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Robert Lacoste : l’énigme du synarque

 

LACOSTE-02De nos jours une nouvelle synarchie appelée la « Trilatérale », créée en 1976 aux USA et dont feraient partie des industriels, politiciens et banquiers, est régulièrement dénoncée par la presse. C’est l’expression actuelle du « projet synarchique » et considéré comme instruments politiques aux mains de puissants intérêts financiers.

Aujourd’hui comme du la Seconde Guerre mondiale la Synarchie est associée au grand capital apatride et aux sociétés occultes, son existence est tout simplement niée.

Robert Lacoste fut-il synarque ? C’est la question posée par le journal L’Action, le 26 octobre 1945, à l’heure où l’élu périgourdin est ministre de la Production industrielle du général de Gaulle. Dans son ouvrage consacré à Robert Lacoste, l’historien Jacques Lagrange n’évoque pas ces « liaisons  dangereuses ». Il est vrai que rien ne permet d’affirmer l’appartenance de l’élu Périgourdin au fantasme synarchique. Toutefois, on constate que Robert Lacoste, dans les mouvances et les arcanes des différents pouvoirs, apparaît dans des réseaux proches du phénomène synarchique. Le syndicaliste des années trente, le socialiste des années qui suivirent, n’a pu, en toute logique, accéder à la fonction de ministre de la Production industrielle à la Libération d’une solide connaissance du monde économique, des grands trusts qui constituaient l’ossature de la synarchie. Celle-ci étant un lobby puissant, outil occulte aujourd’hui parfaitement reconnu, identifié, véritable lien entre les gouvernements, les époques et préservant les grands équilibres économiques et financiers. De tout temps il en fut ainsi. Aujourd’hui, c’est, nous l’avons indiqué précédemment la fameuse « Trilatérale », le Forum de Davos et autres espaces de rencontres qui remplissent cette fonction hermétique aux gens ordinaires.

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Un groupe secret de hauts fonctionnaires

L’historienne Annie Lacroix-Riz dans son ouvrage Le choix de la défaite, présente un tableau rédigé par la police, daté du 17 avril 1937, sur  « la société secrète fasciste appelée France fonctionnaires », classée « groupe secrets de hauts fonctionnaires » dont l’objectif réel est défini comme « la réforme des institutions républicaines dans un sens fasciste ». On voit parmi les rapporteurs le nom de…Robert Lacoste. On retrouva quelques années plus tard, Robert Lacoste au Centre français de Synthèse « placé sous la haute protection du maréchal Pétain, chef de l’Etat » (L’Unité française n°10 juillet-décembre 1943).

Cette organisation, qualifiée d’occulte, paraît avoir été l’une des branches de la synarchie. Mais ceci ne veut pas dure que ses membres aient été consciemment des agents ou des instruments de la Synarchie.

Selon Les Documents (janvier 1956), le Groupe France 59, émanation d’une Synarchie régénérée, se divisait en huit équipes ayant chacune trois chefs, un rapporteur et un membre de l’exécutif. On retrouve Robert Lacoste dans la septième équipe chargée de travailler sur la réforme de l’Etat. Il est aussi membre d’un Centre d’études des problèmes humains réputé proche de la Synarchie.

En septembre 1944, plusieurs personnes appartenant à la banque Worms sont emprisonnées. Bien que connue pour ses liens avec l’Angleterre, elle prospère à Paris durant l’Occupation. Son avoir se trouve pratiquement multiplié par trois entre 1938 et 1944. Durant l’occupation, on disait volontiers que pour Worms, « le fin du fin était de jouer la collaboration franco-allemande au comptant et la victoire anglo-américaine à terme ». C’est pourquoi elle est mise à l’index, tenue à l’écart du pouvoir et ses principaux collaborateurs emprisonnés à la Libération.

Robert Lacoste

Les liens avec le grand capital

En 1945, on constate que Robert Lacoste figure parmi les actionnaires de la société très fermée Francarep pour deux millions de francs. Francarep est une émanation de la banque Worms et compagnie. Cette dernière considérée comme le centre de la Synarchie sous l’occupation est précisément avec la banque Rothschild frères, la fondatrice de cette société pétrolière. Robert Lacoste, de son poste de ministre, multiplia les interventions dans le cadre de l’épuration économique française à la Libération. Il fut au contact des industriels et financiers vraisemblablement rencontrés avant-guerre et, à cet effet, établit de nombreux compromis assurant une continuité de l’économie française tout en « sanctionnant » les dérives des années d’occupation. René Bousquet, ancien secrétaire général de la police de l’Etat de Vichy dut bien recasé à la Banque d’Indochine et administrateur du journal La Dépêche du midi.
Toujours selon Annie Lacroix-Riz, par exemple, Le Roy Ladurie, ancien ministre de Pétain, de sa cellule de Fresnes, aurait demandé à « son ami Robert Lacoste » de nommer un ami – Maximilien Vox – administrateur des Editions Denoël. L’élu socialiste Périgourdin disparu en 1989, ancien ministre résident en Algérie fut aussi un des acteurs occultes de l’opération qui permit au général de Gaulle de revenir aux affaires en 1958. Celui-ci ayant rendu un hommage appuyé à Robert Lacoste en 1954 lors d’une rencontre à Dakar. On commence aujourd’hui a percer le silence dans lequel Robert Lacoste a laissé ses amis. L’énigmatique ancien président du Conseil général de la Dordogne avait su mieux que quiconque traverser l’histoire en se construisant une toile d’araignée personnelle qui allait de la droite à la gauche. Il ne pouvait ignorer les enjeux des relations ainsi entretenues. Un peu à l’image « d’une jeunesse français » d’un certain François Mitterrand. Robert Lacoste vécut une époque, ambitionné des responsabilités qui l’ont vraisemblablement conduit à fréquenter les milieux de la Synarchie. Rien ne prouve qu’il en fit effectivement partie. Une énigme que les historiens lèveront.

Pascal SERRE - Photos : Collection Jean Gard - Archives départementales de la Dordogne - Jacques Lagrange 


 

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