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L’union des centres : entre le marteau et l’enclume ?

DSC 7173Alors que les démissions pleuvent comme à Gravelotte au Parti socialiste et chez Les Républicains de Dordogne, l’Union des Démocrates Indépendants et le Modem se sont mis en ordre de marche pour, de toutes évidences, peser dans les échéances électorales futures, Européennes et surtout municipales. Il est vrai que les déflagrations électorales successives de l’an passé, présidentielle et législatives, ont sérieusement ébranlé l’ordre politique départemental, et ouvert des perspectives nouvelles pour ces deux formations qui ont été le plus souvent les supplétifs de la Droite Périgordine. Comme le fait remarquer Jean-Pierre Cuberrtafon, élu Modem et représentant le Haut-Périgord à l’Assemblée nationale : « Qui, il y a seulement une année aurait cru qu’il y aurait un député Modem en Dordogne ? » Une évidence qui nourrit toutes les appétences politiques du moment.

« Les centristes étaient trop inaudibles » 

En cette fin de février, dans un hôtel de Périgueux, chacun sous sa bannière, le chant de l’unité retentissait avec une espérance qui sonnait comme un ballon d’essai qui reste à transformer. Jean-Pierre Cubertafon affirmait que « la France se gouvernait au Centre » tout en reconnaissant que « les centristes étaient trop inaudibles en Dordogne ». De son côté, Jean-Pierre Boyer, patron de l’Union des Centristes Indépendants, entonnait « les racines et les références du centrisme dans la vie locale » tout en disant « que tout le monde ne marche pas au même pas… » Il est vrai que son mouvement avait rompu localement le pacte avec Les Républicains dès le mois de mai dernier. Et depuis, les choses ont bien changé chez les héritiers de « l’autre monde ». Comme le soulignait malicieusement le journal « Sud-Ouest » : « En Dordogne il ne restera plus au PS que les employés du Conseil départemental ». Tout en annonçant pour la droite : « A ce train-là, la fête gaulliste du 18 juin organisée par LR va se faire dans une cabine téléphonique. » Un amer constat qui en dit long sur la situation des deux protagonistes qui ont ferraillé ensemble durant puis plus d’un demi siècle dans le département.

Il faut aussi reconnaître que la Dordogne réputée pour ses inclinations « Rad-Soc » s’est toujours liée avant tout à des personnalités du cru ou, tel Yves Guéna du temps du « Pompidolisme », ont privilégié les casse-croûtes et les interventions personnelles pour asseoir leur légitimité. Un Yves Guéna qui s’était attaché un centre droit complice et un Robert Lacoste qui avait raccroché le centre gauche à son profit tout en ménageant un Parti communiste qui savait, en sous main, faire et défaire certaines élections. C’est ainsi que la vie politique du troisième département de France par la superficie a consacré sept décennies.

Alors que le Parti communiste tente de prolonger son existence à travers ses dynasties et ses houleux rapports avec la France Insoumise, les centristes entendent profiter de l’air frais ambiant pour exister. Cette brusque poussée de sève, précoce pour le printemps, sera-t-elle contrarier par une brutale et tardive gelée ?

« Cette union doit faire émerger de nouvelles personnalités locales » 

DSC 7183Les troupes sont maigrelettes et portées par le « macronisme » qui, pour l’instant, reste en retrait de cette union des centres purement locale. Il faudra beaucoup d’énergie et des personnalités reconnues pour que cette « sauce Périgueux » soit durable. Lorsque Jean-Pierre Boyer souligne que « les élections se joueront sur des projets » il ne manque pas de préciser que « cette union doit faire émerger de nouvelles personnalités locales » tout en appuyant sur les projets de territoire, au plus des citoyens pour « éviter une « métropolisation » de la société française. » Discours généreux et prometteur qui reste à inscrire dans des actes. Et ceci passe inévitablement par les jeux de la conquête puis de l’exercice d’un pouvoir qui, localement, ont toujours échappé aux centristes.

La prochaine échéance électorale, celle des Européennes, n’est pas la plus facile dans un département qui n’a jamais été porté sur cette dimension politique. Celle des municipales sera, en revanche, l’échéance majeure qui marquera la transformation des centristes Périgordins. Ce sera le temps des réseaux et des alliances, des projets et de la vraie démocratie de proximité. Vingt-quatre mois s’ouvrent durant lesquels il faudra inverser les comportements presque tribaux de l’électorat Périgordin. Mais, ce sont aussi deux années de compagnonnage avec La République En marche dont le Modem et l’UDI apparaissent comme les supplétifs. Comme, hier avec les gaullistes. C’est là, déjà, le premier chantier pour cette nouvelle union entonnée par le député Modem Jean-Pierre Cubertafon signe comme « la première union du centre et qui est appelée à se décliner dans les autres départements. » Entre le marteau et l’enclume, il faudra une remarquable intuition et une solide habileté pour ne pas, une fois de plus, se faire écraser. 

Photos et texte : Pascal Serre


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MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

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