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Grand Périgueux : la fronde des maires ruraux

C’est  Alain Le Pape, maire La Chapelle-Gonaguet,  qui a posé en novembre dernier dans le journal Sud-Ouest l’avenir de la ruralité au sein du nouvel Etablissement Public de Coopération Intercommunale qui remplacera la Communauté d’agglomération Périgourdine en janvier prochain. Une question essentielle qui méritait d’être clairement posée. Elle est toujours d’actualité. Mais elle a réveillé les autres communes qui voudraient savoir à quelle sauce elles seront associées.

A-LE-PAPEAujourd’hui l’élu qui est par ailleurs Vice-président de la CAP chargé des finances s’inquiète des prises de position de la commune centre qu’est Périgueux  et se refuse à voir dans le probable combat politique entre Michel Moyrand et Jacques Auzou une querelle de personnes.
Alain Le Pape se félicite de la présidence actuelle tenue par Claude Bérit-Débat basée sur le dialogue et le consensus. Le départ annoncée de Claude Bérit-Débat l’inquiète : « Ce départ a ouvert une succession donc un problème supplémentaire à l’élargissement du territoire et j’ai peur que les communes de la deuxième et troisième couronnes – celles à dominante rurale – ne soient en fait les otages de décisions prises par les « poids-lourds » des communes urbaines. Par définition, nos intérêts ne sont pas toujours les mêmes mais ils doivent se compléter. La géographie et l’histoire qui font de chacune de nos communes une identité propre doivent être intégrées dans la gouvernance qui sera définie. C’est là le seul et unique sens de mes interventions. »

La tournée des popotes

Pour Alain le Pape qui a déjà entrepris une tournée des popotes auprès de ses collègues ruraux se pose bel et bien la question de la coopération intercommunale entre Périgueux, les communes de première couronne et les autres communes qui représentent presque 1/3 de la population. De Coursac à Château-L’Evêque en passant par Mensignac les propos d’Alain Le Pape trouvent un écho.  Tous accordent à Claude Bérit-Débat d’avoir respecter leur sensibilité et bien mené les choses.
PROTANOMême son de cloche chez Pascal Protano, maire de Coursac : « Avec un seul représentant, les 26 communes rurales ne pèseront pas lourd si elles ne sont pas solidement représentées au bureau exécutif. Périgueux associée à deux autres communes urbaines pourra faire la pluie et le beau temps. » Et Pascal Protano de dire : « L’entrée dans la CAP est un atout mais il y a un risque de voir disparaître le rôle de proximité qui est celui de la commune ».  Pascal Protano se rappelle que le soir de la grêle il a appelé toutes les personnes âgées de sa commune pour les rassurer : « Je vois mal la CAP faire ce travail ! ».
A Château-l’Évêque, le maire, Serge Daugiéras ne comprend toujours pas les nouvelles demandes de participation financière de son collègue Michel Moyrand et, notamment, le refus d’accueillir les enfants de sa commune au centre de Borie Bru sous prétexte que ce n’est pas aux habitants de Périgueux de payer pour ceux des autres communes : « Quelle conception de la solidarité intercommunale dois-je comprendre ? » disait-il récemment.
brouillaudDe même, Jean-Claude Brouillaud, maire de Agonac, sans étiquette, estime que les projets devront passer avant les rivalités de personnes : «  nous voterons pour un projet et une méthode ni sur la demande de tel ou tel parti politique. » 
Le maire de Saint-Laurent-sur-Manoire, Jean-Pierre Passerieux, est tout aussi inquiet sur l’avenir de la piscine : «  il n’est pas question que les habitants voient fermer leur piscine. Il faudra que les candidats au bureau exécutif en tiennent compte. »
Christian Lecomte en charge des piscines dans l’actuelle Communauté d’Agglomération périgourdine répond : «  dans le cadre des négociations liées à l’élargissement de l’agglo, cette piscine ne fait pas partie des dossiers prioritaires. Nous examinerons la situation dans un deuxième temps », explique l’élu de Champcevinel. Il faudra réaliser une étude pour savoir si le bassin est « suffisamment attractif pour limiter le déficit de la structure ». Si la réponse est positive, deux solutions sont envisagées : « La rénovation de la piscine ou la construction d’une nouvelle, à l’est. » Question de bon sens.

