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Élections départementales : une gauche version vintage

DSC 1240Depuis dimanche soir, on le sait, la Dordogne est entrée en résistance face à la vague bleue aux cinquante nuances de gris qui traverse la France. Les candidats, les militants et dirigeants des formations de la gauche ne s’y attendaient pas. « Pas à ce point » souligne en aparté un candidat socialiste. La droite, aussi, quoique par nécessité dans sa posture de conquête n’en ait pas encore revenu. Alors cette réunion de la gauche, de toute la gauche que l’on peut appeler un meeting prenait progressivement des airs de fête. Mais une fête à laquelle les participants avaient quand même du mal à croire. Il fallait tout un rituel, des signes et des symboles, des idées et des mots plongés dans les racines des combats d’un temps déjà ancien, celui de l’union de la gauche et du programme commun qui avait mené au pouvoir toute une génération, celle de l’après 68, celle que l’on voudrait affubler de « génération Mitterrand ». Mais, ce style vintage avait gommé les sigles et la chanson de Herbert Pagani sur la musique de Mikis Théodorakis, créée en 1971, « Changer la vie » avait disparu, tout comme l’Internationale si chère à Eugène Pottier.

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Une fumerie d’opium

PEIRO-copieJacques Auzou, maire communiste de Boulazac, l’avait prévu depuis deux semaines : « Je m’étais déjà entendu avec nos partenaires pour que nous nous retrouvions entre les deux tours ici. » Le ban et l’arrière-ban des familles de gauche souvent issus de ces années de conquête et devenus entre temps les comptables de leurs idéologies contrariées, les chevelures blanchies ou dégarnies, échangeaient leurs espoirs autant que leurs doutes. On souriait en coin sur cette improbable situation née dimanche dernier. On se donnait des frayeurs sur ce Front national que l’on habillait des pires actions. La victoire ne serait pas celle de la gauche mais celle des républicains prise sur les fascistes. Une rhétorique. Balayage, encore, sur les désunions nées dans les querelles de famille et de voisinage des marginaux irresponsables, marginaux.

Les candidats venus ici comme dans une fumerie d’opium sont disséminés sur les premiers rangs et semblent bien souvent hébétés par leur propre situation ; aucun triomphalisme, presque le contraire. Militants et sympathisants passent progressivement de la défiance à l’incertitude puis à l’enthousiasme vainqueur. C’est, de toutes les façons, la raison d’être de cette grand-messe laïque.

Il y avait toutes les pages de l’histoire de la gauche départementale

Les 400 participants venus des quatre coins du département donnaient à cette rencontre un effet de masse, de force, une adhésion commune aux valeurs de la république que les cinq intervenants posaient comme le « socle de cette union » qui ne pouvaient pas être que de circonstances. Les appareils politiques – Parti socialiste, Parti communiste, Parti radical de Gauche et Entente Ecologie Les Verts – pouvaient être satisfaits. Même si les banderoles étaient absentes, même si tout sigle avait été méthodiquement écarté, les participants étaient tous de gauche, tous marqués dans leur destin par un combat. Il y avait là toutes les pages de l’histoire de France et de l’histoire locale. Celles de la gauche. On approchait, pour les organisateurs, de la réussite.

L’alchimie de la gauche doit réenchanter le monde

DSC 1209Le Parti radical de gauche, représenté par un ancien socialiste, Christian Boucherie, bien qu’ayant perdu son dernier élu à l’assemblée départementale, a voulu restaurer le temps ou Robert Fabre et Michel Crépeau avaient une légitimité électorale. Christian Boucherie  se fendra d’un : « J’en appelle à l’unité. Il ne doit pas y avoir d’états d’âme ; seulement des états de service. »

Puis, ce fut Brigitte Allain, députée de Entente Ecologie les Verts qui a tenté de réduire les dissonances de ses amis et les diluer dans le berceau de l’union de la gauche retrouvée.  Et de lancer : « il nous faut changer de logiciel ! »

Laurent Péréa, patron des communistes, après avoir rappelé le drame du crash de l’airbus qui a frappé le pays, retrouvait les accents de la lutte des classes et plaçait son parti dans l’orbite majoritaire départementale en rendant hommage au président socialiste sortant Bernard Cazeau. Il saluait aussi les communistes battus : « Francis et Jean-Claude ». [Francis Colbac et Jean-Claude Pinault - Ndlr] Si, comme partout ailleurs, le Parti communiste s’est réduit en nombre d’élus, ses derniers bastions tenus par deux personnalités, Jacques Auzou et Armand Zaccaron, reste une pièce mythique dans cette gauche historique. Laurent Péréa dira : « Il faut retrouver le chemin perdu au sein du siècle passé » ou encore « L’alchimie de la gauche doit réenchanter le monde ». Les spectateurs se lèvent et applaudissent. La mécanique et la dialectique marxistes sont toujours d’actualité. Le pathos de la gauche est ainsi sauvé.

