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OGM : Quand L'Europe décide de la santé des français

hollandeVenu saluer l’agriculture innovante, François Hollande ne pouvait pas quitter la Dordogne sans préciser ses intentions sur les OGM. Le Conseil d’État ayant annulé jeudi l’arrêté interdisant de cultiver le maïs MON810, le président a annoncé hier qu’« il y aurait une prolongation du moratoire. ». « Nous ne pouvons pas accepter, dit-il, qu’un maïs puisse avoir des conséquences défavorables sur les autres productions. » De quoi satisfaire les anti-OGM et apparaît comme une parole courageuse qui attends désormais des actes.

 

 Au XVIIè siècle, le Sarladais La Boétie, dans son fameux Discours de la servitude volontaire, se plaignait de voir les hommes abâtardir et dégénérer la nature la nature « comme i arrive à ces arbres qui, ayant tous leur espèce propre, la conservent tant qu’on les laisse venir tout naturellement mais qui la perdent pour porter des frits tout différents dès qu’on les a greffés ; les herbes ont aussi chacune leur propriété, leur naturel, leur singularité mais cependant la main du jardinier détériore leur qualité ».

 manfestation

La nature est un vaste laboratoire perpétuel de la biodiversité

Depuis cette époque, les savants nous ont appris que tous les êtres vivants : plantes, bêtes et gens sont naturellement des organismes génétiquement modifiés (OGM), à chaque génération, par le simple brassage des gènes. La nature est un vaste laboratoire perpétuel où la biodiversité est à l’œuvre  et où les hommes, ces apprentis créateurs, ne sont pas en reste, volontairement ou involontairement, pour basculer l’organisation de la nature.
Cette biodiversité conduit, entre autre, à l’apparition de nouvelles espèces abâtardies comme dirait La Boétie, tels ces cochongliers nés du croisement génétique entre cochons d’élevage en plein air et sangliers sauvages qui se sont mis à proliférer dans nos bois, qui s’attaquent aux cultures, qui ont des portées plus nombreuses et donc des hardes plus agressives, qui mettent péril les souches ancestrales, un peu comme ces saumons venus d’ailleurs et acclimatés chez nous qui tarissent les reproductions des souches sauvages présentes dans la Dordogne depuis des millénaires.
C’est aussi le cas de ces plantes exotiques qui s’adaptent à nos contrées plus froides et qui colonisent rivières et plans d’eau jusqu’à supplanter les espèces indigènes. C’est encore le cas de ces grenouilles taureaux, batraciens géants venus d’Amérique qui dévorent tout sur leur passage comme ces poissons chats qui dévastent leur territoire aquatique ou ces silures venus de l’Est véritables dragons des eaux.

 Le gersLes croissements intentionnels sont interdits

Le législateur a bien prévu de dire que les croissements intentionnels sont interdits mais que faire lorsqu’ils sont l’œuvre de la nature elle-même ou de la négligence des hommes ? Il appartient aux savants de faire les recherches pour tenter d’endiguer les proliférations d’OGM dévastateurs. Mais le souhaitent-ils ?
La démarche scientifique elle-même conduit à s’interroger puisque pour agir il faut qu’il y ait preuve scientifique laquelle ne peut être donnée qu’après avoir constaté le développement du problème considéré. Ce n’est qu’après tous ces constats que les solutions pourront être trouvées.
C’est ce cheminement scientifique qui a fait mettre un siècle pour admettre que l’amiante est cancérigène et que de la nature animale donnée aux vaches les rendrait folles alors qu’on le soupçonnait depuis le XIXe siècle !
Faudra-t-il que s’écoule la même période, que se déroule la même démarche pour constater les dégâts avant de tenter de stopper les OGM qu’inventent les hommes aujourd’hui ?

