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Jean-Pierre Roussarie : « les pieds dans le plat »

JPROUSSARIE-02En janvier 2006 Jean-Pierre Roussarie et Arnaud Le Guay participaient à la création du courant du Parti socialiste lancé par Arnaud Montebourg, "Rénover maintenant". Le président départemental en était Jean-Pierre Roussarie et Arnaud le Guay le Porte-parole. Une trentaine de membres et quelques réunions suivirent cette initiative. Deux ans plus tard, Jean-Pierre Roussarie était élu maire de Coulounieix-Chamiers face à son rival socialiste Michel Dasseux ; Arnaud Le Guay était, de son côté élu Maire-adjoint chargé de la culture dans l’équipe du socialiste Michel Moyrand. On y voyait plus clair. L’association pouvait s’assoupir faute d’objectif concret.

Comme par hasard, c’est encore à quelques mois des élections municipales que les deux hussards sortaient du bois et sonnaient les trompettes pour compter leurs troupes.

Si Arnaud Le Guay devait se retirer de la compétition municipale sur Périgueux c’était la conséquence naturelle de la mésentente entretenue avec Michel Moyrand dés 2008. Pour Jean-Pierre Roussarie la situation était nettement plus sereine.

« Des idées et des rêves », après son succès médiatique de lancée devait là-encore s’assoupir

JPROUSSARIE« Des idées et des rêves », après son succès médiatique de lancée devait là-encore s’assoupir. Il est vrai que Jean-Pierre Roussarie devait gérer sa victoire et Arnaud Le Guay avaler sa mise à l’écart. 

Dans les instances fédérales du parti socialiste on se rappelle le coup de sang du maire de Coulounieix-Chamiers lors de l’élection des Vice-présidents du Grand Périgueux : « Jean-Pierre est un grand émotif. Il n’a pas été bon mais depuis il a pris de la bouteille. »

Justement, à la fédération du Parti socialiste de la Dordogne on souhaitait resserrer les rangs après les déconvenues électorales et le contexte national qui allait de mal en pis ; la mise en sommeil autant médiatique que tactique du courant Montebourg répondait  à la conjoncture. Pour un membre de la commission exécutive du parti socialiste « Jean-Pierre a toujours été un trublion mais il sait aussi mesurer ses intérêts. Quand à Arnaud le Guay c’est un opportuniste rêveur et peu travailleur ». Dont acte.

Alors, lorsque en plein mois d’août, dans une obscure fête de la rose dans son département de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg décoche sa flèche contre François Hollande, de toute évidence ses partisans sont enthousiasmés, enflammés mais très vite pris de court par la démission forcée de leur mentor. 

Dés le lendemain, en Dordogne, alors que les candidats socialistes aux sénatoriales se présentent à la presse c’est un peu la soupe à la grimace. Bernard Cazeau n’aime pas le désordre, surtout dans son camp. Claude Bérit-Débat, habitué des rodomontades internes du Parti socialiste s’ancre dans l’orthodoxie socialiste : « On ne peut pas être dedans et dehors » puis de lâcher « On en a vu d’autres. »

De sa mairie de Coulounieix-Chamiers, Jean-Pierre Roussarie tente benoitement d’amortir la saillie : « Je ne vois pas en quoi il y a eu une faute ou un crime de lèse-majesté : continuer l’austérité est une aberration économique. » Il s’agit pour lui de garder le cap difficile entre sa conception politique de la France, sa fidélité à Arnaud Montebourg, et ses intérêts politiques locaux. Il sait aussi que l’appareil politique socialiste départemental est loin de lui être acquis et que tout écart pourrait infléchir sa position.

Jean-Pierre Roussarie, sous une apparente nonchalance est un fin calculateur

ARNAUD-LE-GUAYNé sous le signe chinois du rat, Jean-Pierre Roussarie est un militant syndical et politique, il en connaît les rouages. A 20 ans, professeur des écoles il adhère au Parti socialiste unifié en 1968 et rejoint le Parti socialiste en 1978 dont il deviendra un éphémère « patron » en 1988. « Le triste congrès de Rennes » comme il le qualifie sur son blog mettra la fédération départementale du Parti socialiste à feu et à sang ; il fera partie des « Quatre mousquetaires » désignés pour apaiser l’irruption des courants.

Il est élu aux municipales sur Coulounieix-Chamiers, sur la liste du très rocardien Michel Dasseux en 1989. Il claquera la porte en 2003 et rejoindra le Nouveau Parti Socialiste de Arnaud Montebourg.

