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Audi-Moyrand : Une victoire à la Pyrrhus

Au soir du premier tour, dimanche soir, Michel Moyrand n’avait plus la superbe sérénité des jours précédents. Lui qui pensait passer au premier tour se voyait non seulement pris en défaut mais, en plus, il commençait à mesurer que le scénario inversé de 2008 qui l’avait vu battre Xavier Darcos se profilait dangereusement.

Majoritaire, la Droite peut perdre la mairie  

Le sondage paru deux semaines auparavant avait quelque peu anesthésié la famille socialiste mais dopé celle de la droite locale.  Le sondage – faut-il le rappeler – intégrait la candidature de Alexandre Bodécot, le candidat frontiste depuis retoqué par la commission préfectorale. Dimanche, les fameux 8% dont il était crédité ont basculé sur les candidats Antoine Audi (UMP) et Jean-Paul Daudou (Divers droite) expliquant, en très grande partie, la progression notoire des deux candidats par rapport au sondage. Le score pour Michel Moyrand restant finalement quasiment celui annoncé (47-46). Le sondage était donc plutôt juste ; entre temps la donne a changé, simplement. Il en sera tout autre pour le score du second tour qui donnait Michel Moyrand élu avec 53% des voix…

AUDIQu’on le veuille ou non, force est de constater que la droite Périgourdine a retrouvé, avec 53% des suffrages exprimés le leadership sur la ville tenue jadis par Yves Guéna ; la gauche, quant à elle, avec 47%, paye de toute évidence et avant tout un contexte national particulièrement défavorable. 

On est passé de la chasse à l’électeur à celle de l’abstentionniste

Michel Moyrand a vu, entre 2008 et 2014, passé son électorat spontané, au premier tour, de 5 635 (45,70% des suffrages exprimés)  à 4 948 voix (46,62% des suffrages exprimés) soit une perte de 687 voix (-12,2%). 

Xavier Darcos, en 2008, comptabilisait, au premier tour, 5 880 voix (45,25 % des suffrages exprimés) ; aujourd’hui, si l’on totalise les voix de Antoine Audi et de Jean-Paul Daudou on arrive à 5 665 voix (53,65% des suffrages exprimés). Soit une perte en suffrages exprimés de 215 voix (-3,65%). Globalement, les électeurs Périgourdins ayant voté sont passés, dans le même temps, de 13 774 à 11 486 (-16,6%) et les suffrages exprimés de 13 369 à 10 613 (-20,6%). 

En 2008, les abstentions, bulletins blanc et nuls étaient de 6 083 soit 33,04% des électeurs inscrits. En 2013, ceux-ci sont de 7 588… soit 39,19 % des électeurs inscrits.

Donc, pour être précis, il faut prendre en compte l’abstention et les fameux bulletins blanc et nuls. Les fameuses réserves sur lesquelles veulent compter les « gladiateurs » de l’arène de dimanche prochain. Force est d’admettre que les Périgourdins n’ont plus la fibre politique de jadis. Si la politique est restée un sport, elle se pratique désormais à la maison. Les candidats devraient en tirer la première des leçons et ce n’est pas certain. Plus que de pourcentage de voix par rapport aux suffrages exprimés il faudrait prendre en compte le nombre strict de voix portées sur tel ou tel candidat. L’accepter obligerait à plus d’humilité et à modifier bien des comportements ; et la démocratie y gagnerait.

Un Périgourdin sur deux a voté

DSC 0018En fait, et c’est un chiffre peu évoqué mais qui est le plus important pour la démocratie : à Périgueux, 1 électeur sur 2 a voté pour aucun candidat. Qui peuvent être ces « enfants égarés » ? Il est clair que ceux-ci sont avant tout à gauche. Ces derniers sont avant désenchantés, démoralisés animés d’un rejet de la classe et d’un système politiques en bout de course. L’électeur, qu’il soit de droite ou de gauche a vécu au niveau national une alternance avec des résultats publics souvent calamiteux et des affaires judiciaires désolantes de part et d’autre. Si localement les choses sont fortes heureusement absentes les candidats sont malgré tout soumis à la suspicion.  

Le contexte de 2008 était différent, par nature, de celui de cette année. Face à Xavier Darcos et Michel Moyrand il y avait deux listes complémentaires : celle de Jean-Louis Demaret, divers droite, qui avait totalisé 746 voix soit 6,05% des suffrages exprimés et celle de « La Liste » menée par Emile Langlais qui avait conquis 370 électeurs, soit 3% des suffrages exprimés et qui avait, entre les deux tours ralliée Xavier Darcos. Le maire sortant avait donc une réserve potentielle que n’avait pas Michel Moyrand. Xavier Darcos a malgré tout était battu de 113 voix… Pouvons-nous avoir, en 2014, un « 2008 inversé » ?