Philippe Martin

Le faux alibi d’une terre insuffisamment nourricière

En outre, c’est l’aboutissement que sont appelés OGM, les riz, les maïs, les sojas, les colzas…qui sortent des laboratoires de biotechnologies car ce sont des sortes d’assemblages de gènes provenant d’espèces, de genres et de règnes différents destinés à contenir des insecticides, alchimies bien plus complexes et transgressives que les OGM naturels.
Les promoteurs de ces produits, au nom d’une efficacité dans la production (comme si notre terre n’avait plus de quoi pourvoir à la nourriture de ses enfants !) utilisent la lenteur de la démarche scientifique pour avancer et comptent sur le chaos biologique provoqué par la prolifération planétaire de leur OGM pour « rendre impossible toute recherche en responsabilité » (Jean-Pierre Berlan, directeur du recherche à l’INRA –Le Monde du 5 novembre 2002).
La loi a beau élever des barrières de protection : Code rural. Art. R.322 qui permet de lutter contre les animaux nuisibles ; Code des communes L.132 qui donne au maire au maire la compétence de prévenir et de faire cesser les pollutions de toute nature ; Code pénal Art.122 qui reconnaît à chacun le droit de se prémunir contre un danger actuel ou immédiat ; Convention européenne des droits de l’homme, Art.8 qui garantit notre droit à un environnement sain et jurisprudence européenne sur la vache folle qui reconnaît « qu’en cas de dommages graves et irréversibles, il convient de prendre des mesures sans attendre que soient pleinement démontrées la réalité et la gravité d’un risque ». Si les promoteurs de ces chimères génétiques franchissent le seuil de la libre consommation, bien malin qui pourra les arrêter. En sommes-nous, malgré la présence de ministres « Verts » au gouvernement et des promesses de campagne de François Hollande soumis désormais à la rude concurrence, la mondialisation et les directives d’une Union européenne de plus en plus libérale ? C’est là, notamment, que le nouveau ministre de l’écologie, Philippe Martin qui avait déjà fait, en qualité de Président du Conseil général du Gers un recours contre l’implantation d’OGM dans son département. Etre ministre donne-t-il plus de pouvoir face aux super États et aux multinationales ? La question reste entière et invite au pessimisme sauf que, cette fois, la France ne se contente pas de rodomontades mais enfreigne la loi européenne. Martin deviendrait-il Mandrin ?

Alain Armagnac


 

 

La grande pitié des villages du Périgord

La grande pitié des villages du Périgord


DSC 0025Depuis un demi-siècle, politiques, historiens et sociologues pronostiquent la fin de nos villages et de la civilisation rurale. Département à la ruralité encore vivace par on ne sait quel miracle, la Dordogne n’échappe pas à la désagrégation de sa société, de ses villages et des vies de famille de plus en plus éclatées. A l’Automne dernier, le sociologue Jean-Pierre Le Goff oubliait chez Gallimard un essai remarqué La fin du village, une histoire bien française. Il y décrit, sur ces cinquante dernières années la désagrégation de la sociabilité traditionnelle dans un village Provençal.

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La Dordogne ou la « diagonale du vide »

La Dordogne point citer, n’échappe à cette logique de la prétendue modernité sorte de « ventre mou » ou de « diagonale du vide » de la France. Avec ses 557 communes dont 371 – 66,6% - ont moins de 500 habitants ne semblent guère vouloir mesurer le destin qui sera le sien dans les vingt prochaines années. Le départ du curé, puis les recoupements pédagogiques puis les fermetures de services publics, enfin la réduction des moyens financiers accordés aux petites communes ont rarement été accompagné de réponses permettant un maintien des populations actives ; la politique d’accueil des néo ruraux ayant été une panacée qui aujourd’hui s’étiole par l’absence de structures notamment de communication et de mise en relation avec un monde en pleine mutation. Depuis une quinzaine d’années on mise sur les rurbains, espèce généralement modifiée, pas vraiment urbaine et très peu rurale qui transporte la ville à la campagne et préfère passer son temps sur Internet que s’accouder au comptoir du café. Et s’offusque du bêlement des moutons autant que de l’odeur des vaches et cochons.

 

LISLE-LE BARD

Mais où sont passés les bistrots d'antan ? Il sont passés de 500 000 en 1960 à moins de cinquante mille aujourd'hui

 

La Dordogne accueille chaque année davantage des populations venues rechercher un art de vivre 

L’équilibre ancestral entre l’homme, le paysage, l’animal dont le village constituait le foyer de sociabilité et de rayonnement disparaît.
Aujourd’hui, en Périgord, les ruraux sont une race en voie de disparition, survivants d’une économie dépassée et d’une société éclatée comme le souligne le géographe Pierre Georges dans le temps des Collines paru en 1995.
Les réflexions menées dans le cadre de l’intercommunalité, indispensable dans la mutualisation des moyens et la réduction des charges désormais ingérables par nombre de communes semblent avoir oublié l’essence même d’une société de voisinage, dans le cadre de limites naturelles et historiques qui constituent une identité qui rend plus supportable une mondialisation génétiquement historique.
C’est ainsi, aussi, que la crise de la famille s’est accélérée, dans ses repères, ses valeurs.
Pourtant, et il faut le souligner, la Dordogne accueille chaque année davantage des populations venues rechercher un art de vivre encore vivace quoique en danger.
Pour la première fois, les contraintes de la ville avec ses loyers exorbitants, l’allongement des temps de transports, les embarras delà circulation, la dégradation de la qualité de vie urbaine, l’insécurité sont à un tel niveau qu’un renouveau de nos terroirs est au cœur des réflexions d’un futur aménagement du territoire.
La recherche d’un cadre de vie à la fois anonyme et convivial, l’aspiration à une existence plus proche de la nature, le besoin de sérénité et de vrais rapports humains, la sensibilité écologique aussi et son cortège d’illusions rousseauistes sont nos atouts d’aujourd’hui.