Auzou et Moyrand ou les ténors dans l’arène

La future communauté d’agglomération Périgourdine comprendra 67 délégués dont 20 pour Périgueux, 5 pour Coulounieix-Chamiers et Trélissac, 4 pour Boulazac, 3 pour Chancelade et Notre-Dame-de-Sanilhac ; les 26 autres communes bénéficieront d’un seul conseiller. Autant dire que l’élection du président et des vice-présidents ne sera pas une simple excursion touristique.
Naturellement le vote étant au second degré il faudra examiner à la loupe les résultats dans chaque commune puis les élections à chaque siège du Conseil communautaire. Savant dosage entre sensibilités politiques, l’impondérable représentativité entre homme et femme, la représentativité des oppositions et, bien sûr les délices empoisonnés ou pas des appareils politiques. Une « sénatoriale » en sorte de « vingt mille lieux sous les mers ».
On ne peut oublier les pressions des futurs protagonistes et les intrigues qui vont conduire à la présidence de la seconde collectivité territoriale du département.  Les négociations qui vont préparer les listes aux prochaines municipales seront vraisemblablement assorties de compensations âpres sur les sièges attribués à tel ou tel appareil politique ou courant dans le prochain Etablissement Public de Coopération Intercommunale. Comme l’écrivait le journaliste Michel Labussière « voici 67 intrigants sur l’agglo ». 
D’autant que le nouvel Etablissement Public de Coopération intercommunal avec l’arrivée de la Communauté de communes Isle Manoire va renforcer la dominante rurale. Des communes à dominantes rurales qui ne veulent pas être les supplétifs des villes de la première couronne et qui représentent pas moins de 36 267 habitants sur les 94 326 habitants du futur « Grand Périgueux ».  Un casse tête périgourdine pire que celui que l’on dit chinois. Les ruraux ne feront pas qu’applaudir. Avec ou sans candidat ils pourraient faire toute la différence sur la dernière ligne droite.
Les deux prétendants devront donc compter avec cette ruralité qui a l’intention de faire entendre sa voix jusque dans l’isoloir. Dans l’affrontement entre Jacques Auzou et Michel Moyrand que l’on annonce à couteaux tirés, la poignée de ruraux sera l’objet de toutes les courtoisies. Mais ce ne sera pas suffisant. Ces maires du Périgord profond savent qu’ils n’ont pas droit à l’erreur et à aucune compromission. Pour l’un d’entre eux qui préfère conserver l’anonymat « le temps des potentats doit être révolus » Un anonymat qui en dit long sur les probabilités de succès.

Vers une troisième candidature ?

LARENAUDIE

Si quelques édiles s’expriment clairement, d’autres préfèrent le « off » prétextant que tout celle-ci est prématurée pour être évoquée. Souvent ce sont des militants et même des responsables du parti socialiste qui n’oublient pas qu’une autorisation ou une subvention récompense les plus fidèles à la consigne du « Parti ». Mais, dans le secret de l’isoloir peuvent remonter quelques règlements de comptes… Il y  aussi la représentativité des élus communautaires issue des oppositions municipales qui pourraient aussi jouer un rôle d’arbitre.
C’est ainsi que certains verraient bien une troisième candidature à la présidence, celle de Jean-François Larenaudie, le maire de Notre-Dame-de-Sanilhac. Un homme qui ne veut pas s’étiqueter mais revendique la culture du résultat et la philosophie de la solidarité.
Celui-ci se considère comme représentatif du monde rural et fort d’une expérience peu contestée depuis 2001 au sein de la Communauté d’Agglomération Périgourdine. Jean-François Larenaudie appuie : « Je ne veux pas d’une agglomération à deux vitesses et empêtrée dans des querelles de personnes ou politiciennes. Je ne veux pas de détournements de compétences ou encore de déséquilibres en matière de solidarité. Là, c’est clair, si je sens le plus petit risque je présenterai ma candidature à la présidence… même si je suis plutôt engagé dans l’idée d’une prochaine candidature de Conseiller général. »  L’homme a la stature et les moyens de faire trembler les ténors putatifs actuels. Il le sait d’autant que la vingtaine de maires ruraux qui voteront pourrait constituer sa « Vieille garde ». 
Pour Alain Le Pape, médiateur dans l’âme, ce n’est pas la meilleure solution : « Commençons par débattre du sujet,  concertons-nous sur la meilleure façon d’éviter de faire de la simple figuration sans pour autant aller à la confrontation que personne ne souhaite.»  Pour Pascal Protano ou Jean-Louis Simon  « les prochains mois seront décisifs car ils seront ceux durant lesquels seront débattus ces interrogations. Il est trop tôt pour évoquer quoique ce soit. » De la fronde à la vague Mazarinade le chemin est étroit.

Michel Moyrand : le marathonien

MOYRAND

Les prétendants non déclarés à la présidence de la future Communauté d’agglomération Périgourdine mais dont les noms circulent avec tant de vigueur – Jacques Auzou et Michel Moyrand – ont été contactés.
Pour Michel Moyrand, celui-ci n’a pas souhaité répondre à nos questions. Selon des proches le maire de Périgueux travaillerait sur sa probable candidature au futur Etablissement Public de Coopération Intercommunale qu’il n’a pas confirmé. Mais il vient de déclarer sa candidature aux prochaines élections municipales sur Périgueux ce qui, si il est élu, le placera en situation de pouvoir se présenter à la présidence de cet Etablissement Public de Coopération Intercommunale.
Il devrait s’exprimer durant l’automne mais rien n’est fixé. Homme de dossier le maire de Périgueux n’a pas pour habitude des effets d’annonces sans lendemain. Dans les coulisses il aurait toutefois rassuré quelques maires ruraux sur ses dispositions en la matière. On le sait Michel Moyrand est un marathonien de la politique. Un solitaire aussi.

