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Jean Valjean le bagnard qui a vécu à La Chapelle-Gonaguet

 

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« Jean Valjean n’était pas mort. En tombant à la mer, ou plutôt en s’y jetant, il était, comme on l’a vu sans fers. Il nagea entre deux eaux jusque sous un navire au mouillage, auquel était amarrée une embarcation jusqu’au soir. A la nuit, il se jeta de nouveau à la nage, et atteignait la côte à peu de distance du cap Brun. Là, comme ce n’était pas l’argent qui lui manquait, il put se procurer des vêtements. Une guinguette aux environs de Balaguier était alors le vestiaire des forçats évadés, spécialité lucrative. Puis, Jean Valjean, comme tous ces tristes fugitifs qui tâchent de dépister le guet de la loi et la fatalité sociale, suivit un itinéraire obscur et ondulant. Il trouva un premier asile aux Pradeaux, près de Beausset. Ensuite, il se dirigea vers le Grand Villard, près de Briançon, dans les Hautes-Alpes. Fuite tâtonnante et inquiètent, chemin de taupe dont les embranchements sont inconnus. On a pu, plus tard, retrouver quelque trace de son passage dans l’Ain sur le territoire de Civrieux, dans les Pyrénées, à Ascons au lieu-dit la Grange-de-Doumecq, prés du hameau de Chavailles, et dans les environs de Périgueux, à Bruines, canton de la Chapelle-Gonaguet ? Il gagna Paris. On vient de le voir à Montfermeil. »

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Une vie aux Bruinies, près de Périgueux

Ainsi, c’est donc bien dans les environs de Périgueux, aux Brunies, canton de La-Chapelle-Gonaguet que passa Jean Valjean. Situé à une demi-lieue au Sud-Est du bourg de la Chapelle –Gonaguet, dominant un vallon où coule un ruisselet, le Got, qui a donné son nom à cette commune, se trouve le lieu-dit des Brunies. Ici est planté le repaire noble du même nom. Il présente un logis du XVIIe siècle. A l’origine, cette bâtisse qui n’aurait été primitivement qu’une dépendance des Templiers installées aux Andrivaux ne comprenait qu’un rez-de-chaussée. Le premier étage a été édifié au XVIIIe siècle. Fief d’Alesmes, il est passé successivement entre les mains des Brout, des Basbayon, des Pinoteau des de Rivassou. Depuis 1957, il est la propriété des Monzie. On sait que Victor Hugo est passé en Périgord les 4 et 5 septembre 1843 et qu’il a laissé dans cette circonstance une description de Périgueux. Quand à son chef d’œuvre, « Les Misérables », il fut publié à partir de 1862 – pour la première partie Fantine) Dès lors, on aurait pu penser que ce fut lors de son passage en 1843, qu’il entendit parler pour la première fois des Brunies et de La Chapelle-Gonaguet. Il n’en est rien, puisque l’on sait que l’écrivain se contenta de visiter, cette année-là, la capitale du Périgord, « une ville rousse »… « véritable amas de pignons et de tourelles, un de ces labyrinthes de toits aigus où apparaît dans toute sa fantaisie le génie fantasque et riche du XVIe siècle ».
villageDés lors, dans quelles circonstances Victor Hugo fut-il amené à s’intéresser au château des Brunies ? Nous avons vu que l’une des familles qui fut propriétaires de cette demeure était au début du siècle, les Pinoteau. Parmi les membres de cette famille figure Pierre Armand Pinoteau (1769-1834), qui fut nommé général d’Empire le 5 août 1810 et officier de la Légion d’honneur le 12 mars 1814. Il possédait effectivement les Brunies. Ce Pinoteau avait pour frère d’armes un certain général Hugo, non pas Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773-1828), père de l’écrivain, mais le frère de ce dernier, Louis Joseph Hugo (1777-1853).

 

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Son père, « ce héros au sourire si doux »

Victor Hugo ne fut pas élevé par son père, mais par sa mère, née Sophie Trébuchet. En effet, des 1803, les relations entre le père et la mère de l’écrivain étaient devenues tellement tendues – du fait de leur infidélité respective – qu’ils divorceront avec fracas quelques années plus tard. La garde des enfants Hugo fut confiée à la mère, et c’est elle qui se chargea de leur éducation.
Si Victor Hugo vécut peu auprès du « Héros au sourire si doux », ainsi qu’il a décrit dans l’un de ses poèmes, il fréquenta beaucoup plus son oncle, l’autre général de la famille Hugo, Louis Joeph. Et c’est en sa compagnie qur’il est venu dans sa jeunesse, à La Chapelle-Gonaguet, rendu visite au vieux général Pinoteau ? Il faut savoir que l’oncle Louis-Joseph, après une carrière militaire bien remplie, s’était retiré, la retraite venue (1815) en Corrèze où il fut d’ailleurs nommé, en 1820, membre du conseil de recrutement. Les relations privilégiées entre les familles Hugo et Pinoteau poursuivront jusqu’au décès du général Pierre Armand Pinoteau, survenu le 24 mars 1834.
bruniesAinsi en 1831-1832 ce fut le propre frère de Victor Hugo, Abel Hugo (1798-1832), ce fut le propre frère de Victor Hugo, Abel Hugo ( 1796-1855), ancien page du roi Joseph d’Espagne, puis littérateur qui trouva refuge quelque temps à La Chapelle-Gonaguet.
C’est ainsi, comme il avait coutume de le faire dans ses romans, que Viictor Hugo s’inspira d’un lieu découvert par lui quelques années auparavant en l’occurrence Les Brunies à La Chapelle-Gonaguet, pour en faire l’une des étapes de la folle course de Jean Valjean, de sa geôle vers Paris, où il allait au devant de son destin.

Guy Penaud - Illustrations collection Guy Penaud


 

 

 

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