LA POSTE02

La Poste en partenariat avec les communes est le dernier lien social avec des populations isolées et âgées

 

Pour un état des lieux de la ruralité

La Dordogne est, dans tous ces domaines encore en pointe et son image quoique parfois écornée est robuste et réelle. Il faudrait très vite que l’Assemble départementale établisse un état des lieux sur lequel puisse s’échafauder une politique de revitalisation résolument moderne dans ses choix technologiques, son désenclavement numérique mais aussi, je dois l’avouer, sans esprit partisan, s’engager plus fortement dans le projet de LGV initié par le maire de Périgueux avec des liaisons de TER plus proches dans ses cadences du RER Parisien, développer l’aviation d’affaires et de tourisme à l’image des Etats-Unis, couvrir l’ensemble du département des fameux relais de téléphonie et, bien entendu, que le Très Haut débit soit accessible dans nos communes les plus reculées.

MarchandLe marchand de journaux est le dernier lieux où s'échangent les brèves de comptoir et les secrets de famille
 

Les récentes informations qui pronostiquent un désert médical ont-elles été prises en compte ? Il faut tout autant se battre, symboliquement mais pratiquement aussi pour que nos « cafés-tabac » ne ferment pas. Rappelons-nous la fermeture progressive des fameuses stations-service et l’évasion d’un artisanat de proximité qui, était aussi, un espace de convivialité ?
On n’imagine peu ou pas l’impact de tout ceci sur la vitalité économique qu’elle peut entraîner. A l’égalité des territoires il nous faut penser équité des territoires. Si le département attribut le tiers de son budget à l’aide sociale on ne s’en plaindra pas mais ce n’est que conforter la pauvreté de nos concitoyens sans pour autant leur assurer les moyens de revitaliser le département.
A la désindustrialisation programmée recherchons les pistes qui permettront à nos jeunes de participer au redressement de leur commune. Parlons filière,  formation, accompagnement et soutien.
L’Union des maires, instances de concertation, de dialogue, d’analyses et de prospectives reste bien timorée et apparaît comme une chambre d’enregistrement et ses moyens bien réduits.
Vanick Berberian, président de l’Association des maires ruraux de France clame ainsi : « assez de mépris pour les ruraux ! » Elus locaux de Dordogne, élus du peuple Périgourdin nous sommes tous issus de la civilisation de la terre, celle des ruraux. Ne l’oublions pas.

 

Pierre Delmon - Photos : L'Esprit Périgord


 

En savoir plus : Voir dossier Valeurs Actuelles n° 4001 – Du 1er au 7 août 2013


 

L’auto-entreprise : on marche sur la tête

AUTOENTREPRISELa Dordogne compterait 2 500 auto-entreprises. Au nom d’une prétendue concurrence déloyale, le projet gouvernemental de réforme remet en partie en cause le statut d’un public qui refuse l’assistanat. En France, on aime pas l’entreprise et, surtout les entrepreneurs.

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Médias : La juste colère des fraisiculteurs

imagesL’enquête menée par l’association Générations futures relevant la présence de pesticides dans des fraises relayée par de nombreux médias a été vivement contestée par les fraisiculteurs Périgourdins. Outre la mise en cause de toute une filière, c’est l’impact de cette médiatisation qui trouble les 200 producteurs déjà malmenés par la conjoncture.

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Agriculture : Le triomphe du cèpe

champi 5Créée en 1995, l’association Cèpes du Périgord a déposé la marque « Cèpe du Périgord » et se dote de nouveaux marchés. Le premier à Saint-Saud-Lacoussière et le second à Mussidan. Sa production pourrait être mulitipliée par cinq dans les prochaines années. La filière s’organise en conséquence. Rencontre avec François Martins producteur à Villefranche-du-Périgord.

 

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Les gazouilladesde Pascal Serre

La visite à la Péniche

macron perigueuxA Périgueux, rarement visite de président de la République a été aussi fade que celle de Emmanuel Macron. De Poincaré à Hollande, chacun s’en était allé du traditionnel bain de foule. Pour Emmanuel Macron, nous avons, de loin, contemplé une visite virtuelle sur une péniche qui avait pris l’eau quelques semaines auparavant.

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Mes bonnes adresses

AGEMA

IMPRIMERIE-FANLAC