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Périgueux : Le vrai visage de Jean-Paul Daudou

Dans le manuel du politiquement correct Jean-Paul Daudou affiche un conformisme bourgeois sans faille. Ce fils de greffier au Tribunal de Périgueux et d’une mère comptable a hérité d’une austérité que seuls ses plus proches amis contestent. Ceux-ci préfèrent évoquer son conservatisme et sa rigueur nécessaires dans une époque qui a vu exploser ses valeurs, ses repères.
Il est vrai que le Périgourdin, le vrai, ne se livre pas à celui qui porte des grands projets toujours jugés aussi hasardeux que coûteux. On a vu ce que cela coutait à Xavier Darcos qui avait engagé son projet « Périgueux 2010 » même si aujourd’hui on regrette cette époque. Surtout chez les quadragénaires et quinquagénaires. Quand aux « très jeunes » ils préfèrent quitter les rives de l’Isle considérant leur ville comme figée. D’ailleurs, d’une certaine façon, le maire actuel, Michel Moyrand l’a bien compris et c’est ce qui fera sa force l’an prochain.
En attendant, Jean-Paul Daudou a dégainé, très tôt. Il y a un an. Face à une UMP qui n’est plus le RPR d’antan et qui, elle aussi, épouse son temps par nécessité. On sait ce qu’il en est advenu. Même, encore, les choses semblent difficiles pour le candidat Daudou. Les vieux grognards veulent toujours « sauver le soldat Daudou » ; les plus jeunes attisent leurs ambitions et certains vont jusqu’à dire « tout sauf Daudou ». Ce qui ne peut que réjouir Michel Moyrand lequel, demain, devra gérer, lui aussi, les difficultés de sa propre liste soumise a des alliances qui s’annoncent complexes. En attendant, essayons de répondre à cette question : qui êtes-vous Jean-Paul Daudou ?

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Une fausse sècheresse du cœur

C’est le 25 aout 1944 alors que le général Leclerc prenait possession de Paris que Jean-Paul a vu le jour. En ce temps, rue Sirey là où se situe le Crédit municipal se trouvait une maternité. Dans cet après-guerre où beaucoup de choses faisaient défauts, Jean-Paul Daudou tirait profit d’une famille qui cultivait les valeurs de la République au travers d’une ascension sociale toute enchâssée dans le travail.
Jean-Paul Daudou  n’a jamais renié ses origines modestes. Des grands-parents cheminots et une jeunesse passée à Périgueux, dans le quartier de la gare, rue de Solferino plus précisément ont marqué celui qui deviendra un temps maire de « sa ville » et qui aujourd’hui entend mener face aux plus dures tempêtes ce que certains considèrent comme « son dernier combat ».
Rien ne prédestinait le petit enfant de l’école du Centre puis l’adolescent du lycée Bertran-de-Born à une assez belle carrière. Les souvenirs d’enfance se font, chez lui, plutôt rares ou, vraisemblablement, plus personnels. L’homme est discret, pudique même. L’enfant-roi n’existait pas mais jamais malheureux. La vie s’écoulait sous le signe d’une discipline qui privait parfois le jeune écolier des bruits de la rue. L’ensemble était rythmé par le doux respect de l’autorité familiale, celle qui assure le gîte et le couvert. Les sentiments étaient retenus et mesurés. La règle est omniprésente, conservatrice et bourgeoise diraient certains. On ne s’épanchait pas sur soi. Dés lors, l’enfant va réprimer ses émotions et le enfouir au plus profond de lui. Les usages et les conventions vont, peu à peu, installer une personnalité austère et timide.
Cette fausse sècheresse du cœur imposera au jeune Jean-Paul des trajectoires toutes étudiées, le plaçant dans des plans réfléchis, des calculs raisonnés, souvent soucieux d’actes perfectionnés. Voici le jeune homme se dressant dans une discipline qui édifie un idéal dans l’ordre.