C’est dans un face à face fratricide que Michel Dasseux et Jean-Pierre Roussarie s’affrontent aux élections municipales de 2008. Michel Dasseux, déjà battu un an aux législatives auparavant par un autre socialiste – Pascal Deguilhem – mord la poussière : Jean-Pierre Roussarie est élu Maire de Coulounieix-Chamiers. Jusqu’à sa disparition en juin dernier Michel Dasseux vouera une rancune tenace à son rival.

Jean-Pierre Roussarie, sous une apparente nonchalance est un fin calculateur. Si il n’a pas sa langue dans sa poche c’est souvent la conséquence d’un caractère émotionnel à fleur de peau ; mais, très vite, il se ressaisit et son adresse naturelle revenue, on le qualifie volontiers d’ondoyant. Un trait de caractère qui, sans un caractère trempé et un tempérament de « tueur » n’est pas suffisant pour mener de grandes choses.

Le grand soir des Périgordins

La Dordogne est avant tout une terre radicale et socialiste. Le « Grand soir » préféré des Périgordins c’est celui de leur personnage imaginaire fétiche : Jacquou. La centaine de personnes qui gravitent autour du courant de Arnaud Montebourg en Dordogne ont vu leur champion réunir 17,52% des suffrages lors de la primaire socialiste alors que François Hollande recueillait 48,08%.

A gauche toute, Front de gauche, Europe Ecologie Les Verts et divers gauche, totalisaient 19,91% aux élections législatives de 2012 ; au premier tour des présidentielles, Jean-Luc Mélenchon, 13,71% et Eva Joly, 2,13% ; Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (LO) totalisaient 1,94%.

La période de gloire du parti communiste est derrière lui et même si il possède encore quelques bastions locaux c’est avant du à de fortes personnalités et un contexte historique et sociologique particulier.

Même si on grogne dans les chaumières sur François Hollande, les Périgourdins ne sont pas des révolutionnaires dans l’âme. Ils sont républicains et avant tout légalistes. 

Benoît Secrestat, Premier secrétaire du Parti socialiste en Dordogne a, en 2011, signé la motion « Un monde d’avance » initiée par Benoît Hamon, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann. La même année, lors des primaires socialistes, il a aussi été un soutien de Martine Aubry. 

Germinal Peiro, dont Benoit Secrestat fut l’attaché parlementaire, s’engageait lui aussi dans un soutien sans faille à Martine Aubry.

Bernard Cazeau, à l’époque avait choisi Dominique Strauss-Kahn dont la victoire était claironnée ; puis il s’était tourné bon gré mal gré vers François Hollande. Le sénateur et président du Conseil général se retrouve plus à l’aise dans un costume de social-démocrate.

Claude Bérit-Débat, de son côté, recevait sur sa commune François Rebsamen et se déclarait en faveur de François Hollande.

Depuis, en bon périgourdin, au siège du Parti socialiste – Place Verdun – on résiste aux bourrasques à répétition. 

Une fédération au bord de l’implosion ?

SECRESTATDéjà, en juin 2009, au lendemain de la défaite socialiste aux Européennes, une motion fédérale évoquait « une sociale démocratie à l’agonie… » Après la déroute des dernières municipales un conseil fédéral avait vu tous les parlementaires être présents et s’entendre dire pas que des choses agréables. Puis, silence radio. Personne ne veut franchement s’exprimer en dehors des déclarations de pures formes de la direction. Dans les sections tout en maugréant sur Bernard Cazeau les militants reconnaissent qu’ils lui doivent leurs meilleurs succès. On n’oublie pas qu’entre 1994, date de l’arrivée de Bernard Cazeau à la présidence du Conseil général et aujourd’hui, la gauche est passée de 26 à 40 sièges. Mais, sous le couvercle de la marmite socialiste, les militants bouillonnent.

Jean-Pierre Roussarie, que Arnaud Montebourg vient d’inviter à son université de rentrée à Laudun-L’Ardoise, dans le Gard, les 4 et 5 octobre prochains a-t-il les moyens de peser dans une vie politique locale qui a ses particularités et ses spécificités ?

Rien n’est moins sur. Les prochaines élections sénatoriales marqueront un nouveau tournant. Soit les deux candidats socialistes sont élus et la famille socialiste retardera l’implosion ; soit, l’un des deux, pire les deux, sont battus et l’heure sera venue du solde de tout compte. Après avoir mis les pieds dans le plat, Jean-Pierre Roussarie sera-t-il celui qui lavera la vaisselle ? Ou se sera-t-il pris les pieds dans le tapis ? En tous les cas on sera loin des subtils débats entre « social-libéralisme » et « sociale-démocratie ».

Texte et photos : Pascal Serre


 

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