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Dans l’oeil du cyclone

25 Samedi 25 juillet 2020 DL 1

Nous sommes à quatre mois d’une élection municipale qui m’a transformé en maire de ma commune, Chancelade. Nous sommes aussi deux mois après un déconfinement qui n’est pas que celui du COVID-19 mais aussi celui des petites gens qui retrouvent leurs armes préférées pour exister dans le landerneau forcément local. On pourrait aussi écrire que le bocal des indigences est ouvert.

Ces premières lignes écrites me rappellent que je reste un observateur acide de mes contemporains. On m’a autant aimé ainsi que détesté. J’ai toujours assumé car je me libère à chaque instant de cette vie si chère à d’autres écrivains plus affirmés et assurés.

Le sujet est éternel : une femme qui se sent écartée au profit d’une autre cherche entre terre et ciel les raisons de se venger. Deux femmes face à face, une sorte de combat de poules que mon clavier d’ordinateur parfois acide, surtout avec les gens que j’aime, transforme joyeusement en cas d’école ou plutôt de basse-cour. 

Chacun se trouve le rôle qu’il mérite

Au milieu, des élus minoritaires qui se réclament opposants, eux-aussi pour exister, et qui trouvent dans cette arène un rôle inespéré de picadors. Chacun se saisit du rôle qu’il mérite.

Arrêtons-nous sur les faits. Une liste de candidats se prépare avec des femmes et des hommes qui, durant trois mois, construit un projet et mène campagne. Les voilà élus. Chacune et chacun se connaît mais les appétits de pouvoirs picrocholins s’agitent. La première femme se voit proposer un rôle, celui de première adjointe ; celle-ci se fait prier, prétend prendre conseil et dit transie par la gloire : « quand le maire propose, le conseiller ne peut qu’accepter. » Puis, les autres conseillers, doucereux, expriment un autre choix, celui d’une autre femme. Le futur maire, placé devant une telle situation, persuadé que la première faisait acte d’un sacrifice altruiste respecte le choix murmuré et écarte sa première prétendante.

C’était faire preuve d’une ignorance certaine sur la nature humaine et ce fameux égo source de bien de malheurs. 

L’opposition sortie des urnes s’engouffrait dans cette aventure surprenante et rocambolesque

La première prétendante éconduite se drappait en mégère et déclarait sa candidature au poste de maire. La défaite était aussi prévisible que la candidature était imprévisible. Elle s’attachait à mettre en avant que la candidature légitimée était celle de l’ex-femme du postulant en titre comme magistrat de la commune et qu’elle n’était pas éligible… L’opposition sortie des urnes s’engouffrait dans cette aventure surprenante et rocambolesque ; une saillie malheureuse mais tellement révélatrice de l’incurie avec laquelle celle-ci abordait ses six années et qui témoignait de la faiblesse de sa conception de la vie démocratique.

Il fallait toutefois répondre. Ce qui fut fait en temps et en heure pour l’opposition qui semblait avoir admise ma réponse avec une intelligence presque inattendue. 

Du pain béni dans une période où l’actualité est insuffisante pour doper les ventes

C’était oublier la mégère non apprivoisée qui prenait la presse locale comme témoin. J’avoue que c’était du pain béni dans une période où l’actualité est insuffisante pour doper les ventes. Et voici que je me trouvais à la « une » avec un titre que j’aurais pu moi-même écrire :  « le maire et sa première adjointe dans l’oeil du cyclone ». Suivait une superbe page qui relatait les évènements au même titre que l’aurait pu être un article sur les époux Balkany ou les époux Ceaucescu.

Rentrant d’une virée dans les châteaux Cathares, je confesse avoir été amusé par la chose. Pour le reste, je laisse les miettes de cette guerre picrocholine à Gargantua, le personnage de Rabelais qui attaque le royaume de Grandgousier. C’est ma façon personnelle de tourner en dérision la soif de reconnaissance de certains de mes contemporains. Je leur en donne ni quitus, ni rancune.

Pascal SERRE

Pour plus d’informations. Lire article dans La Dordogne Libre du samedi 25 juillet 2020


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