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La visite à la Péniche

jeudi emmanuel macron a discute en toute decontraction avec le petit flavien 9 ans qui lui avait adresse une lettre debut juillet a lelyseeMême après un long temps de réflexion, je n’ai pas trouvé de raison à la venue du président de la République. Une réunion en huis clos avec quelques postiers obligatoirement triés comme des lettres affranchis à destination de l'Élysée, une fresque, un timbre, une vague inauguration de Maison des services publics, puis l'émouvante rencontre avec Flavien, un "enfant différent" - le seul instant authentique quoique bien médiatisé de cette visite présidentielle, et puis cette satanée péniche avec vingt-deux notables républicains estampillés convenables. Le choix du lieu posant des questions que seuls les réseaux de "Manu" pourraient expliquer.

Pas d’annonce, encore moins de révélation, une vacuité totale entre le gaspacho et les fraises au miel et un croustillant de muscovado on se demande ce qui a pu se dire, se raconter. Un Mitterrand ou un Chirac, et même un Sarkozy ou un Hollande n’auraient pas loupé les festives nuits gourmandes. Emmanuel Macron se contentera de quelques selfies avec une trentaine d’affidés qui battaient la semelle sur le pont des Barris tout proche de la fameuse péniche dont on ne sait comment et pourquoi les services de l’Elysée ont retenu ce lieu écarté et mal aménagé pour de telles agapes. La photo presque officielle montre le Président avec ses soutiens constitutionnels.

Les « Marcheurs » locaux n’auront eu droit à aucune rencontre

Les « Marcheurs » locaux n’auront eu droit à aucune rencontre. Il faut reconnaître qu’ils ne brillent pas par leur activité et que, peut-être, les rangs auraient été trop clairsemés pour ce président Jupitérien, Bonaparte en puissance. La place a été réservée aux notables périgordins trop respectueux de ce « nouveau monde » qui venait d’être accouplé à des pratiques de « l’ancien monde » ; je pense à ce fameux Benalla dont les récits ont véritablement pollués la visite présidentielle et écartés l'éventuelle belle image de Périgueux que les médias auraient pu donner de notre ville.

Les Périgourdins ont été davantage marqués par les encombrements et nuisances d’une visite sous haute protection. Il est fort à craindre que, dans les enjeux locaux qui se profilent, cette visite ne soit une erreur de casting de marketing politique. En nos terres reculées et fissurées, le homard des agrumes parisien servi ne remplace pas un bon chabrol.

Des croquants qui ne donnent leur voix qu’à la relation de proximité entretenue

Pour Antoine Audi, le maire de Périgueux, « macron compatible » ce peut être la confirmation que la Macronie est déconnectée du terrain et que les Périgourdins, esthètes de l’exercice politique, demeurent des croquants qui ne donnent leur voix qu’à la relation de proximité entretenue avec ses élus, quelque soit leur appartenance. Au-delà des selfies, les Périgourdins se sont senti ignorés et le tsunami médiatique figé sur la politique nationale passée ils n’ont vraisemblablement pas écarté leurs élus locaux de l’ancien monde qui trinquent plus facilement la « prune » que l’eau des Abatilles. Pour les représentants de la « Macronie » locale, le vertige allongé, et une adolescence politique innocente des règles parisiennes pétries de Machiavel, le chemin sera long pour que, dans les communes et les cantons, la victoire ne sonne.

 

Le Périgord est à la fois une mystérieuse mer des Sargasses et un redoutable Cap Horn

Soyons, pour le moins honnête, cette visite présidentielle a davantage confirmé les interrogations d’un électorat insoumis à l’Ancien régime et qui adhère aux valeurs d’un Président sans pour autant s’asservir à des pratiques que contestaient en son temps un certain Voltaire, un certain Benjamin Constant ou Madame de Staël. Les parlementaires macronistes et "macron compatibles" restent malgré leurs efforts dans le rude apprentissage politique Périgordin encore méconnus, fort peu porteur de projets locaux pour ne pas s'inquiéter des échéances électorales à venir. L'ancien monde, quoique secoué l'an passé par les présidentielles et les législatives, n'a pas dit son dernier mot et les visages de cette armée de conseillers municipaux reste une solide tribu à l'image des Pétrocores qui puisaient déjà leur force dans leur fidélité à leurs histoires et leurs paysages.

C'est tout cela qu'Emmanuel Macron n'a pas vu, pas entendu et, bien entendu pas pris en compte. Une péniche n'est pas la Santa Maria de Christophe Colomb, ni l'Hermione de La Fayette. Mais, le Périgord est une sorte de mer des Sargasses... mais  aussi un redoutable Cap Horn.

Selfie Péniche de Michel Delpon et Photo préfecture "Sud-Ouest"  Texte : Pascal SERRE


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