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Duel Bousquet/Peiro : le coq et le renard

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Il est dix-huit heures ce mardi 24 mars. Une petite centaine de journalistes et d’affidés se retrouvent au centre de la communication, à Périgueux. Face à eux, sur la scène, séparés par trois journalistes, Dominique Bousquet est immobile tel un bouddha et Germinal Peiro se veut plus patelin. Le premier fixe intensément le second qui lui offre un regard paresseusement baladeur qui peut se surprendre tout aussi pénétrant. La salle est presque silencieuse. Des professionnels de la claque et une poignée d’observateurs oscillant entre la langueur et l’attente de la petite phrase assassine sont là.

Marie-Sylvie Prud’homme, rédactrice en chef de France bleu Périgord fait office de héraut d’arme : « Ce sera le seul débat public de l’entre deux tours » Les deux chevaliers peuvent entrer en lice. C’est Dominique Bousquet qui a le premier la parole. La voix est martiale et l’amour pas franchement courtois. Ses chiffres sont autant de lances que son rival reçoit sans être désarçonné. Le premier se fait coq et le second renard. Le premier sait qu’il joue une partition difficile voir impossible ; il doit attaquer et tenter d’affaiblir son adversaire ; il ne le mettra pas à terre. Le second doit oublier qu’il va être vainqueur ; il doit rassurer et se faire matois ; il ne doit pas humilier.

On s’étrille sur de petites et de moins petites choses

PEIRO01Dominique Bousquet, tout en raideur, multiplie les saillies. Il faut le freiner, l’arrêter. Germinal Peiro finit par succomber et de renard il devient coq ce qui ne trouble nullement son adversaire à la lame acérée. On s’étrille sur de petites et de moins petites choses. Dominique Bousquet : « Vous semblez découvrir ce que vous auriez du faire« ; Germinal Peiro : « depuis 26 ans que je siège avec vous j’attends toujours une idée. » Grondement dans la salle.

On imagine, à l’extérieur, les personnes qui passent à pied, en voiture ou en bus, et qui au mieux, ignorent ce tournoi et, au pire, s’en moquent. La moitié des Périgourdins n’a pas voté dimanche dernier. Il y en aura autant dimanche prochain. Ceux qui sont là sont candidats à quelque chose ou écuyers attachés d’une façon ou d’une autre au destin des deux chevaliers. On est totalement entre soi.

Entre deux rosseries, Dominique Bousquet dira bien « vouloir donner la priorité à l'économie qui créé de la richesse et de l'emploi » mais, sans préciser comment. Il veut faire des économies dans le budget du Conseil départemental, mais n'est pas très convainquant sur les mesures justifiant son objectif ; il ne fera pas de suppression de postes, seulement des départs à la retraite non remplacés et des contrats non renouvelés. Et le leader de la droite de conclure : « et puis, le conseil départemental ne doit plus être une pépinière socialiste...» Le coq est de retour.

Germinal Peiro, de son côté, évoquera son plan pour la jeunesse -« il faut aider les jeunes à rester  en Dordogne » lance-t-il, le plan numérique, les routes, Lascaux... et pour les financements s'appuiera sur l'Etat qui reste ainsi très providence. Le candidat socialiste voudrait rester renard mais, aiguillé par son rival, le goupil sent pousser la crête du coq puis retrouve sa fourrure.

Le chef de meute et le troubadour

Dominique Bousquet : « A force de vous donner des conseils vous finissez par les écouter » ; Germinal Peiro : « ne soyez pas désagréable ou agressif. » Marie-Sylvie Prud’homme interrompt et tente de ramener l’ordre. Le coq et le renard baissent les yeux comme des petites enfants pris le doigt dans le peau de confiture. Dominique Bousquet ne tombe pas sa garde, même quand il ne parle pas et fixe son interlocuteur. Germinal Peiro esquive et cherche ailleurs son flegme, surtout quand il écoute.

L’un est un chef de meute qui est en chasse, toujours et encore dans une opposition farouche ; l’autre, un barde, un troubadour que son roi a désigné et qui appris depuis longtemps la chanson « aux marches du palais ».

DEPART

C’est double plaisir de tromper le trompeur

Les dérapages contrôlés ou pas n’amènent pas les attelages dans le fossé. C’est qu’il faudra en découdre jusqu’à dimanche. Il faudra aussi continuer à s’étriper pour exister ; après, quand il y en aura un qui sera président et l’autre qui ne le sera.

Tout semble convenu car, au fond, c’est seulement l’importance de la victoire l’un et la défaite de l’autre qui sont en jeu. Ils le savent et simulent de ne pas le voir, l’entrevoir même. Et nous revenons à la fable de ce bon monsieur de La Fontaine, celle du Coq et du Renard : « adieu, dit le renard, ma traite est longue à faire, nous nous réjouirons du succès de l'affaire une autre fois.» Le galant aussitôt tire ses grègues, gagne au haut, mal content de son stratagème. Et notre vieux coq en soi-même se mit à rire de sa peur; car c'est double plaisir de tromper le trompeur.

Texte et photos : Pascal Serre


 

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Les gazouilladesde Pascal Serre

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MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

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