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Le sondage sur la « Belle endormie »

Il était annoncé et attendu. « Il » c’est le sondage réalisé par le journal « Sud-Ouest » et la radio « France Bleu Périgord ». Trois inconnues sont désormais levées. La première c’est la position dominante du maire sortant, Michel Moyrand. La seconde c’est la descente aux enfers pour Jean-Paul Daudou, le dissident de la droite locale. La troisième, enfin, c’est la percée de Antoine Audi son rival légitime.

 

Le périgourdins croient, avant tout, aux "échos du marché"

Tout a été dit. Même les commentaires des candidats n’ont rien apportés si ce ne sont des propos circonstanciés sur leur propre situation. Les journalistes, avec la prudence requise, ont fait un excellent un travail d’analyse. Le citoyen, consommateur de médias, ne s’y est pas trompé ; il ne croit pas aux sondages. Des sondages qui ont quand même une réalité, faut-il le rappeler. Mais, le périgourdin croit, avant tout, aux « échos du marché ». Ceux de grand-papa et grand-maman.

Comme disait Jean-Paul Daudou, en forme d’attaque : « Si on s’arrêtait aux sondages, il n’y aurait pas d’élection… » Michel Moyrand se faisait précautionneux et prudent même si sa voix semblait plus réjouie que rassurée. Antoine Audi, de son côté, annonçait qu’après avoir travaillé sur sa notoriété il débutait juste sa campagne, celle des élections, avec la prochaine présentation de son projet. 

Même si il faut relativiser cette forme d’information, force est de reconnaître, avec les marges d’erreurs prises en compte, que les sondages donnent quand même une tendance, souvent lourde, sur les résultats sortis des urnes. En tous les cas, ce sondage donne bel et bien le tempo et préfigure une très forte probabilité de victoire pour le maire sortant mais montre aussi une rapide et solide implantation pour Antoine Audi. Quand au résultat de Jean-Paul Daudou c’est la traduction que Périgueux a changée et que le candidat n’a pas voulu le voir.

MM-AA-JPD

 

Le seul verdict qui vaille est celui des urnes

Après tout ceci, que faire ? Pour Michel Moyrand, c’est la continuité dans laquelle il s’est inscrit et qui lui réussit. L’essentiel est, pour lui, sauf ; mais il doit compter avec le pugnace Antoine Audi qui ne manquera pas d’énergie et de moyens pour améliorer son pronostic provisoire. Un pronostic qui ne doit anesthésier le maire sortant. On a vu d’autres inversions se produire au moment du moment de vérité qu’est le vote.

Jean-Paul Daudou dit se maintenir. Il prend le risque de faire perdre son propre camp mais il serait malvenu qu’un sondage fasse changer un candidat, même au bord du précipice. La dynamique « Audi » peut encore réduire son score. C’est au second tour que l’on jugera les capacités des deux prétendants à s’unir pour réaliser leur but commun : battre Michel Moyrand. Antoine Audi compte, entre les deux tours, sur une prolongation, comme au rugby, pour marquer le dernier point, le fameux tir au but, avec une équipe unie.

Alexandre Bodecot, candidat du Front national, dont la liste n'était pas encore bouclée au moment du sondage, est crédité de 8%. Insuffisant pour figurer au second tour. Un résultat qui témoigne d'une grande méfiance pour le parti de Marine Le Pen, même si le candidat est décalé par rapport aux stéréotypes de ce mouvement.

Une ville qui ne veut pas être réveillée

Une chose est quand même très claire : Périgueux n’est pas prête à un bouleversement et les périgourdins attendent de leur maire une proximité et des actes qui améliorent ou rassurent leur vie quotidienne. Même une grande partie des plus jeunes sont acquis à cette tranquillité provinciale si chère à Périgueux. La « belle endormie » avec laquelle la gauche de l’époque chahutait le maire de la ville, Yves Guéna, ne veut pas forcément « être réveillée ». 

Bien au delà des pourcentages attribués au candidat, on a découvert une ville conservatrice et modeste, éloignée des grands enjeux planétaires, et qui préfère Jacquou, le croquant imaginaire d’Eugène Le Roy au « grand soir » tout en cultivant l’esprit de Montaigne avec des voyages organisés. C’est, l’enseignement sociologique et durable à tirer de ce sondage.

Pour le résultat électoral final, il faudra attendre encore trois semaines. Certains réveils peuvent être douloureux. Dans une opération chirurgicale, les plus importants sont l’anesthésie et le réveil qui suit.

Pascal SERRE - Photos : L'esprit Périgord.

 

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