Généralement, entre les deux tours, le taux d’abstention baisse de l’ordre de 5 à 10 % et celui des blancs ou nuls entre 1 et 2%. Ceci laisse aux candidats, pour le second tour, un nombre d’électeurs potentiels variant entre 350 et 700.

Les premières analyses nationales soulignent le rejet du gouvernement et le désenchantement de l’électorat de gauche pour expliquer le résultat de ce premier tour des élections municipales. Périgueux n’échappe pas à cette règle implacable. On constate d’ailleurs, sur Périgueux, que les bureaux qui votent traditionnellement à gauche passent soit à droite soit laissent une très fine avance au maire sortant, l’abstention y étant par ailleurs plus importante. Pour Michel Moyrand, la sanction est plus nationale que locale. 

Pour Antoine Audi il a fait vraisemblablement le plein de ses voix et ne peut compter que sur le report des électeurs de son ancien adversaire Jean-Paul Daudou. Nombre des colistiers et électeurs de ce dernier ne semblent pas prêts à oublier le passé. Le désir de battre le maire sortant semble moins fort que les égos atrophiés. Il y aura un carré d’ultimes grognards pour dire « la garde meurt mais ne se rend pas ».  Cette « garde » constitue un atout pour le maire sortant.

Jean-Paul Daudou faiseur de roi

daudouLa déclaration fracassante de Jean-Paul Daudou, véritable salve, à l’encontre de Antoine Audi et de l’UMP n’est pas de bon augure pour atteindre un report de voix susceptible d’entraîner la victoire du prétendant de la Droite en lice. Jean-Paul Daudou qui aurait pu être le « faiseur de roi » à droite devra assumer vraisemblablement son rôle dans une désormais défaite d’Antoine Audi au profit de Michel Moyrand. 

Pour espérer gagner, Antoine Audi doit mobiliser quelques 150 électeurs supplémentaires et gagner au moins 80% des voix portées sur Jean-Paul Daudou. Ce sera donc particulièrement difficile dans le contexte imposé par Jean-Paul Daudou même si un candidat n’est pas propriétaire de ses voix.

En effet, une analyse plus poussée des résultats du premier tour et des hypothèses de résultats au second tour met Michel Moyrand et Antoine Audi à une poignée de voix, l’un comme l’autre, de la victoire. Vraisemblablement en dessous de la centaine, voir de la cinquantaine.

La semaine qui s’est ouverte est déterminante. Tant du point de vue national que local. Jeudi soir auront lieu les meetings de campagne de Michel Moyrand et Antoine Audi. Ceux-ci savent bien que cet exercice imposé n’a pour but que d’animer la campagne et souder davantage les militants et sympathisants. Les déclarations des candidats et les coups divers portés par l’un ou par l’autre risquent, paradoxalement, dans ce climat tendu, d’éloigner encore plus les électeurs des urnes. Ce n’est pas, non plus improbable et, cette fois, surtout à droite.

Au second tour, les deux candidats seront au coude à coude

moyrandLes chiffres et la mémoire des élections passées sont ténus. Au second tour, Michel Moyrand peut compter sur les abstentionnistes pour rattraper son retard et sortir vainqueur. Il lui faut gagner au moins 500 réservistes pour le second tour. Michel Moyrand peut désormais miser sur un difficile report des voix entre Jean-Paul Daudou et Antoine Audi. 

Antoine Audi, de son côté doit compter avec le maximum de voix qui se sont portées sur son adversaire du premier tour, Jean-Paul Daudou. Et, sur ce point, il est fragilisé par l’intransigeance suicidaire de Jean-Paul Daudou.

Certes, une grande partie des abstentionnistes se situent à gauche et Michel Moyrand n’a jamais caché son amitié avec François Hollande ce qui lui est difficile de faire oublier aujourd’hui. Le désenchantement politique envers les socialistes est devenu si fort que l’on peut dire qu’une éventuelle défaite du maire sortant ne pourrait être que celle de ses convictions politiques et non son action municipale.

L’opération séduction lancée dés lundi par Michel Moyrand dans les bastions de gauche des quartiers Gour-de-l’Arche et du Toulon est significative. Plus que jamais, le maire sortant est sur le terrain et c’est là qu’il est le meilleur. De même, La Gauche locale toute entière se mobilise pour « sauver le soldat Moyrand ». Contrairement à la Droite, on assiste à Gauche à un sursaut qui, au final, devrait permettre à Michel Moyrand de conserver son siège. Une élection à l’arrachée, au coude à coude. Pour la seconde fois, la Droite Périgourdine devra assumer sa propre défaite à l’aune de ses divisions internes. Michel Moyrand et « La Gauche », quant à eux, devront accepter cette « victoire à la Pyrrhus » et en tirer quelques leçons.

Pascal SERRE


 

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