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La droite fait son passage de la mer rouge


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Les meetings ont cela de bien c’est que, à la sortie, les participants sont assurés que la victoire est dans leur poche. On est loin des bons vieux débats contradictoires de jadis qui donnaient un piment particulier aux spectateurs et aux prétendants une heure de gloire arrachée entre deux invectives plus ou moins bien senties.

Depuis belle lurette les candidats se retrouvent face à un parterre par avance acquis et dont ils doivent faire vibrer la fibre et entrainer les plus vifs applaudissements. Le meeting est un espace sacré réservé aux congratulations. 

Ce jeudi soir, à la salle de la filature, à Périgueux, à l’occasion du meeting de clôture des candidats de la Droite Périgourdine locale, le rituel a été parfaitement respecté. Aucune surprise. Les méchants étaient ailleurs ; les gentils étaient dans la salle.

On peut être convaincu, que dans les camps adverses le spectacle fut de la même veine. Un meeting, c’est une meute de louveteaux réunis autour du loup. Les techniciens préfèrent parler à cette occasion de marketing politique, de communication politique.

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Moïse menant son peuple sur le mont Sinaï

On était loin des foules et la liesse était mesurée, presque compassée, en tous les cas prévisible car bien suscitée par les orateurs patentés. Un peu plus de deux cents fidèles, un panel représentatif d’une géographie harmonieuse et provinciale encore embuée par la victoire de son camp, lors des dernières municipales.  Il y avait un quelque chose de la France éternelle si chère à Jacques Chardonne et j’imaginais ce que le terrifiant Céline aurait pu écrire sur cet aréopage réuni dans cette agora monolithe et de marbre gris. Etait-ce Voyage au bout de la nuit ou Mort à crédit ?

Le patron de l’UMP, archonte éponyme, Jérôme Peyrat, a circulé dans un dédale de lieux aussi communs qu’efficaces pour cette assemblée sans surprise et toute ébaubie et même foudroyée par l’onction de l’Olympe révélée. La frénésie attendue à l’annonce du « Grand soir » restait vermoulue et ouverte aux détenteurs de courants d’air.

Antoine Audi, offensif et pugnace a chauffé un auditoire qui se laissait porter par la multiplication des pains. C’était, en quelque sorte, Moïse menant son peuple sur le mont Sinaï. Le maire de Périgueux a utilisé la symbolique du moment pour faire entrer son peuple dans le pays de Canaan. 

Selon lui, l’éclipse attendue n’est pas que celle du soleil mais celle des socialistes. La grande marée, aussi, c’est celle qui sera bleue, la couleur de son parti qui n’a rien à voir avec une marine qui ne peut qu’être à voile. Et tout ceci, ce sera dimanche. Entre la messe dominicale et les vêpres. On pouvait même croire qu’il n’était pas nécessaire de plonger son bulletin de vote dans l’urne.

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Comment ne pas imaginer que dans cette traversée de la mer rouge il y aura beaucoup de noyés ?

DSC 1128Voici le maire de Périgueux comparant les socialistes à des alchimistes qui transforment l’or en plomb. Antoine Audi, c’est une équipe de rubby à lui tout seul. C’est à la fois un demi de mêlée, demi d’ouverture, centre ou ailiers, un peu moins arrière. Le voici vantant Michel Onfray, penseur de gauche, forcément atypique, qu’il invite au prochain salon du livre gourmand car, comme il le rappelle, il a écrit ceci : « Je préfère une idée juste, de droite, à une idée fausse, de gauche. » Ah le provocateur ! Et ça ne déplait pas au tombeur du socialiste patenté qu’est Michel Moyrand. Antoine Audi ne déteste pas les attaques ad hominem et ne lésine pas sur celles-ci. Les potentats socialistes y passent tous. Du sénateur Claude Bérit-Débat : « prototype même du raté dans la vie et qui veut s’imposer en politique » ; du député Germinal Peiro : « il présente un projet pour l’horizon de 2050 et j’ai calculé, il aura 97 ans… » ; du président sortant, Bernard Cazeau : «  qui a transformé le département en résidence pour personnes âgées des élus socialistes. »

Ne demandez pas le programme. Comme cela devait être aussi dans « l’autre camp », ça se résume à un « avec nous, tout ira mieux demain. » Comment, dés lors, comprendre que, en aparté, les candidats soient effrayés par l’abstention pour le mieux, par un vote populiste et populaire pour le pire ?  Comment ne pas imaginer que dans cette traversée de la mer rouge il y aura beaucoup de noyés ?

« Quand l’adversaire est à terre, on lui marche dessus » 

DSC 1125Et puis, cette phrase du tenancier de l’hôtel de ville qui pourrait faire frémir : « Quand l’adversaire est à terre, on lui marche dessus. » Tonnerre d’applaudissements. Que celui qui a dit qu’il nous fallait une vie politique apaisée lève le doigt. Naturellement, c’est une image dira-t-on. Je n'en veux point douter.

Sur l’estrade, assis face à la foule des convertis, les candidats sont déjà des miraculés et leurs yeux clignotent comme un sapin de noël. Il leur manque un cierge à la main.

C’est le moment où les communiants vont s’approcher du lutrin un temps transformé en perchoir, pour lancer leurs lettres de cachets qui sont autant de cacahouètes juste bien grillées. Chacun, en trois minutes, va exposer son catéchisme. La catéchèse est simple : « On va gagner », « on est les meilleurs », « ils sont nuls ». Tous ont les mains et les pieds sur le cœur. La république est sauvée ! Nous voyons même la terre promise grâce au rétroprojecteur qui diffuse des images de campagne. C’est généreux, c’est beau. On sera rassuré, jusqu’à la porte de notre maison.

Alors, reprenant L’Évangile selon Pilate  je tirerais cette phrase : « Beaucoup de Nazaréens me considéraient comme un mauvais pratiquant : j'allumais mon feu le jour du Sabbat, je soignais un petit frère ou une petite sœur malade même le jour du Sabbat. » Nous le savons trop bien, il n’est jamais bon d’être un enfant libre. Le contraire d'un militant. A droite comme à gauche. Question d’organisation, d’ordre.

Ecartant les prospectus publicitaires sur papier recyclé des communiants, j’ouvrirais Les Poètes maudits de Paul Verlaine. Un hommage au Parnasse français « décadent » qui marqua la fin du Second Empire et les débuts de la Troisième République.

Texte et photos : Pascal SERRE


 

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