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Élisabeth Marty : un destin au féminin

 

Notre première rencontre date de juin 2012, à l’occasion des élections législatives. C’était Philippe Cornet, candidat, qui tenait à me présenter sa suppléante. Je découvrais une femme presque inconnue, pétillante et attentive, bruissante d’énergie et caressante dans ses convictions, fraîche et gracieuse. J’avais toutefois ressenti que son épée pouvait être acérée. D’ailleurs, quatre ans plus tôt, elle avait croisé le fer avec Jacques Monmarson, socialiste, maire de Saint-Astier, une commune de plus de 5 000 habitants où elle résidait et se retrouvait dans l’opposition. La bataille des législatives menée et perdue, je devais la croiser lors des obsèques de Philippe Cornet, une année plus tard.

La « Passionaria » d’une droite requinquée

DSC 0039L’annonce de sa candidature, aux élections municipales de mars dernier, me surprenait. Trempée par sa cure d’opposition sur la commune de Saint-Astier elle faisait face à un poids-lourds de la politique : Jacques Monmarson. Celui-ci entamait sa huitième campagne et semblait inamovible. Je dessinais maladroitement le visage de cette candidate qui attaquait une citadelle socialiste avec ce que je considérais comme de la candeur. 

Au soir du dimanche 23 mars, vers 19 heures, la nouvelle tombait : « Élisabeth Marty a battu Monmarson… » Surprise dans les rangs du maire battu qui sablait déjà le champagne mais aussi dans tout le camp socialiste et même à droite. Le maire, vice-président du Conseil général et président de l’Union des maires de la Dordogne mordait la poussière pour 116 voix manquantes, après 37 ans au siège de maire. Ce séisme provincial mettait Élisabeth Marty au premier rang des victoires d’une droite départementale qui chatouillait ainsi le « Grand Chelem ». Entre les deux tours Élisabeth Marty montait sur l’estrade aux meetings de Patrice Favard à Ribérac et Antoine Audi à Périgueux ; elle y déployait quelques talents d’oratrice et se voyait élevé en « Passionaria » d’une droite requinquée. Restait deux énigmes : qui est vraiment Élisabeth Marty ? Comment avait-elle réussi ce tour de force ?

L’empreinte du père : « Il ne faut pas te servir de ton pays mais il faut servir ton pays »

Au premier abord, Élisabeth Marty renvoie à cette pensée de Talleyrand : « Celui qui ne comprend pas un regard, ne comprendra pas une longue explication. » A 39 ans, cette femme a le regard mobile, à la fois pétillant et sévère ; il porte un discours encore ardent et gracieux ; il accompagne un sens de l’action ordonnée, aux buts déterminés. Issue du monde de la terre, née dans l’Allier, Élisabeth Marty est une battante qui ne cherche pas à briller mais qui a appris à vivre avec ses propres ressources et le sens du travail. Son père gaulliste puis Chiraquien lui a transmis des valeurs aussi simples qu’efficaces quand il s’agit de gravir les échelons de la vie, de s’imposer dans un métier, d’exprimer un engagement. Ses humanités faites chez les religieuses elle prend son envol dans un monde rude qui façonne davantage sa nature aventureuse et curieuse. La voici salariée d’une association qui s’occupe de femmes battues puis de sans domicile fixe. Elle ne se cherche pas vraiment, elle cherche tout court. Une quête pour s’affranchir des difficultés de l’existence et faire vibrer l’héritage philosophique du père qui lui disait : « Il ne faut pas te servir de ton pays mais il faut servir ton pays ». La vie est âpre mais la nature d’Élisabeth Marty est joyeuse et les défis sont autant de leçons pour avancer. Elle n’est pas féministe et on lui trouve plutôt une intelligence proche de Germaine de Staël, une femme de son temps et en avance sur son temps.

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Une femme de réseau, discrète et romantique

En 1981, elle adhère aux Jeunes Giscardiens et participe activement à la campagne des présidentielles pour Valéry Giscard d’Estaing. Elle frémis passionnément dans les nuits où l’on colle les affiches et où la rencontre avec l’adversaire n’est pas toujours amicale. Derrière le regard d’Élisabeth Marty, s’escamote toujours un élan picaresque, romanesque et romantique.

Femme de réseau, la défaite annoncée, elle suit l’ancien ministre giscardien Hervé de Charrette dont elle sera une des collaboratrices, en Bourgogne. Puis, elle gagnera Paris, dans une agence de publicité. A sa façon elle fait son « Tour de France » et finit par se poser en Dordogne, à Saint-Astier, en 1988. Elle est sous le charme des paysages, des monuments et des habitants. Son caractère entreprenant et bienveillant l’amène à ouvrir un commerce à Périgueux puis à être assistante commerciale dans une agence immobilière. Elle découvre son futur époux, Jean-Pierre ; c’est le coup de foudre ; une fille naîtra de cette union qui est devenue, avec les années, fusionnelle. Un atout quand le temps de la politique s’annonce.

