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Jacques Monmarson : " La gauche est en grand danger"

 Au soir du premier tour des élections municipales de mars dernier Jacques Monmarson était sonné. Personne n’avait prévu sa défaite face à son opposante Elisabeth Marty ; les bouteilles de champagne était même au frais. Celui qui avait été parmi les plus jeunes maires de France en 1977 mordait pour la première fois la poussière mettant au diapason la soirée électorale. Dans la foulée il donnait sa démission de l’Union des maires de la Dordogne qu’il présidait depuis avril 1990. Jacques Monmarson qui disait quelques années auparavant « Sans être un tueur, il faut éviter d’être tué » avalait le calice d’amertume.

Le regard d'un homme libre

Aujourd’hui il pose son regard d’homme libre sur la situation politique. Avec réalisme, pragmatisme. Il a toujours été un électron libre et il entend le rester. En 1991, déjà, il avait claqué la porte du Parti socialiste suite aux déchirements du Congrès de Rennes. Un temps Rocardien il avait flirté avec les Fabiusiens. En 1995, ses « amis socialistes » le considérait mollement flou, pas sûr : un an plus tôt il avait battu le candidat investi par les socialistes aux cantonales. En 1998 il tentait de se faire élire sénateur, sans succès. Il rentrait dans le rang socialiste. Il devenait, en 2008, premier vice-président de l’Assemblée départementale chargé des finances, puis suppléant de Bernard Cazeau élu au Sénat en 2008.

MONMARSON-03

Homme de consensus il réussissait à faire taire les oppositions et inimitiés au sein de l’Union des Maires de la Dordogne. Il en a fait une organisation représentative des intérêts publics dégagés des appareils politiques. Une présidence qui fait l’unanimité et qui amené, le soir de la défaite de Jacques Monmarson de nombreux appels de réconfort de tous les côtés.

Autant dire que la défaite de Jacques Monmarson est plus que symbolique. Celle-ci, selon lui est due au contexte national ; ce n’est pas faux mais pas seulement ; trop assuré et rassuré, il n’a pas mesuré le travail millimétré de son adversaire et, aussi, une modification profonde de son électorat rajeuni et qui commençait à vouloir changer. Le candidat à sa succession a-t-il oublié ce précepte de Chateaubriand : « C’est un effet de notre faiblesse que les vérités négatives sont à la portée de notre monde (…) Un sot vous dira aisément une bonne raison contre, presque jamais une bonne raison pour. »

Son départ de l’Union des maires de la Dordogne a ouvert la boite de Pandore

Son départ de l’Union des maires de la Dordogne a ouvert la boite de Pandore. Jacques Monmarson est désolé par la guerre ouverte entre le président par intérim, socialiste, Bernard Vauriac et l’UMP Thierry Boidé. « Bernard Vauriac n’a fait que suivre la règle coutumière, non écrite... » explique l’ancien président qui soupire : « j’ai toujours privilégié le dialogue et ça a marché durant presque un quart de siècle. La répartition des présidences entre l’Union des maires, le Centre de gestion et le Centre national de la fonction publique territoriale a réveillé des appétits… C’est dommage, ça donne une mauvaise image… » 

« J’ai démissionné, ce n’est pas pour manœuvrer en sous-main. La page est tournée » 

MONMARSON-02Jacques Monmarson a refusé à Bernard Vauriac d’apporter son concours : « J’ai démissionné, ce n’est pas pour manœuvrer en sous-main. La page est tournée. » Ce qui ne signifie nullement qu’il n’ait pas son idée sur les évènements : « Thierry Boidé a les dents longues, c’est un vrai leader pour la droite, il ne s’est jamais caché sur ses intentions, il a les capacités et le contexte lui ait favorable. L’élection à la présidence sera, en tous les cas, difficile pour le candidat de la gauche. » Jacques Monmarson qui connaît sa carte électorale sur le bout des doigts estime que l’élection se fera par les 30% d’élus sans étiquette : « Dominique Mortemousque, par exemple, n’a pas dit son dernier mot. Son éviction de la présidence du centre de gestion l’a remis en selle pour les sénatoriales… » 