« Ce soir, c’est le projet de toute la gauche »

Le temps est arrivé pour Germinal Peiro de s’élever au lutrin. Le très probable futur président du Conseil départemental va remercier, féliciter, rappeler les amitiés et conforter ses alliances. Il fait applaudir Bernard Cazeau décidément très apprécié alors que, dans une autre vie, Germinal Peiro disait pas forcément sur lui que du bien. Il se tourne vers Jacques Auzou dont il vante les qualités les meilleures, il se tourne encore vers Brigitte Allain « une amie » mais aussi vers Christian Boucherie « dont nous partageons les mêmes valeurs » et qui en sourit poliment. Le candidat Peiro est prêt pour entamer la seconde partie de son intervention : son programme, enfin le programme de l’union de la gauche ; il le dit : « Ce soir, c’est le projet de toute la gauche. »

Dans la  fumerie d’opium la sédation fait son effet

DSC 1213Désormais, le député en attente d’une nouvelle couronne de lauriers, va se faire politique et même pédagogique. Il va durant une vingtaine de minutes présenter son programme qui doit réenchanter au moins le public qui lui fait face. Il le sait, il n’aura pas de contradiction, au contraire. Aux généreuses envolées oratoires qui ont chauffé la salle, Germinal Peiro se place comme le « patron », celui qui porte un projet et qui devra en assumer la responsabilité. Tout ce qui est annoncé emporte l’adhésion ; il ne peut en être différemment tant que l’on n’entre pas dans les hasardeux financements. On n’est pas venu ici pour jouer les boutiquiers et se perdre dans des opérations comptables qui sont souvent sources de désillusions. Nous sommes dans un meeting, pas chez un commissaire aux comptes. Alors, il faut le reconnaître, l’ambroisie de Germinal est efficace. Il y en a pour les jeunes et les moins jeunes, les travailleurs et les chômeurs, les agriculteurs et les artisans, les routes et la culture, le numérique et le tourisme. Dans la  fumerie d’opium la sédation fait son effet. On pourrait tout autant penser au Népenthès de l’Odyssée, que l’on nomme aussi la « drogue de l’oubli » ; celle-ci désigne chez Homère la boisson que Pâris donna à boire à Hélène après son enlèvement pour lui faire oublier son pays natal. Et ça marche ! Les applaudissements redoublent.

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Pas de chanson, mais une immense bénédiction sous forme d’applaudissements

Il est déjà vingt-deux heures et aucun signe de lassitude dans l’auditoire. Germinal Peiro entame son dernier quart d’heure avant le sacre. Ce sera le rappel des candidats de  « toute la gauche » encore en lice. Chaque binôme cité entraine son cortège d’acclamations. Cette fois, c’est presque sur, ils vont gagner. Les 400 convives au banquet de « Minal » se lèvent. Pas de chanson mais une immense bénédiction sous forme d’applaudissements. Sur la tribune les orateurs se sont dressés et avancés vers la salle. Vont-ils se prendre la main et s’incliner comme au théâtre ? Non... quand même. La politique n'est pas un spectacle. Bernard Cazeau, au premier rang, dans la salle, esquisse un de ses très rares sourires. Il se lève immédiatement suivis par ses troupes qui l’enserrent. Le faiseur de roi met ses amis qui l’entourent  aux anges. Les communicants ont réussi leur opération. Le style vintage a rassemblé ce qui était devenu épars. Il manquait, selon quelques irréductibles militants, que l'Internationale fut chantée.

DSC 1246

DSC 1248Justement, en terme de communication, plus qu'un effet de mode, le vintage est une philosophie, un art de vivre, un mode de vie et une façon de pensez autrement la mode bien au delà de la façon de consommer. Ceux et celles qui aiment la mode vintage ont souvent une démarche plus réfléchi et plus complexe sur leur façon de voir la mode, un attrait pour l'histoire et souhaitent se démarquer par le porte de pièce en exemplaire unique. Adopter la mode vintage c'est aussi être soi même et ne pas subir les diktats de la mode. Ce peut être aussi, quand tout semble nous échapper, le refuge dans une imagerie qui s’appuie sur le besoin de nostalgie et de mélancolie sur un passé qui est toujours mieux que le présent. 

Texte et photos : Pascal Serre

 

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