1. Skip to Menu
  2. Skip to Content
  3. Skip to Footer

Jean Valjean le bagnard qui a vécu à La Chapelle-Gonaguet

 

 -

hugo

« Jean Valjean n’était pas mort. En tombant à la mer, ou plutôt en s’y jetant, il était, comme on l’a vu sans fers. Il nagea entre deux eaux jusque sous un navire au mouillage, auquel était amarrée une embarcation jusqu’au soir. A la nuit, il se jeta de nouveau à la nage, et atteignait la côte à peu de distance du cap Brun. Là, comme ce n’était pas l’argent qui lui manquait, il put se procurer des vêtements. Une guinguette aux environs de Balaguier était alors le vestiaire des forçats évadés, spécialité lucrative. Puis, Jean Valjean, comme tous ces tristes fugitifs qui tâchent de dépister le guet de la loi et la fatalité sociale, suivit un itinéraire obscur et ondulant. Il trouva un premier asile aux Pradeaux, près de Beausset. Ensuite, il se dirigea vers le Grand Villard, près de Briançon, dans les Hautes-Alpes. Fuite tâtonnante et inquiètent, chemin de taupe dont les embranchements sont inconnus. On a pu, plus tard, retrouver quelque trace de son passage dans l’Ain sur le territoire de Civrieux, dans les Pyrénées, à Ascons au lieu-dit la Grange-de-Doumecq, prés du hameau de Chavailles, et dans les environs de Périgueux, à Bruines, canton de la Chapelle-Gonaguet ? Il gagna Paris. On vient de le voir à Montfermeil. »

 lino-ventura

 

brunies
Une vie aux Bruinies, près de Périgueux

Ainsi, c’est donc bien dans les environs de Périgueux, aux Brunies, canton de La-Chapelle-Gonaguet que passa Jean Valjean. Situé à une demi-lieue au Sud-Est du bourg de la Chapelle –Gonaguet, dominant un vallon où coule un ruisselet, le Got, qui a donné son nom à cette commune, se trouve le lieu-dit des Brunies. Ici est planté le repaire noble du même nom. Il présente un logis du XVIIe siècle. A l’origine, cette bâtisse qui n’aurait été primitivement qu’une dépendance des Templiers installées aux Andrivaux ne comprenait qu’un rez-de-chaussée. Le premier étage a été édifié au XVIIIe siècle. Fief d’Alesmes, il est passé successivement entre les mains des Brout, des Basbayon, des Pinoteau des de Rivassou. Depuis 1957, il est la propriété des Monzie. On sait que Victor Hugo est passé en Périgord les 4 et 5 septembre 1843 et qu’il a laissé dans cette circonstance une description de Périgueux. Quand à son chef d’œuvre, « Les Misérables », il fut publié à partir de 1862 – pour la première partie Fantine) Dès lors, on aurait pu penser que ce fut lors de son passage en 1843, qu’il entendit parler pour la première fois des Brunies et de La Chapelle-Gonaguet. Il n’en est rien, puisque l’on sait que l’écrivain se contenta de visiter, cette année-là, la capitale du Périgord, « une ville rousse »… « véritable amas de pignons et de tourelles, un de ces labyrinthes de toits aigus où apparaît dans toute sa fantaisie le génie fantasque et riche du XVIe siècle ».
villageDés lors, dans quelles circonstances Victor Hugo fut-il amené à s’intéresser au château des Brunies ? Nous avons vu que l’une des familles qui fut propriétaires de cette demeure était au début du siècle, les Pinoteau. Parmi les membres de cette famille figure Pierre Armand Pinoteau (1769-1834), qui fut nommé général d’Empire le 5 août 1810 et officier de la Légion d’honneur le 12 mars 1814. Il possédait effectivement les Brunies. Ce Pinoteau avait pour frère d’armes un certain général Hugo, non pas Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773-1828), père de l’écrivain, mais le frère de ce dernier, Louis Joseph Hugo (1777-1853).