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Une timidité protectrice

A l’école primaire, si les copains s’amusent, lui, travaille. Au lycée, alors que se dessinent les premiers contours de l’adolescence se refuse au dilettantisme. Chaque année, entre année, entre 1950 et sa rencontre avec sa future épouse, Yolande, en 1961,il part en vacances en Espagne avec ses parents. Entorse à une vie de famille exempte de fantaisie : le scoutisme. Une bouffée d’oxygène qui lui fait rencontrer ses copains qui, encore aujourd’hui, sont dans sa vie. Le jeudi, il a l’autorisation de sortie. Les adolescents de l’époque écoutaient Brassens, Brel, écrivaient des poèmes. « Nous pensions que c’était notre culture » soutient aujourd’hui Jean-Paul Daudou.
Le jeune élève n’est pas scientifique ; plutôt littéraire. C’est, peut être là l’expression la plus authentique qu’il cultive discrètement. S’il s’affiche parfois dilettante c’est par souci de ne pas apparaître, de rester dans l’ombre. Car Jean-Paul Daudou vit sur des mesures de défense contre l’instinct avec des mécanismes de protection de sa personnalité qu’il sait austère et qui parfois le fait souffrir. Ce qui, actuellement, lui consacre cette image d’introversion, de réserve, de pudeur. Dans cette vie publique qui l’assaille il y a toujours l’enfant soumis auquel on accorde pour le moins de la timidité et pour le plus de la grisaille. Ce à quoi il préfère parler de réserve naturelle. Une attitude qui peut être perçue comme un détachement sur les choses de la vie, les émotions qui donnent de la chaleur à une relation humaine. Une posture qu’avait retenue Yves Guéna puis Xavier Darcos lui consacrant, chacun, une place de choix mais toujours par délégation.

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Le destin du fidèle grognard

En 1958, il ne pouvait aller nulle part ailleurs qu’aux côtés du général de Gaulle. L’ordre, la discipline, le travail et un certain sens de la famille avec cette passion pour la France ont émaillé les discours entre le fils et le père. Lorsqu’en 1962 arrive Yves Guéna, le père se met au service du futur homme d’Etat. Jean-Paul en fait tout de même. Tout comme il engage des études de Droit. Des circonstances qui se refusent au hasard. Dans la famille Daudou on n’aime pas la grève. «  La grève ? C’est une entrave à la liberté et moi, je suis un homme libre » assène Jean-Paul. Question de méthode. « Ce n’est pas pour autant que l’on oublie qu’un pays c’est avant tout des hommes et rien ne peut se faire sans lui » assure-t-il. Pour Jean-Paul : « L’homme ne peut se réduire à sa production ou encore à son bulletin de vote ». Et justement le gaullisme affiche cette idée.
Et puis, dans ces temps d’incertitudes il sent que sa place est bien là. Du père au patron les barres parallèles finissent par se rejoindre. Il passera de l’un à l’autre. Toujours avec le succès qu’il a appris à métrer, à régler.
En fidèle grognard il ne défaillera jamais de cette place. On pourrait même croire qu’il y a là l’acceptation du destin dans son sens déterministe. Il tractera, affichera, pliera les journaux, rédigera, gardera la permanence de celui qui devint sa figure politique tutélaire.
Son père engrangera une légitime fierté dans l’engagement de ce fils auquel, peut être n’a-t-il pas toujours témoigné l’affection attendue. Pendant quelques mois, avant de disparaître, il prendra plaisir à le voir travailler avec lui à la rédaction du journal de Yves Guéna, La Dordogne de Demain. D’ailleurs, Jean-Paul prendra la suite avec la même rectitude.
Discipliné, Jean-Paul attendra toujours que le « patron » propose. Le fils de greffier de province se refusera à susciter les premiers rôles. Sa vie toute tracée au cordeau prend sa dimension dans le besoin d’être utile, le goût de servir, la passion du travail.
En 1983 il sera conseiller municipal de Château-L’Evêque où il habite. Enfin, Yves Guéna l’associera sur sa liste aux municipales de 1989. C’est naturellement qu’il suivra Xavier Darcos en 1997 puis en 2001 avant que le remplacer à la charge de maire de Périgueux, entre 2002 et 2005 alors qu’il sera ministre. En bon soldat, respectueux non seulement des règles et des convenances mais par éthique morale il restituera le siège au moment voulu.
En 2008 il est élu de justesse Conseiller général de Périgueux-centre. Depuis on ne peut pas dire que jean-Paul Daudou ait fait entendre sa voix. Il est vrai que l'Assemblée départementale dominée par une gauche omnipotente ne laisse peu de fenêtre de tir.


