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Jean-Paul Daudou : mélodie en sous-sol

DSC 0034Il est 20 heures ce vendredi 14 mars. Jean-Paul Daudou, son épouse, l’ancien publicitaire reconverti en poète Michel Testut accueillent les arrivants qui ont descendu les marches qui mènent à la salle du restaurant « Jaune Poussin ».  Deux heures plus tôt le candidat Jean-Paul Daudou avait croisé le fer avec ses adversaires, le socialiste Michel Moyrand et l’UMP Antoine Audi, lors d’un débat organisé par France Bleu Périgord. Il s’en était plutôt bien sorti malgré le sondage qui le plaçait presque hors-jeu derrière les deux principaux candidats. Depuis une semaine Jean-Paul Daudou voulait écarter ce sondage presque sans appel. Chez ses amis on imaginait même que le sondage avait été manipulé, qu’il était faux.

Devant un parterre de 150 personnes qui se veulent convaincues de la victoire on lance un clip vidéo qui veut contredire l’image plutôt austère de Jean-Paul Daudou ; on croit reconnaître les membres de l’équipe, dans différents lieux de la ville, qui se trémoussent sur « Happy » le tube joyeux de Pharrell Williams mais le candidat y est absent. On voudrait sourire…  

Il y a bien, aussi, l’orchestre de jazz, Valérie Leroux à la flute traversière… mais, tout ceci dégage une mélodie presque mélancolique 

Le dimanche, dans la même salle, ce déroulent les thés dansants que suivent assidument les anciens et même ceux-ci semblent planer sur l’assistance. Pourquoi diable me vient cette émotion ressentie dans le Mouraria, un des quartiers de Lisbonne ; dans des bars où l’on chante le Fado, cette mélancolie qui peut se faire aussi joyeuse ?

Les visages croisés dans cette vaste salle semblent parfois accablés, soumis à la difficulté de cette campagne qu’ils ne pouvaient concevoir aussi cruelle. Alors, il y a bien Yves Guéna, figure emblématique et tutélaire d’une époque déjà lointaine, que l’on dit inconnu des plus jeunes… Il se dresse comme un gaulliste qui répond à l’appel du 18 juin. Il cogne sur les socialistes, il griffe l’UMP, fait sonner les trompettes, rouler les tambours pour réveiller la salle et faire croire que « son candidat », Jean-Paul, va gagner. Les applaudissements sont nourris plus par l’amitié que par cette victoire annoncée.

Les lieux et l’histoire de cette candidature me renvoient au film de Henri Verneuil, Mélodie en sous-sol. Charles, le héros, incarné par Jean Gabin, arrivé à la soixantaine veut faire un « dernier coup », celui de toute une vie, et ce doit être la bonne… Il s’associe avec Francis, joué par Alain Delon…  Et là, ce soir, il y a Jean-Paul et… Yves. 

Jean-Paul présentera chacune et chacun avec un sérieux qui pouvait aussi se transformer en ennui 

DSC 0024Mais, encore une fois, les copains, les copines, furent bon public et applaudirent, sans toutefois casser les chaises. Ce n’est pas le genre de la famille. On est bonapartiste, légitimiste, gaulliste avant tout. Et le gaullisme, aujourd’hui, si tout le monde s’y réfère c’est comme caution historique et morale noyée dans le marketing politique. Ce que de toute évidence la liste  « Ensemble pour Périgueux » n’a pas compris. Cette pureté idéologique, aussi digne qu’estimable renvoie, dans cette confrontation électorale, au discours du général de Gaulle, le 14 juin 1960 : «  Il est tout à fait naturel que l'on ressente la nostalgie de ce qui était l'Empire, comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages. »

Naturellement, quelques colistiers tenteront par le verbe et quelques flèches enflammées de faire vibrer l’auditoire. L’appel aux déçus du Hollandisme et de l’UMP sonnera le réveil et suscitera des applaudissements. On a du mal à s’enflammer quand un fidèle présente « Jean-Paul » comme le « candidat anti-résignation ». On va même chercher dans les pages jaunies et désertées de l’histoire pour comparer le maire sortant à une sorte de « combinaison, somme d’intérêts particuliers de radicaux-socialistes version Daladier ». Qui se rappelle d’Edouard Daladier ? 

Difficile de croire en une issue victorieuse à cette mise en scène imposée et figée  

DSC 0020Gaulliste dans l’esprit et le cœur, Jean-Paul Daudou doit songer à la grande solitude du général de Gaulle en cet été 1940, entre Londres et Dakar. Sauf que, nous sommes, comme l’a écrit Yves Guéna « entré dans des temps ordinaires ». Une phrase qui semble avoir été oublié.

On pourrait voir dans cette candidature et ses soutiens du panache. Or, le panache est difficile à exhorter dans cette aventure par avance chloroformée par des événements contraires, une situation mal appréciée, la personnalité décolorée d’un excellent technicien mais, de toute évidence rebelle à réjouir la foule.

C’est dommage car beaucoup des impétrants ont du talent, des qualités et même des personnalités chaleureuses. Ils l’ont prouvé dans leur vie professionnelle ou leur engagement associatif. C’est par amitié le plus souvent qu’ils ont rejoint « Jean-Paul » ; or, l’amitié rend parfois aveugle ou sourd.

Cette mélodie en sous-sol relève de bien des erreurs de tactique et de stratégie politiques et de… communication. On peut, là aussi, sauter sur sa chaise comme un cabri… ou en être humainement attristé. Au final, on conviendra que perdre ne signifie pas avoir tort… 

Pascal SERRE


 

Commentaires  

 
Pascal Billat
#1 Pascal Billat 20-03-2014 11:23
Cher Pascal Serre,
Tout d'abord, bravo pour le style car vous lire reste un plaisir délicieux... même lorsque le contenu est loin de me convaincre.
Je note, qu'à plusieurs reprises, se dégagent, de façon directe ou subliminale, des sentiments de sympathie et de respect à l'endroit de Jean-Paul Daudou. Comme vous vous en doutez, j'apprécie, ces passages. Pour autant, vous semblez décrire, dans la rétrospective de cette soirée, un climat de résignation qui ne correspond pas à ce que j'ai l'occasion de vivre, au quotidien, au sein de liste à laquelle, Jean-Paul Daudou a bien voulu m'associer. Je ne suis donc, ni sourd, ni aveugle et bien conscient de la difficulté politique que doit surmonter notre liste pour passer le cap du 1er tour. Mais, par bonheur, il se trouve que le renoncement ne fait pas partie du vocabulaire gaulliste. Alors soyez assuré que, jusqu'au dernier moment, nous concentrerons nos efforts... pour vous faire mentir.
Amicalement.
Pascal Billat
 

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