 

misérables6-f jpg-q x-xxyxx

Son père, « ce héros au sourire si doux »

Victor Hugo ne fut pas élevé par son père, mais par sa mère, née Sophie Trébuchet. En effet, des 1803, les relations entre le père et la mère de l’écrivain étaient devenues tellement tendues – du fait de leur infidélité respective – qu’ils divorceront avec fracas quelques années plus tard. La garde des enfants Hugo fut confiée à la mère, et c’est elle qui se chargea de leur éducation.
Si Victor Hugo vécut peu auprès du « Héros au sourire si doux », ainsi qu’il a décrit dans l’un de ses poèmes, il fréquenta beaucoup plus son oncle, l’autre général de la famille Hugo, Louis Joeph. Et c’est en sa compagnie qur’il est venu dans sa jeunesse, à La Chapelle-Gonaguet, rendu visite au vieux général Pinoteau ? Il faut savoir que l’oncle Louis-Joseph, après une carrière militaire bien remplie, s’était retiré, la retraite venue (1815) en Corrèze où il fut d’ailleurs nommé, en 1820, membre du conseil de recrutement. Les relations privilégiées entre les familles Hugo et Pinoteau poursuivront jusqu’au décès du général Pierre Armand Pinoteau, survenu le 24 mars 1834.
bruniesAinsi en 1831-1832 ce fut le propre frère de Victor Hugo, Abel Hugo (1798-1832), ce fut le propre frère de Victor Hugo, Abel Hugo ( 1796-1855), ancien page du roi Joseph d’Espagne, puis littérateur qui trouva refuge quelque temps à La Chapelle-Gonaguet.
C’est ainsi, comme il avait coutume de le faire dans ses romans, que Viictor Hugo s’inspira d’un lieu découvert par lui quelques années auparavant en l’occurrence Les Brunies à La Chapelle-Gonaguet, pour en faire l’une des étapes de la folle course de Jean Valjean, de sa geôle vers Paris, où il allait au devant de son destin.

Guy Penaud - Illustrations collection Guy Penaud


 

 

 

Ajouter un Commentaire

Charte des commentaires de lespritperigord.fr

lespritperigord.fr vous ouvre ses pages pour échanger avec la rédaction et les membres de sa communauté. C’est un espace de réaction, de discussion, d'information ouvert aux internautes inscrits. Les intervenants doivent donc répondre aux principes élémentaires du débat :

lespritperigord.fr est seul juge des messages qu’il met en ligne, ou non – y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessous. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant les adresses de contact du site, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

Gardez à l’esprit qu’une attitude posée, polie et respectueuse envers les autres intervenants est toujours préférable pour un échange d’idées.

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n’y ont pas leur place.

Tout contenu contraire à la loi est proscrit : par exemple, l’incitation à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation tout comme la négation des crimes contre l’humanité, ou la justification des actes violents et des attentats. Par ailleurs, les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

Les propos discriminatoires, sous toutes les formes, sont proscrits.

Évitez-le hors-sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations : ils n’apportent rien et peuvent induire en erreur.

Les plaisanteries de mauvais goût et les comparaisons douteuses sont souvent blessantes ou insultantes. Merci de les éviter.

Pour être compris de tous, rédigez des messages lisibles et compréhensibles : pas de langage SMS, de commentaires en majuscules ou en langue étrangère sauf exception.

La répétition d’un même commentaire, assimilée à du spam, n’est pas la bienvenue.

La publicité est également interdite sur lespritperigord.fr. Ne soumettez pas de liens commerciaux.

Il n'est intéressant de proposer aux autres lecteurs des liens que si un commentaire explicite leur contenu. Un lien seul est stérile et peut être assimilé à du spam.

Vous vous engagez à respecter les droits des tiers pour les textes et les images que vous soumettez. Avant de publier un contenu, posez-vous la question: "Ai-je les droits nécessaires pour le proposer ?"

Vous pouvez ne pas être d'accord avec un article de lespritperigord.fr. Expliquez ce qui motive votre commentaire, sans vous montrer agressif. La critique constructive oui ; les insultes non.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, ne lui répondez pas. Utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat. De plus, si le commentaire auquel vous répondez a été modéré, le vôtre peut devenir sans objet et être modéré à son tour.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de lespritperigord.fr moderation@lespritperigord.fr

Toute attitude contrevenant à cette charte peut être passible de bannissement du site.

Vous pouvez poser des questions aux journalistes de la rédaction dans les commentaires. Dans la mesure du possible, la rédaction répond aux interrogations des internautes de lespritperigord.fr

Enfin, souvenez-vous que vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de lespritperigord.fr se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue du débat. Nous sommes seuls juges des messages que nous mettons en ligne ou non.


Code de sécurité
Rafraîchir

Les gazouilladesde Pascal Serre

La visite à la Péniche

macron perigueuxA Périgueux, rarement visite de président de la République a été aussi fade que celle de Emmanuel Macron. De Poincaré à Hollande, chacun s’en était allé du traditionnel bain de foule. Pour Emmanuel Macron, nous avons, de loin, contemplé une visite virtuelle sur une péniche qui avait pris l’eau quelques semaines auparavant.

Lire la suite...

Mes bonnes adresses

IMPRIMERIE-FANLAC