Yves Guéna et Jean-Paul Daudou

Toute sa vie il a joué un jeu plus petit que celui auquel il pouvait prétendre

Une maîtrise de Droit privé en poche – « avec mention » précise-t-il – il fait son service militaire au Vème chasseurs, à Périgueux.  Il y apprendra qu’un concours se prépare pour entrer à la Chambre de Commerce et d’Industrie qui était encore seulement de Périgueux. Il sera retenu et fera son entrée en 1971. Il occupera le poste de conseiller juridique ; il finira sa carrière comme secrétaire-général adjoint en 2000.
Bien introduit dans la vie périgourdine il suivra les dossiers de la CCI en matière de formation mais aussi d’aménagement du territoire en s’occupant de la « transeuropéenne » qui annonçait l’arrivée de l’autoroute en Dordogne. Sa rigueur et sa discipline seront ses atouts. Les protections politiques feront le reste. Chacun sait, dans les milieux patronaux, que Jean-Paul Daudou est un fidèle de Yves Guéna. A l’époque c’était un fantastique sésame.
Durant toute ces années, Jean-Paul Daudou restera écroué dans une personnalité qui sera son meilleur atout mais aussi son ennemi intime pour passer de l’ombre à la lumière. Il trouvera auprès de son épouse, Yolande, une attention affectueuse qui, dans le combat engagé aujourd’hui, le rassure et le guide pour, enfin, s’affranchir de sa condition et laisser épanouir compétences, énergies et, il faut bien le dire, ambition.

La parenthèse du gestionnaire

Il était en vacances à Fitou dans les Pyrénées-Orientales lorsqu’il a appris que Xavier Darcos démissionnait de sa charge de maire pour cause de cumul. Là, encore, Yves Guéna imposa son poulain face aux prétentions exprimées dans son propre camp. Sa nature lui évita des débordements qui l’aurait entendu taxé d’ambitieux. Tout fut, au final, fait dans l’ordre et la discipline.
Durant trois années c’est en bon père de famille qu’il géra Périgueux. Quand on lui parlait du bureau de Xavier Darcos, à la mairie, il répondait : « Lorsque je reçois des personnalités c’est dans le bureau du maire mais pour travailler j’ai mes habitudes dans mon bureau d’adjoint et je n’ai pas besoin de décorum dans ma vie quotidienne… » Si on le titillait sur sa dépendance envers Xavier Darcos il décochait : « Lorsque j’ai quelque chose à décider je m’adresse à moi-même… » Certains considèrent son passage à la mairie comme sans intérêt, gris, une simple parenthèse alors qu’il faudrait voir là le témoignage d’un ordre scrupuleux des règles et le respect d’une politique municipale initiée par Xavier Darcos et son équipe. C’est là le sens de la continuité du service public et la fidélité à des valeurs, des convictions et un homme.

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Quel maire pour quelle ville ?

Dans cette campagne qui est devenue une tragédie, Jean-Paul Daudou a été, selon ses proches, sérieusement affecté. L’homme public amidonné et dur, sans grandiloquence et flamboyance a vu sa cuirasse endommagée. Il n’a jamais reculé dans sa prétention à aller jusqu’au bout mais la blessure est profonde, totale et irréversible. Quelle que soit l’issue du combat qui arrive l’ombre du tragique l’accompagnera. Celui qui aime le film Le vieux fusil se retrouvera-t-il dans le personnage de Philippe Noiret qui venge la mort de sa femme et de sa fille par des soldats allemands ? Lui dont le meilleur souvenir est la rencontre avec son épouse reste-t-il désormais le candide discret d’un destin qui l’a mis le plus souvent dans un second rôle ? Rôle dans lequel, au final, il fut bon sans être excellent.
« J’irai jusqu’au bout » a-t-il déclaré sur France Bleu Périgord au lendemain de la disparition de son rival Philippe Cornet dont la famille l’avait exclu des obsèques. Une claque terrible pour celui affectionne la chanson de Brassens Les copains d’abord.
De toute évidence il faut attendre le programme et la liste pour apprécier l’opportunité et la valeur de la candidature de Jean-Paul Daudou. De même il faut laisser se diluer les animosités, les velléités politiques qui bruissent un peu partout ainsi que les rumeurs de parachutage.
Les observateurs et initiés ne voient pas dans la candidature de Jean-Paul Daudou autre chose qu’un autre temps, un autre âge. Le conservatisme et l’ordre attachés à sa personne ne laissent pas imaginer de grands projets pour une ville qui semble abandonner les défis contemporains à une intercommunalité qui sera demain la clef de voûte d’un vaste territoire dont Périgueux ne sera qu’un des maillons. On le sait, la personnalité d’un candidat conditionne la politique qui sera menée si d’aventure il est élu. En ce sens, Jean-Paul Daudou sera, comme il l’a toujours été un scrupuleux comptable. Mais est-ce suffisant pour faire rayonner la ville ? Non. Par contre, une majorité de Périgourdins veut avant tout être tranquille. En cela, Jean-Paul Daudou saura faire. Et alors, le vrai visage de Jean-Paul Daudou sera celui de Périgueux.

Pascal SERRE - Photos : L'esprit Périgord


 

 

 

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