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La panne de la gauche radicale

220px-Yvon Delbos-1925-1C’est en 1972 que le Parti radical de gauche voit le jour. Le vieux Parti radical qui fit les heures fastes du parlementarisme français vit sa scission. Désormais le radicalisme sera bicéphale. La raison ? L’adhésion au programme commun et à François Mitterrand.

En Dordogne, ce courant de pensée a, depuis ses origines, reposé autant sur un solide socle républicain que sur des hommes brillants et des recettes d’enracinement où dominait le clientélisme rural. Les caciques périgourdins se rangent en ordre derrière la famille Baylet et le pharmacien de Villefranche-de-Rouergue, Robert Fabre, qui créent le Mouvement des radicaux de gauche. Désormais ils joueront les supplétifs du Parti socialiste qui gère ainsi leur fin de carrière. Les radicaux, après avoir été courtiers électoraux, sont passés à la condition de clients. 

Les dynasties radicales

89576008bonnet-georges-jpgQui se rappelle de Yvon Delbos ou de Georges Bonnet ? Sans oublier la stature de Maurice Faure, né près de Périgueux et se taillant un fief sans partage dans le département voisin du Lot ?

Tous surent concilier les goûts culinaires des comices agricoles et les ors de la République. Ce furent aussi de talentueux chef d’orchestre de réseaux faits de petits arrangements et grands apparentements.

Peu à peu, grignoté par un Parti socialiste judicieusement placé dans le sens du vent d’une société en mutation mais aussi par des barons de circonstances qui cultivaient leurs terres et non leur temps, les radicaux vont devenir de fragiles dinosaures et disparaître de Dordogne durant les deux dernières décennies du XXème siècle.

Alain Bonnet, fils de Georges, entretiendra la flamme radicale jusqu’en 1995 où il se retirera sur son Aventin. À cette époque, par ironie, il se murmurait que la dernière réunion des Radicaux de gauche se faisait dans une cabine téléphonique…

Le sursaut venu d’ailleurs

Le sursaut viendra d’une élection tempétueuse. En 2004, Yves Moreau enlève le siège de conseiller général détenu par la dynastie Queyroi classée jadis radicale et passée socialiste… Combat fratricide qui amène Yves Moreau, socialiste, dans les bras du Parti radical de gauche en quête de représentativité.

En 2008, l’ancien socialiste Christian Boucherie après avoir été conseiller municipal de Périgueux se fraye un passage sur Bergerac. Il a besoin d’un soutien. Ce sera le Parti radical de gauche dont il devient président départemental laissant la présidence d’honneur à Alain-Paul Bonnet. Il entre au conseil municipal de Bergerac. Il sera accompagné de Françoise Rény, ancien cadre bancaire. Élue maire adjointe de Bergerac elle préside la fédération aquitaine du Parti radical de Gauche. Les dernières élections municipales auront raison de ces ardeurs passagères.

Citons aussi Jean-Paul Jammes, maire de Pomport dans le Bergeracois. Il a été élu en 1995 et entame son quatrième mandat en 2014. Il flotte sur cet îlot radical soit un côté « radeau de la Méduse », soit un côté maquisard. Au choix.

La traversée du désert des radicaux

Christian-Boucherie-et-Francoise-Reny

SIMONNET  LE BAILLa petite flammèche radicale rassemble quelques déçus du socialisme, des républicains convaincus, tout au plus une cinquantaine d’adhérents. La longue et pénétrante histoire du radicalisme possède toujours une aura si faible soit-elle.

Lors des dernières législatives, la socialiste Béatrice Patrie s’opposant aux accords nationaux qui réservaient à Brigitte Allain – Europe Ecologie Les Verts – la circonscription de Bergerac s’est tournée vers le Parti Radical de gauche avant que de rentrer dans le rang. En Dordogne, de faiseur de rois à supplétif du Parti socialiste, le Parti radical de gauche est aujourd’hui en panne.

En 2012, les résultats des dernières législatives qui permettent aux radicaux de gauche de constituer un groupe autonome à l’Assemblée nationale et l’entrée au gouvernement de deux représentants signent avant tout l’allégeance tactique de leur président national, Jean-Michel Baylet. Ce dernier était, faut-il le rappeler, en cas de candidature à la présidentielle crédité de moins de 1% des intentions de vote.

