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Périgueux 2014 : Rififi chez Audi

lettre-bersacMichel Bersac est bien connu sur Périgueux. Ce « grognard » du gaulliste, militant du RPR puis du RPF, un temps chargé de mission de Charles Pasqua au RPF a rejoint l’UDI « parce qu’il ne trouvait à l’UMP les valeurs du gaullisme et que le mouvement de Jean-Louis Borloo convenait davantage à ses convictions ».

Issu d’une famille de commerçants Périgourdins, aujourd’hui âgé de 67 ans, il s’est taillé une renommée dans les milieux sportifs, notamment ceux du football, de la natation et de la boxe. Cet ancien commerçant fut un temps trésorier de la CGPME et membre titulaire de la CCI de Périgueux. Il a été conseiller municipal de Périgueux entre 1983 et 1995. Il s’est présenté aux cantonales sur Périgueux, sans étiquette, en 2001. Il avait recueilli 4,8% des suffrages exprimés.

Le millefeuille gaulliste

C’est par ses multiples réseaux périgourdins que, début octobre, Michel Bersac se voyait convier à rencontrer Antoine Audi et à participer à l’élaboration du programme mais aussi à permettre au candidat inconnu de ses futurs électeurs de se faire connaître. L’accord entre l’UMP et l’UDI le contraignait à s’éloigner de son ancien collègue et ami gaulliste, Jean-Paul Daudou. « Je pensais franchement que les deux s’entendraient ; Jean-Paul en tête, et Antoine en second se préparant pour prendre la suite » explique Michel Bersac. Et ce dernier de poursuivre : « Je déplorais cet affrontement qui donnait au maire sortant, Michel Moyrand, un atout majeur. Mais, je m'étais engagé auprès de Jean-Louis Borloo, à soutenir les accords entre l'UDI et l'UMP.» Après la fracture entre Jean-Paul Daudou et Antoine Audy, cette nouvelle péripétie semble transformer le gaullisme local en millefeuille.

MICHEL-BERSAC-01Ecarté parce que trop vieux ou trop indépendant ?

Lorsqu’il a appris son éviction de la liste de Antoine Audi, le sang de Michel Bersac n’a fait qu’un tour. « J’ai travaillé à l’élaboration du projet et donné sans réserve tout ce que je connaissais de ma ville et on me donne comme argument que, à 67 ans, je suis trop vieux » dit sans amertume mais une volonté farouche et sereine de ne pas rester sur le bas-côté de la route des prochaines municipales. 

Il a écrit une lettre nette et sans bavure à Jean-Louis Borloo dont il a pris soin d’adresser une copie à Antoine Audi. Pour Jean-Michel Faure, président départemental de l’UDI et du Parti Radical « Michel avait déjà donné sa démission de Vice-président de là fédération départementale de l’UDI, il y a un an tout en restant membre… Il n’accepte pas de ne pas figurer sur la liste. C’est une nouvelle question de personnes, d’égos. » Et Jean-Michel Faure de dire : « Michel Bersac voulait par ailleurs faire sa propre liste. On ne peut pas annoncer sa propre liste et figurer sur une autre… » Ce qui fait sutsauter Michel Bersac : « Oui, Jean-Luis Borloo, avant l'accord entre l'UDI et l'UMP, en mai dernier, m'avait demandé de travailler sur une liste et un programme pour Périgueux. Les instances nationales ayant tranché sur l'union et le candidat Antoine Audi à Périgueux, j'ai naturellement poursuivi mon action militante avec Antoine Audi.»

Certains plaident plutôt sur la crainte que pouvait nourrir Antoine Audi face à un colistier trop indépendant, ingérable et averti sur la vie Périgourdine. Pour Elisabeth Dartencet, colistière de la première heure de Antoine Audi l’explication est simple : « Michel Bersac avait sa place mais celle qu’il lui était proposée ne lui convenait pas ; dés lors libre à lui d’accepter ou de refuser. Nous ne voulons pas entrer dans un procès de mauvaise intention. » Ce qui fait sourire Michel Bersac : « que l'on me montre ce que l'on prétend m'avoir proposé...»

Rendez-vous au "Deux rives"

L’heure de l’exclusion de Michel Bersac de l’UDI n’est pas venue mais on imagine mal les choses différemment. Sauf d’entendre le candidat Audi, plutôt discret dans sa campagne et ses négociations de liste, parler d’erreur d’aiguillage, ou de sortir une artillerie plus lourde pour se justifier. Ce dimanche il réunissait ses proches pour, vraisemblablement, évoquer la situation. Pour un de ses camarades de campagne qui préfère conserver l’anonymat : « Michel Bersac ne représente que lui-même… c’est une réaction infantile. » En tous les cas, Antoine Audi n’avait pas besoin de cette foucade d’un Périgourdin pur jus alors qu’on lui reproche justement de ne pas être « Périgourdin ».

Pour Michel Bersac : « je ne souhaite qu’une seule, c’est que mon programme soit reconnu et inclus, dans la mesure du possible, dans le programme municipal proposé aux Périgourdins ». Il se défend de vouloir affaiblir Antoine Audi : « La pagaille est assez effroyable sans que j’en rajoute. Mais je ne peux pas, non plus, me taire… » On l’a compris.

Chez Antoine Audi, la surprise passée, on cherchera vraisemblablement l’apaisement. La présentation officielle de la liste est prévue ce jeudi, à 18 heures 30, au bar des « Deux Rives ».  Un nom prédestiné pour que la rive de Michel Bersac retrouve celle de Antoine Audi.

Pascal SERRE


 

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