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Maurice Melliet, le « Beppe Grillo » sauce Périgueux ?

 

Maurice MELLIETC’est en avril 2012 que le « citoyen Maurice Melliet » écrivait sur son nouveau blog : « ne prenons pas le pouvoir ! Décidons avec les élus. » Aujourd’hui, il doit méditer, et revoir sa copie. A l’âge de 69 ans l’ancien publicitaire Périgordin qui roulait sa bosse dans l’humanitaire et la poésie, père noël de circonstance, toujours prêt à se placer là où les projecteurs des médias pouvaient aussi soigner son besoin de reconnaissance, ne cachait pas qu’il voulait « faire de la politique ». Personnage truculent, anarchiste autant que bon bourgeois de province, râleur ou aisément censeur de ses contemporains, Maurice Melliet n’a jamais manqué les rendez-vous médiatiques que peut offrir une petite ville de province. Certains disent même que ses convictions politiques étaient celles de l’opportunisme de ses propres communications événementielle et personnelle. De Xavier Darcos, à droite,  à Michel Moyrand, à gauche, il a toujours pensé avoir un destin politique. Il avait même, un temps, pris la « communication » de l’improbable liste promise par Hervé Couasnon, le poète escaladeur. Ce dernier disqualifié, ne trouvant pas d’issue auprès des candidats des « partis », Maurice Melliet pensait profiter d’un Front de Gauche en mal de candidats pour conquérir le paysage provincial. A Périgueux, lors des élections présidentielles de 2012, avec 13,68%, Jean-Luc Mélenchon, le patron du Front de Gauche, réalisait un score supérieur à celui réalisé au niveau national, 11,10%. La candidature de Maurice Melliet, même marginale, ne pouvait que compliquer la situation du maire socialiste sortant, Michel Moyrand.

Maurice Melliet n’avait pas l’investiture officielle du Front de Gauche

D’ailleurs, faut-il le préciser, mais Maurice Melliet n’avait pas l’investiture officielle du Front de Gauche, lequel, sur Périgueux, peine à constituer sa liste et peut donner le visage d’une cour des miracles prêtes a accueillir les toujours bonnes volontés. La dernière candidature, celle de l’ancien journaliste, Alain Bernard étant significative de cet état.

Maurice Melliet, en parfait franc-tireur pragmatique s’est tout simplement imposé médiatiquement et non politiquement. Ainsi, si l’on examine bien le communiqué de presse du Front de Gauche, Maurice Melliet est simplement exclu du mouvement, et non d’une tête de liste. Une nuance vite oubliée par les médias plus enclins aux tribulations du « Beppe Grillo » Périgordin, et l’instrumentalisation au profit de leurs lecteurs, du courant populiste ambiant. Il faut se rendre sur le site de Franchement à Gauche local pour mieux comprendre.

Une éviction maladroite qui entretient le populisme

ALAIN-BERNARDEn entrant dans la permanence de son concurrent, Jean-Paul Daudou –Gaulliste  mais non investi par l’UMP -, ce samedi matin, partageant le verre de l’amitié avec le tutélaire Yves Guéna, Maurice Melliet ne pouvait imaginer devenir une vraie coqueluche nationale, une sorte de « Bebbe Grillo ». Ce dernier, humoriste italien, fait aujourd’hui trembler toute la classe politique italienne avec 163 parlementaires où il frôle le score du premier parti du pays, le Parti Démocrate. La comparaison s’arrête là.

En France, on se rappelle que l’humoriste Coluche, lors de l’élection présidentielle de 1981, s’était fracassé face à la mécanique implacable des partis politiques traditionnels. Et puis, Maurice Melliet ne pouvait prétendre qu’à une victoire d’étape, à Périgueux. D’ailleurs, dans sa candidature pour l’heure écartée, il ne pouvait concevoir qu’une entrée comme conseiller municipal. Sa candeur aurait été bien mise à mal par le mécanisme de fonctionnement d’un conseil municipal qui ne reconnaît que la discipline. Surtout à Périgueux, comme le rappellent l’éviction de Arnaud Le Guay, adjoint sortant, et le retrait de Fabrice Mathivet, adjoint aussi, tous deux élus en 2008 sur la liste de Michel Moyrand.

Au-delà de cette candidature légitime, salutaire même pour notre démocratie, écartant le caractère ébouriffant de Maurice Melliet et son insatiable besoin de reconnaissance, cette éviction souligne que les comportements partisans des appareils politiques ne sont pas prêts de changer.

De Beppe Grillo à Momo Grillo

Maurice Melliet, à l’instar de Beppe Grillo, humoriste, acteur, blogueur et militant politique italien, est un provocateur, agitateur d’idées, marginal des appareils plus politiques que militants. Tous deux vivent au travers de leur rejet des combinaisons politiciennes, et des médias. Maurice Melliet promet de poursuivre. Ira-t-il jusqu’à créer, lui aussi, son « Mouvement 5 étoiles », comme en Italie Beppe Grillo ? Version Périgueux, il s’entend.

Certes son caractère ombrageux, maladroit par vanité, les solides combinaisons locales lui laissent une marge de manœuvre étroite. Ses propres amis pensent que cette affaire n’est qu’une « tempête dans un verre de whisky » et doutent du rebond toujours possible.

Si pour les camarades de Jean-Luc Mélenchon on dit que « c’est le verre de trop » ce n’est pas l’avis d’une grande majorité des Périgourdins qui voient plutôt dans cette éviction une nouvelle raison de critiquer les partis politiques et leurs représentants, d’aller à la pêche au lieu de se rendre à l’isoloir. Certains n’hésitent pas à dire que tout cela c’est « pour arranger le candidat socialiste et que de toutes les façons, « Momo », surnom affectueux accordé à Maurice Melliet, « n’est pas fait pour une politique sectaire et que qu’un peu de convivialité serait salutaire dans une vie politique déboussolée, rejetée qui joue sur les divisions pour se maintenir au pouvoir ». Alors, « Momo Grillo » ?

Pascal SERRE


 

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