Le Périgord n’est pas le Tarn-et-Garonne où le patron de La Dépêche du Midi règne sans partage sur un empire de presse et un royaume républicain trouble mais solide. Pourtant, signe d’une usure d’un système où l’on joue de la carotte et du bâton, les dernières élections sénatoriales ont vu la mise à l’écart de Jean-Michel Baylet qui, désormais, entend en découdre avec les socialistes de son département autant qu’au niveau national. Il ne serait pas surprenant que celui-ci quitte avec ses troupes une majorité au bord du précipice. Question d’opportunisme familial plus qu’idéologique.

jean-paul-jammesLa Dordogne n’est qu’une province éloignée du radicalisme abandonnée en jachère au profit d’un Parti socialiste hégémonique qui se satisfait de la fenêtre de tir désormais obstruée des radicaux de gauche.

Pourtant, l’héritage local passée aux mains des historiens n’a en rien, dans ses valeurs, ses hommes et ses destinées, perdu de son actualité. Mais sa lumière d’antan s’est transformée en ombre et le rapproche du désert politique. La traversée du désert, plus ou moins longue, implique que l’on en sorte. Et la sortie est loin d’être assurée. L’absence de leader charismatique est le premier handicap qui explique cette situation. On cherche désespérément… une homme ou une femme providentiel. 

La comète Patrie

Béatrice PATRIELe ralliement de l’ancienne députée européenne socialiste Béatrice Patrie a démontré une fois de plus que le « parti » reste un recycleur d’ambition contrariée. Celle-ci a rejoint le Parti socialiste en 2001 après avoir été au Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement. Dissidente socialiste aux législatives de 2012 elle est exclue et se range sous la bannière du Parti radical de gauche qui la bombarde derechef secrétaire nationale en charge des affaires européennes. En mai 2012, les élections présidentielles consommées, elle est démise de toutes ses délégations de maire-adjoint de Bergerac par le maire socialiste Dominique Rousseau. Même si la raison invoquée – absences dans les instances municipales – semble réelle on ne peut que penser à un règlement de comptes.  La comète « Patrie » est trop éloignée des intérêts de Jean-Michel Baylet pour que ce dernier puisse la soutenir. Les déclarations du président départemental, Christian Boucherie, sont de pures formes.

Un an plus tard, les instances fédérales du Parti socialiste de la Dordogne arriveront à lui barrer sa présence aux élections européennes de mai 2014. Béatrice Patrie est bien seule ; son parti ne peut que subir cette mise à l’index. Désormais elle est en embuscade et attend sa vingt-cinquième heure. 

La Sainte Couronne des socialistes

YVES-MOREAU-02Alors que se profilent les élections départementales et régionales, Yves Moreau, maire et conseiller général de Hautefort, qui ne se représentera pas aux élections départementales, lorgne sur une liste indépendante du Parti socialiste menée par Béatrice Patrie pour les prochaines régionales, en décembre 2015.

La rencontre prévue fin octobre avec Benoit Secrestat le Premier secrétaire de la fédération du Parti socialiste de la Dordogne, risque d’être orageuse. Les radicaux de gauche considèrent qu’ils n’ont plus rien à perdre et que désormais la fenêtre de tir est chez eux. Pour Yves Moreau qui est aussi Vice-président du Parti radical de gauche en Dordogne « on va nous refuser l’accord sur les deux territoires où nous allons présenter des candidats pour les élections départementales et cette fois ce ne sera pas négociable. Je crois que l’échelon régional bien ordonné avec le département est une chance pour que les radicaux qui sont des gens de terrains puissent répondre à la désespérance actuelle. » Et Yves Moreau de dire : « Nous avons la capacité de mener une liste autonome aux prochaines élections. Nous revenons à l’essence même du radicalisme né dans les terroirs et qui savait s’occuper des gens. » 

Les candidatures de Jacqueline Simonnet – conseillère municipale d’opposition à Bergerac - et de Sylvain Le Bail – ancien fonctionnaire de police connu pour ses livres - pourraient être dévoilées prochainement… Pour les socialistes, même si le danger est faible, ce serait une épine supplémentaire dans un contexte  politique particulièrement anxiogène. La Sainte Couronne, celle composée d’épines posée sur la tête du Christ, celle désormais des socialistes, comporterait donc quelques épines venues de la Garonne.

Les radicaux de gauche reviennent ainsi à leurs origines qui sont celles des territoires ruraux et des identités familiales. Mais la sociologie électorale n’est plus celle de la Troisième République, apogée du radicalisme. Les terroirs et les familles caractérisés par la ruralité sont aujourd’hui dévastés par l’accélération des échanges planétaires autant que celle des technologies. Le monde d’aujourd’hui n’est plus celui du « Petit Père Combes » ni même celui de la « dynastie Bonnet ». Parfois, il y a des pannes qui transforment toute chose en épave ou mieux, en « Collector ». La reconquête est au prix de cette cruelle incertitude.

Texte et photos (sauf photo d'introduction : Présidence de la République)  : Pascal Serre 


 

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