Il y a chez Élisabeth Marty un petit côté espiègle, enflammé et rayonnant. Son cheminement professionnel est conditionné par cette marque. Séductrice elle sait aussi pratiquer la discrétion ; sentimentale et intuitive elle est aussi exigeante sur elle que sur les autres. Son courage, sa ténacité se trouvent dans les blessures plus que dans les succès. Mais, elle n’en parle pas ; question de pudeur et d’éducation. 

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Le coup de pouce de l’ami : « Dans une campagne il faut toujours être devant » 

C’est Philippe Cornet, alors maire-adjoint de Périgueux, qu’elle avait connu à Paris par ses fameux réseaux sans lesquels rien ne peut véritablement se réaliser qui, le premier, lui parle de politique. Nous sommes en 2008, le couple « Marty » vient d’acheter une maison à Saint-Astier, et Philippe Cornet lui demande de se présenter aux municipales, face à Jacques Monmarson. Élisabeth Marty affiche clairement sa farouche indépendance, écoute, prend du recul, soumet sa famille à la question. Elle a besoin de l’assentiment de la garde rapprochée sentimentale de son époux et de sa fille. Elle partira, la fleur au fusil, dans une certaine confusion à partir de laquelle elle va bâtir une équipe, un programme. Elle est élue, mais minoritaire, dans l’opposition. Tout est verrouillé et elle se sent démunie. Elle prend une nouvelle fois du recul, réuni sa maigre mais fervente troupe. Durant six années, avec une association dans laquelle se retrouvent les élus de l’opposition mais aussi les sympathisants elle va mener son travail avec une intransigeante rigueur et une totale rectitude. Un journal sera édité quatre fois par an, des réunions d’informations seront programmées, des moments de convivialité avec des « Garden party » qui réunissent plusieurs dizaines d’amis. Peu à peu, sous l’ombre tutélaire et aveuglée du maire elle prépare la prochaine échéance sans pour autant imaginer être la tête de liste. Elle est de toutes les manifestations officielles et s’intègre dans la petite société astérienne. Elle se veut humble, attentive et porteuse d’un esprit d’équipe.

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La philosophie d’action : «  Plus on me dit que je vais perdre, plus ceci me rassure » 

En 2012, Philippe Cornet, toujours lui, fin connaisseur des « espoirs » de son camp propose à Élisabeth Marty d’être sa suppléante à l’occasion des élections législatives. « Ca te servira pour les prochaines municipales » lui lâche-t-il. Même si cette idée lui paraît encore incongrue, elle accepte. Elle apprendra beaucoup sur les mœurs politiques et la façon de mener une campagne. Elle n’adhère toujours pas à l’UMP qui ne manque pas de lui faire des clins d’œil. C’est un nouvel échec qui ne la déroute pas, au contraire. «  Plus on me dit que je vais perdre, plus ceci me rassure » dit-elle aujourd’hui.

La tragique disparition de Philippe Cornet en juin 2013 l’affecte profondément et lui donne un sentiment d’héritage à entretenir et de victoire à assurer. Mais, elle ne se sent pas à l’aise dans un appareil politique et ne transige en rien sur sa liberté et son engagement. Élisabeth Marty est une sentimentale, et il n’y a rien de plus puissant que cet état pour réussir.

Fin 2013 marque le temps des préparatifs pour le choc des élections municipales qui se profilent. Ses amis la pressent de se présenter. Encore une fois elle prend du recul avec sa famille sans laquelle rien ne peut et ne doit se faire. Cette dernière l’encourage et elle se soumet à ce défi qu’elle ne conçoit que comme une victoire. Elle est face à un homme particulièrement rompu à la politique et qui reste un symbole pour la gauche départementale. Elle sent que celui-ci est trop assuré de sa réélection et mesure que sa campagne est de pure forme, qu’il n’a pas apprécié la volonté de changement et le rajeunissement des Astériens. De plus, le sortant ne peut concevoir d’être battu par une femme. Les temps ont changé et il n’a pas su apprécier ce moment de vérité. Il est comme hypnotisé par le pouvoir détenu.  Ainsi, pointe cette phrase de Jean de La Fontaine : « nous n’écoutons d’instinct que ceux qui sont les nôtres ; et nous ne voyons le mal que quand il est venu. » Élisabeth Marty sait, de son côté, que ce sont autant de talons d’Achille qu’il lui faut simplement laisser amplifier. Les six années passées lui ont permis de planter et entretenir son verger et elle sait que la récolte est venue sans que son adversaire n’en prenne la mesure. Si la victoire est acquise elle sera totale et inattendue. Avec une cinquantaine de personnes Élisabeth Marty va parachever durant trois mois son œuvre sans que son adversaire ne réagisse véritablement.

