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Une Tour d’ivoire peut en cacher une autre

CHANCELADE588En ce dimanche de juin, après les allégoriques trombes d’eau de la fin de semaine, un soleil éclatant enveloppant ma maison et mon jardin, je renoue avec l’immense bonheur de la page blanche, celui du clavier usé et de l’écran connecté.

Les idées et souvenirs d’il y a encore quelques heures remontent et me demandent de s’exprimer, de vivre. Ils se sont contenus tout au long de cette période de fiancailles inachevées, aux côtés des chanceladaises et chanceladais. Banalités, me direz-vous. Non, ce sont autant de rencontres merveilleuses qu’il faut embrasser comme soi-même. C’est, peut-être, là que se situe l’humanisme tant attendue par des femmes et des hommes qui, à leur place et selon leur condition, sont avant tout la lumière et l’ombre portée qui deviennent un autre soi-même.

Atypique. C’est ma posture, par définition la plus périlleuse ; pas toujours acceptée, et la plus souvent incomprise. Ecouter, tenter de comprendre, de trouver la meilleure réponse qui n’est jamais la bonne, une servitude de tous les instants, sans relâche.

C’est aussi, et déjà, couvrir les trahisons et les parjures d’un pudique voile, prendre l’arrosoir et alimenter les plantes désséchées par la légitime inquiétude du changement, le tout sans se méprendre sur la nature humaine. C’est l’effrayante solitude qui, en embuscade, me cerne et m’amène à la porte de ma tour d’ivoire pour reprendre le chemin des lectures des anciens, de Socrate à Machiavel, de Montaigne au premier des philosophes chinois, Lao-Tze. Mais pas seulement.

Haro sur le baudet

Questionné par une collègue journaliste sur ce que je souhaitais pour mon anniversaire, je répondais : « un voyage en Chine ». La tempête se leva dans le microcosme chanceladais ; comment le maire de la commune, en pleine pandémie, annonçe cela ? Haro sur le baudet. Fallait-il encore savoir que j’ai des amis chinois, et que je ne faisais qu’un lien affectueux avec eux…

Tout comme je suis toujours critiqué sur le fait que, toujours répondant à un collègue journaliste, je lachais : « je ne pensais pas être élu ». En cela, je ne faisais qu’exprimer la posture qui m’amenait à ne pas être déçu si la « défaite » s’affichait ; et, aussi, ne pas me laisser envahir par l’ivresse de la « victoire » si elle se présentait à l’empire de mes émotions. Mon propos incompris ne témoignait que de l’indispensable humilité que je recherche.

Lorsque j’évoquais la campagne électorale et ses conséquences comme une « initiation » j’étais tout autant pris pour un fantaisiste qui n’a pas le sens des responsabilités. Je renvoie les imprudents censeurs à la définition du terme « initiation »…

Si j’ai pris avec émotion la « défaite » de mes amis un instant posés dans un face à face démocratique, si j’ai tout autant été ému par la démission de leur tête de liste, ce ne sont que des traductions de ma personnalité bienveillante et attentive aux autres que je considère comme un second moi-même.

Je m'attache à maintenir envers et contre toutes les vaguelettes cette atypique conduite

Davantage que sur les règlements, les enjeux politiques, les pouvoirs et les égos, je m’attache à maintenir envers et contre toutes les vaguelettes cette atypique conduite.

Lorsqu’une amie chinoise voyait que je ne la comprenais pas, celle-ci me disait : «  ce n’est pas toi qui n’a pas compris, c’est moi qui me suis mal exprimée. » C’est une réponse lumineuse, il est vrai bien contraire aux joutes qui m’attendent dans le cénacle municipal.

Tout ceci m’a invité à revisiter l’image de la tour d’ivoire. Celle-ci peut désigner un environnement intellectuel - ou simplement humain - tellement isolé et protégé qu'il empêche la personne concernée de prendre une décision correcte. Mais, la tour d’ivoire peut aussi être un espace sacré où l’on reprend ses forces et l’on retrouve ses repères intimes. 

Et me revoici plongé dans l’immense taoïsme qui nous rappelle que la quête de l’équilibre entre les forces contraires rend le coeur plus accueillant. Le taoïsme nous ramène en douceur à la sagesse de la nature et de ses rythmes ; il nous aide à découvrir la richesse de notre propre nature, l’alternance des marées, les phases de la lune, la succession des saisons de notre vie. Ainsi, cette indispensable tour d’ivoire possède deux faces et ses propres rythmes, comme toutes choses ; à nous de travailler sur l’apaisante harmonie de ces forces contraires.

Au moment de la provisoire conclusion de ce propos, je suis conscient que je puisse être encore incompris. Si c’est le cas, je concède que je me serais mal exprimé.

 

Pascal Serre


 

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