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Antoine Audi : L’Homme pressé

Dans sa chanson « L’Homme pressé » le groupe Noir Désir parodient les « Boys band », très à la mode à la fin des années 90. C’est encore le roman de Paul Morand, L’Homme pressé, qui raconte l’histoire d’un homme avide de possession immédiate de tout ce qu’il convoite et l’amène à se marier avec la fille du propriétaire d’un mas provençal acquis en quelques minutes et à laquelle il demande d’accoucher au bout de sept mois de grossesse. Le héros meurt terrassé à la minute même où il devient propriétaire d’un vase antique qu’il désirait plus que tout. Premier contact avec Antoine Audy, face à face ; premières impressions.

L'impatience conquérante

Il y a chez Antoine Audi cette impatience force et ce déterminisme conquérant qui caractérisent les années 90. On aurait presque envie de lui demander si il possède une Rolex. Voici donc un homme manager et business man comme Périgueux n’en a jamais connu. Du signe du scorpion – signe des fantasmes et des conflits – ce Ribéracois parachuté par une gentry Périgourdine déboussolée par la brutale disparition de son leader, Philippe Cornet, ne manque pas d’atouts face à une situation que les plus corrects qualifieront de compliquée.

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Natif de Ribérac, en 1957, ancien de l’Institut d’Etudes Politiques, il a enseigné en Dordogne entre 1983 et 1990 avant de gérer le budget de l’enseignement supérieur jusqu’en 2000. Ayant constitué un carnet d’adresses très personnel il sera appelé à piloté la création du Centre national du rugby. En 2007 il est propulsé chef de Cabinet du Ministre des Sports, Bernard Laporte. En 2010 il devient Secrétaire général d’une multinationale, Cap Gemini. Nous voici  face à un Rastignac, version internet. Pas étonnant que son programme appelle à la création d’une « Digital Valley » au milieu de Périgueux.

Ce n’est pas, au premier abord, un homme de cœur. C’est un neurochirurgien de la chose publique où dominent l’ordre, la performance, la compétition, la réussite. C’est un faux tendre. La prise de risque, chez lui, est toujours calculée et ses amitiés rarement dénuées d’intérêt dans sa course.

En parfait business man il sait déceler et saisir les opportunités. Il arrive à l’âge où on peut déguster les délices du pouvoir politique, la notabilité provinciale et républicaine. Et, lorsque certains, sur Périgueux, lui proposent de mener une liste aux prochaines municipales, nous sommes au début de l’été  du côté d’Arcachon, il évalue avec prudence mais toujours impatience la situation.

Antoine Audi ne reste jamais longtemps sur une question ; il préfère élaborer et argumenter la réponse.  On sait ce qu’il en sera : il veut réveiller Périgueux. Pour la petite histoire, la Gauche, du temps de Yves Guéna qualifiait déjà Périgueux de « belle endormie ».

Mais Antoine Audi n’a cure des histoires locales et veut incarner la nouveauté. Jean-Paul Daudou, grognard du gaullisme, n’a pas senti que les temps avaient changé et maintient sa candidature. Les deux hommes se renvoient mutuellement la balle de la division. Antoine Audi fonce et passe toutes les vitesses avec un certain succès durant l’automne. La mécanique Audi est équipée d’un turbo et s’impose presque dés le début. La politique et le rugby font toujours bon ménage. Or, Antoine Audi aime les deux.

 Antoine Audi veut donner du plaisir

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Antoine Audi le dit : « ce n’est pas une élection militante. On vote pour une liste, un programme, sa ville…» Il reprend même une des valeurs du Groupe Cap Gémini : « donner du plaisir », cette fois, aux Périgourdins. Opération séduction vers une population que l’on dit « désenchantée ».

Antoine Audi négocie chaque tournant avec un esprit de tacticien qui n’oublie jamais que, si il y a un point de départ et d’arrivée imposés, c’est à lui d’être habile pour joindre les deux. C’est son boulot, son job. Il connaît, avec sa méthode, sa personnalité. Pourquoi changerait-il quand tout semble lui réussir ?

Le ralliement de deux anciens adjoints de Yves Guéna, Paulette Labatut et Michel Lopez, des « historiques » du mouvement gaulliste local a été un de ces tournants qui aident à gagner la course.  Pour l’heure dans son propre camp et, aussi, auprès de Périgourdins vacillants entre la fidélité au passé et l’espoir dans le futur.

 Une équipe formatée et marketée

Sa présentation de liste où il ne manquait que les « Pom-pom girls », avec clip vidéo, animateur, orchestre et jeux de lumières des années disco, fut suivie par plus de 200 périgourdins. Même si on pouvait voir dans cet exercice un côté « bling-bling » l’ambiance y était joyeuse sans rien céder à l’irrésistible élan que veut incarner Antoine Audi. Un autre tournant.

Une équipe bien ficelée et qui sent bon la bourgeoisie des sociétés fraternelles ou charitables de la Cité. Un coté bourgeoisie louis-philipparde et du Second empire, des époques où Périgueux rayonnait et qui en a gardé les strates sociologiques. Une liste formatée et marketée, prête à gagner avec une population qui veut rêver à des jours meilleurs et aspire à conserver ou acquérir cette notabilité de province si chère à Jacques Chardonne. Une notabilité bien ancrée à Périgueux et que Antoine Audi a bien ressentie.