Jacques Auzou : je veillerai aux bons équilibres entre monde urbain et identité rurale

AUZOU

Pour Jacques Auzou, celui-ci s’est immédiatement exprimé en ces termes : «  En ce qui concerne l’intercommunalité, la tendance lourde consiste à faire supporter au monde rural les charges de centralité, les villes centre ayant souvent la tentation de faire peser ces charges sur les autres. 
« Ce choix me semble aberrant si l’on considère que les communes dites rurales (deuxième et troisième couronnes) doivent justement supporter tous les frais de structures liés au développement des populations périphériques.
« Ce sont pourtant ces mêmes populations qui, par leur travail, leurs lieux de consommation et de loisirs, contribuent à la richesse des communes plus urbaines.
« C’est pourquoi, je suis attaché à effectuer une redistribution financière en direction des territoires ruraux pour permettre une juste répartition des charges et des ressources.
« A mon sens, une vigilance absolue doit être portée sur un véritable équilibre qui réponde à un aménagement du territoire pertinent en termes de services et d’équipements.
« Toujours dans ce souci d’équilibre, il me semble fondamental que les communes rurales soient justement représentées au sein de l’exécutif intercommunal.
Dans le cadre de la création du futur Grand Périgueux, j’ai proposé que le siège actuel de  la communauté de communes Isle-Manoire en Périgord serve de point d’appui pour les communes rurales et les différents groupes de travail ou commissions afférents. » Et sur la représentativité des communes rurales au sein du Bureau exécutif, Jacques Auzou enfonce le clou : «  Compte-tenu que le futur bureau sera constitué de 13 vice-présidents je veillerai tout particulièrement à ce que au moins  3 de ceux-ci-ci soient représentatifs des communes à l’identité rurale ».

PERIGUEUX

Une géographie qui invente un monde nouveau

Au sein du processus que l’on vient de parcourir, comme le souligne l’historien Pierre Nora «  la dialectique française des rapports entre le centre et la périphérie, qui est aussi celle de l’unité et de la diversité, est indéniablement plus complexe et moins ostensible. » Dans les questions posées par le nouvel Etablissement Public de Coopération Intercommunale on reprendra tout autant son analyse : «  aucun remaniement de territoire ne pourra lui-même résoudre le problème général d’éthique posé par le conflit des traditions particulières avec les exigences de valeurs et de droit d’expression universelle. » Un autre historien, Fernand Braudel évoque la nécessaire diversité des territoires qui accompagne l’unité d’une histoire commune. Ecartons un instant les problématiques politiciennes et prenons en compte l’immense atout que représentera ce nouvel Etablissement Public de Coopération Intercommunale. De la résonnance terrienne et rassurante des paysages associée à la modernité en marche de la civilisation urbaine il s’agit bel et bien de créer une harmonie individuelle et collective qui l’emporte sur les incertitudes et les doutes d’un territoire d’exception. En janvier 2014 ce Etablissement Public de Coopération Intercommunale sera une géographie qui invente un monde nouveau, un destin nouveau.
Ce nouveau destin qui trouvera ses repères dans la diversité et l’unité, suite logique et immuable d’une histoire commune. Cette Histoire est faite de cassures, de ruptures mais jamais de façon à ce que l’Histoire en soit totalement et irrémédiablement coupée en deux.
Il y a là, de toute évidence, une responsabilité des élus. Mais pas seulement. N’oublions pas que cette responsabilité est limitée par le sens de l’Histoire, car c’est l’Histoire, elle surtout qui fait notre destin et, quelque part nous innocente.

Pascal SERRE - Photos : L'esprit Périgord.


Réaction de Jean-Louis Simon, maire de Annesse-et-Beaulieu

La version mise en ligne de cet article contenait la position de Jean-Louis Simon, maire de Annesse-et-Beaulieu. Ce dernier, à la lecture de l'article a souhaité (voir lettre ci-dessous) ne pas apparaître. Nous ne pouvions que satisfaire cette demande. Par éthique envers nos lecteurs nous insérons la lettre explicative afin que ceux-ci puissent apprécier les arguments du maire de Annesse-et-Beaulieu.

 LETTRE-J-L-SIMON

 

Commentaires  

 
Joël
#1 Joël 02-09-2013 10:02
Bonjour, Il me semble que Marsac sur l'Isle à plus d'un siège...
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