation l’amant meurtrier. Emmené à Périgueux, il fut à son tour questionné.
Il révéla aux magistrats – le procès-verbal d’interrogatoire est conservé aux archives départementales de la Dordogne – qu’il était le frère du fameux régicide ; mais « qu’il avait changé de cognom parce que l’arrest baillé au parlement de Paris contre le malheureux Ravaillac, son frère, le luy enjoingnoit, et, de ce faict, il print ledit nom de Montalgue ».
On ignore la suite réservée à l’enquête judiciaire, en particulier si le frère de François Ravaillac fut traduit devant un tribunal à Périgueux ou Bordeaux. Toujours est-il, que Geoffroy de Montalgue réussit à s’enfuir en Dauphiné, où l’on perdit sa trace. La liste de ses méfaits dans cette dernière région ne s’est pas conservée, maus une caverne, dans une pièce qui porte le nom de Champ-Ravaillard, s’illustre, paraît-il, de la gloire lugubre attachée à sa terrible mémoire.

Guy Penaud


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