 « Je serais le maire d’aujourd’hui, de demain et d’après-demain… »

Antoine Audi le dit : « Je ne recherche pas la reconnaissance, même si j’aurai plaisir à gagner… » Longtemps écarté des manœuvres politiques locales de l’appareil RPR puis UMP il rappelle avoir aidé ses amis et avoir choisi de privilégier sa carrière professionnelle : « Il faut avoir une assise solide et une expérience pour prétendre à réveiller une ville comme Périgueux. Il y a un temps pour tout. Et, la conjonction planétaire me semble en place pour que ma candidature prenne du sens. » Il a parfaitement mesuré ses déficits, notamment celui de la notoriété. Il a pris le temps d’écouter le pouls de Périgueux. Presque six mois pour entrer dans le cœur des Périgourdins. L’Homme pressé sait que le temps est aussi un allié.

Antoine Audi s’inscrit dans la durée : « Je serais le maire d’aujourd’hui, de demain et d’après-demain… » Façon de dire qu’il est assez jeune pour plusieurs mandats ou, peut être, attendre son tour. Oui, cette jeunesse est un gage. Aura-t-il la persévérance si le verdict le place dans la minorité pour travailler avec la même ardeur et constance que le fit, en son temps, son adversaire d’aujourd’hui, Michel Moyrand ?

 « J’ai une équipe qui sera élue aussi pour travailler… »

A ceux qui invoquent ses obligations professionnelles sur Paris comme argument, Antoine Audi le martèle : « Je serais au moins trois jours par semaine sur Périgueux ». Et de reprendre : « Yves Guéna faisait de même et je ne pense pas que ceci ait causé des difficultés pour Périgueux. Au contraire… J’ai une équipe qui sera élue aussi pour travailler… »

De sa permanence, entre la cathédrale et la loge maçonnique, Antoine Audi s’élance dans une campagne qui sera suivie pour ses incertitudes sur l’issue qui sera scrutée et analysée par les instances et médias nationaux. Il ne reconnaît qu’un seul ennemi : le maire sortant. Si on évoque la rivalité avec Jean-Paul Daudou il soupire et se reprend derechef : « J’ai l’investiture donc la légitimité. Pour le reste, je pense faire ce qu’il faut pour faire gagner Périgueux. »

La première question à laquelle les Périgourdins doivent répondre au premier tour,  c’est de trancher cette querelle des égos, comme le dit la majeure partie d’entre eux, des « anciens » et des « modernes » disent les plus aimables. Antoine se dit confiant dans sa bonne étoile et celle de Périgueux. L’homme cache ses éventuels états d’âme et avance les deux yeux fixés sur le but. Sur le banc de touche, le moment venu, on fera appel aux soigneurs… Il sera donc au second tour et restera accroché à ses objectifs : battre le maire sortant et réveiller Périgueux.

 « Ma victoire sera probablement courte »

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En bon rugbyman, Antoine Audi sait qu’il y aura une seconde mi-temps et que rien ne sera gagné avant que l’arbitre ait sifflé la fin de la partie. Il ne mésestime pas son adversaire « travailleur, coriace même » dit-il. « Ma victoire sera probablement courte » reprend-il.

L’homme qui n’a pas peur de dire qu’il travaille dans un groupe du « CAC 40 » est à l’opposé de son concurrent socialiste qui, de son côté, soutenait un candidat président qui avait comme adversaire « le monde de la finance ». L’homme d’entreprise face à celui qui « doit tout au Parti ». Avec son attitude de « golden boy » décomplexé Antoine Audi pose un véritable choix pour Périgueux. Entre deux mondes, entre deux époques, entre deux futurs. Un véritable choc qui ferait de victoire un séisme politique.

Est-ce entre le monde issu de la continuité voulue par Yves Guéna et Jean-Paul Daudou et lui-même ? Est-ce encore entre le futur de Michel Moyrand et son propre destin ? Il y a là une alchimie complexe dont la réussite passe par une subtile liaison dans une seule réponse. L’Homme pressé témoigne d’une constance, d’une sérénité et d’une implacable stratégie, caractéristiques essentiels d’un manager qui travaille pour un résultat concret qui ne peut être en demi mesure.

Quoiqu’il en soit, à l’UMP et plus largement à Droite, Antoine Audi pourrait s’imposer comme un « meneur » dans les prochains rendez-vous électoraux. Sa personnalité et la situation invitent à poser la question. Son résultat déterminera en grande partie pour la Droite locale et départementale un leadership que, jadis, possédait Yves Guéna. En attendant, l’homme pressé ne ménage pas sa peine pour aller à la rencontre des Périgourdins. Le marathonien se prépare désormais à devenir sprinter. De même, il allie son caractère pressé à la nécessité de la durée d’une implantation durable. Entre les deux tours,  cet exercice déterminera son résultat.

Pascal SERRE - Photos : L'Esprit Périgord


 

Commentaires  

 
agencealamaison.com
#1 agencealamaison.com 10-09-2016 17:47
super article. Je recommande
 

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