Jacques Monmarson considère que la situation actuelle de l’Union des maires est d’autant plus désolante que la présidence n’a aucune incidence sur les sénatoriales contrairement à ce que l’on dit. On voudrait le croire mais, en 1988, lors du décès de Lucien Delmas qui était président, Michel Manet, maire de Bergerac avait demandé à jacques Monmarson d’attendre que les élections sénatoriales de 1989 soit passées pour devenir président et de lui laisser la place…

Les sénatoriales. Jacques Monmarson les redoute pour sa famille politique : « Je vois mal la réélection des deux sénateurs socialistes. Le perdant sera vraisemblablement Claude Bérit-Débat qui a pourtant fait un bon boulot. Bernard Cazeau a un net avantage grâce à sa présidence du Conseil général qui lui permet une plus grande capacité politique. De même, il a su entretenir de bonnes relations avec le Parti communiste et ceci compte. La Droite, à l’issue de ses élections municipales bénéficie d’un plus grand nombre de Grands électeurs et cela pèserait, il ne faut pas se voiler la face. »

«  La réforme territoriale ? Les français s’en foutent… »

La réforme territoriale amenée par le gouvernement ne manque pas de titiller Jacques Monmarson : « C’est une mauvaise chose. Les français s’en foutent et ils veulent que l’on règle les problèmes du chômage et du pouvoir d’achat. » Le Premier vice-président du Conseil général, socialiste, ne partage pas du tout cette brusque poussée de fièvre qui s’empare de ses amis : « Je ne suis pas d’accord mais quand on est dans une majorité, on y reste. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne dise pas ce que l’on pense. Les français demandent que tous, droite et gauche confondues, chacun avec sa sensibilité, soient au travail. Dans la division et de la désunion les énergies se perdent. Je suis pour une réforme qui prenne en compte le travail de proximité des élus ; ce n’est pas le cas. Cette réforme, en l’état, ne doit pas passer. Il faudrait une modification de la Constitution. Nous prenons le risque d’une dissolution et d’un grave échec à la suite. Le PS, aujourd’hui est en grand danger. L’appareil politique peut aller à l’implosion. La droite qui elle est déjà au bord pourrait trouver des raisons de resserrer ses rangs. Nous allons vers une crise des institutions… »

« J’aurai un rôle à jouer mais je ne sais pas encore lequel »

Monmarson-04Désormais dans sa cure d’opposition à Saint-Astier, Jacques Monmarson affiche encore sa déconvenue mais regarde son devenir avec prudence : « Il faut laisser la tempête s’apaiser.» Faisant les « Mai » des nouveaux maires j’entends toujours les échos de ma défaite et du travail interrompu. Mais le verdict démocratique a ceci de bon c’est qu’il impose une remise en cause. 37 ans de mairie ont créé des habitudes peut être pernicieuses… Jacques Monmarson reprend : « Je suis né à Saint-Astier et je fais confiance au destin. Aujourd’hui, je suis toujours à l’Assemblée départementale et les enjeux, notamment de la réforme territoriale, me donnent du grain à moudre. Il ya tant de choses à faire pour répondre véritablement aux attentes de nos concitoyens. » Sur les échéances futures Jacques Monmarson est tout aussi circonspect : « Il y aura le sénatoriales et des législatives… Pascal Deguilhem, député de la circonscription a annoncé qu’il ne se représenterait pas. Qui prendra le relève ? J’aurai un rôle à jouer mais je ne sais pas encore lequel. Les municipales ? Je n’y pense pas à titre personnel mais là encore j’aurai a faciliter les choses. » Il est clair que le séisme de la défaite impose à Jacques Monmarson de tracer un autre sillon. En attendant, il espère bénéficier d’une élévation au grade d’Officier dans l’Ordre de la Légion d’honneur. Question de gommer la défaite et de poursuivre dignement sa route.

Texte et photos : Pascal Serre


 

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