L’annonce de l’époux : « Élisabeth c’est bon ! »

DSC 0008Ce 23 mars, Élisabeth Marty visite les bureaux de vote. Elle a en tête ce qu’elle appelle l’insolence, la vanité et la médiocrité auxquelles elle a été soumise mais aussi ce que lui disait Philippe Cornet : « Dans une campagne il faut toujours être devant » ; ou encore Alain Lamassoure, ancien ministre : « Si l’adversaire te critique c’est qu’il n’a rien d’autre ». Élisabeth a appris à mettre une cuirasse mais elle n’oublie pas l’essentiel de sa vie : ses amis, son époux et sa fille.

La tension est palpable dans les bureaux de vote. Elle se réfugie dans sa permanence avec un sandwich difficile à avaler. Jean-Pierre, l’époux, l’appelle, lui donne des nouvelles, la rassure. Pense-t-elle, durant ces instants à un de ces écrivains préférés, Primo Levi ? Lui qui disait : « Ce qui m’intéresse, en fait, c’est la dignité et l’indignité de l’homme. Ce qui m’intéresse, c’est le comportement humain, que j’ai eu l’occasion de découvrir sous différentes formes. »

A 18 heures 20, Jean-Pierre l’appelle : « Élisabeth c’est bon ! » Il lui faut sortir et affronter toute étourdie la foule qui s’amasse dans et hors la mairie. Elle cherche instinctivement son époux et sa fille, « mes boussoles » dit-elle. Élisabeth ne  voit  pas la page qui se ferme ; celle voit une page qui s’ouvre. Terrible et exaltante, dangereuse aussi. Elle reconnaît avoir pleuré tant l’émotion était intense. Les femmes ont une approche différente des hommes sur l’exercice du pouvoir. Il y a chez la plupart d’entre elles l’incessant rappel à la vie, la maternité et la responsabilité que celle-ci impose. Ce devoir est inaliénable et inaltérable. Il en va souvent de même dans leur vie publique.

Face au champ de mines

DSC 0038Même si elle s’était préparée à la victoire – elle n’avait prévu qu’un seul discours, celui de la victoire – Élisabeth Marty a du s’immerger dans une institution qui était tenue depuis presque quatre décennies par un homme. Autant dire que des habitudes et des méthodes avaient eu le temps de s’ancrer profondément dans les esprits. C’est un phénomène naturel mais qui met le nouvel élu face à un véritable champ de mines. Bien qu’élue de l’opposition entre 2008 et 2014, Élisabeth Marty avait vécu la vie municipale à la marge ; la majorité préservant son pouvoir et son exercice avec une grande énergie, ne laissant à l’opposition que le rôle délimité par la loi, c’est-à-dire, dans les faits, inexistant.

Au bout de trois jours, Élisabeth Marty a abandonné son activité professionnelle pour se consacrer intégralement à son action municipale tout en faisant voter une diminution de 20% des indemnités au maire et ses adjoints. « Pour l’exemple, car il y a trop de gens dans la difficulté » dit-elle. Entrepreneuse et gestionnaire avertie elle a déjà annoncé que les départs à la retraite ne seraient pas remplacés. « C’est la première façon de diminuer le budget de la commune et de stabiliser les impôts locaux qui sont trop élevés » explique-t-elle. Elle veut réduire le budget de fonctionnement et augmenter le budget d’investissement pour rénover et embellir Saint-Astier, soutenir l’activité économique. « Saint-Astier est une ville qui doit se développer autour du tourisme ; il faut donner envie d’y venir et d’y consommer ; je veux que la ville devienne un vrai chef-lieu de canton, une destination… » dit-elle. Elle va aussi mettre en œuvre la création d’une Maison de santé dans les deux prochaines années.

Elle a immédiatement rencontré tout le personnel communal afin de se présenter, les informer et donc rassurer. Le budget lui a pris énormément de temps car il y avait besoin d’une mise à plat et des explications à établir sur certaines dépenses. Si elle ne veut pas polémiquer elle n’entend pas moins appliquer ce pour quoi elle a été élue. D’ailleurs, elle préfère que l’on dise que c’est une équipe qui été élu et non elle seule. Un élégant pragmatisme.

Les méditations sur la condition humaine

Elle entend préserver tout autant sa vie de famille qui est sa fameuse boussole. Rien ne se décide sans l’assentiment de celle-ci. Même quand on lui parle des prochaines cantonales où on la presse d’aller elle adopte toujours la même tactique : le recul, l’échange familial et après… Après ? Elle souhaite se consacrer totalement à son mandat de maire  et de dire : « je suis contre le cumul des mandats. Quand on travaille dans une entreprise à temps plein on n’a pas le temps et la santé pour travailler dans une autre… » C’est dit.

Et puis Élisabeth Marty aime le saumon fumé accompagné de pommes de terre tièdes, le blanc sec avec du fromage de chèvre, les voyages, la lecture et les méditations sur la condition humaine. Ce dernier point, qui n’est pas le moindre, forme un mélange à la fois intime et sémillant qui se traduit dans la fusion permanente avec laquelle elle vit ses engagements. En amour, en amitié et en politique. 

Texte et photos : Pascal Serre


 

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