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Les aveux spontanés du commissaire Penaud

aveuxspontanesGuy Penaud nous a habitué à parler des autres. On ne compte plus ses ouvrages et encore moins ses contributions sur l’histoire du Périgord. Presque cinquante ans de recherches pour cet autodidacte au caractère laborieux. En se penchant et revisitant sa propre aventure puis, en nous faisant partager ses fleurs du printemps et ses cabossages, l’homme apparaît simple, à l’image de Montaigne, « sans estude et artifice ». L’ancien parachutiste, ancien gardien de la paix devenu directeur départemental de la sécurité publique, Guy Penaud est un enfant de la république.

 

L’autobiographie est un genre littéraire qui révèle des paysages intimes et inconnus pour le lecteur

L’autobiographie est un genre littéraire qui révèle des paysages intimes et inconnus pour le lecteur. Le tout élevé comme le vent du soir qui adoucit la chaleur du jour et annonce la rêverie. Ce genre n’est pas celui de l’historien. C’est un passeport pour l’éternité, sa propre immortalité, une inclination pour sa propre vérité et son souci d’une vie très bien remplie. Guy Penaud n’échappe pas aux règles mais, il est vrai, avec une fraîcheur, entre ingénuité et rectitude, dans une existence qu’il excelle à tricoter pour lui donner le meilleur angle sans tomber dans le patelinage. Au fil de ses travaux historiques, Guy Penaud est devenu une institution. Trésorier de l'Académie des Arts et des Lettres du Périgord, il côtoie les plumes du moment. Les principales - Michel Testut et Gérard Fayolle - sont devenus des amis.

 

L’ouvrage est une immersion dans les voyages d’un enfant de la République

guenapenaudL’ouvrage est une immersion dans les voyages d’un enfant de la République, c’est aussi, pour les initiés, la découverte des joies et des épreuves où s’entremêlent les anecdotes parfois candides avec le goût pour la précision. On y retrouve presque toutes les figurines d’un Périgord qui passe doucement d’un millénaire à l’autre. Avec cet ouvrage, Guy Penaud polit l’actualité pour la transformer en histoire. C’est un grand travailleur qui s’agenouille devant le bonheur de rencontrer et parler avec les personnalités de son temps. Que celles-ci soient politique, sociale, économique et, bien entendu, culturelle. Nous revisitons l’histoire de l’après-guerre à 2018 en parallèle de celle de Guy Penaud et de sa famille. C’est une écriture spontanée quoique savamment arpentée, comme l’autodidacte qu’est l’auteur. Ces « aveux spontanés » se rapprochent de ceux de Gérard Fayolle dans « Le Périgord des Trente Glorieuses ». En tous les cas, ils se complètent avec des regards et des objectifs différents. De Périgueux à Versailles et Bergerac, de la Corse à Cahors, Guy Penaud nous entraîne dans les « affaires » et la vie provinciale d’un commissaire de police. Une fresque où Vidocq cherche la plume de Pierre Gaxotte et la gloire de Octave Aubry.

Un procès-verbal de Police où par instant la mélancolie et la nostalgie se glissent

Guy Penaud avec Michel Testut et Gérard Fayolle

C’est une écriture presque de sociologue, du moins dans l’expression. On est bien plus éloigné de Frédéric Dard et de Boris Cyrulnik que de l’École de Brive et ses auteurs réalistes centrés sur la ruralité. On regrettera que Guy Penaud ne s’implique pas davantage dans cette impertinence qui sommeille en chacun d’entre nous. Ce n’est pas sa personnalité. Le voici se rapprochant de l’écriture pasteurisée de Pierre Fanlac ou des romans paysans de Michel Jeury. Sauf que l’autobiographie, par nature, est inadaptée à l’excellence du poète.

C’est avec la douleur de la perte de son fils suivie d’un fichu Alzheimer pour Jacotte, l’épouse d’une vie, que le carapace se craquelle sans pour s’affranchir de sa posture de bourgeois républicain. Ainsi, nous en sommes persuadés, comme Jean d’Ormesson, il pourra écrire un autre livre : Un jour je m’en irai sans en avoir tout tout. Pour cela, il lui faudra de l’audace pour entrer dans le vif des aveux et du sujet, c’est-à-dire, lui-même. En attendant, voilà un procès-verbal de Police où la mélancolie et la nostalgie se glissent par instant, plaisante conduite dans ces lieux de mémoire qui ont fait écrire à l’historien Pierre Nora : « Ce sont ces lieux sans gloire, peu fréquentés par la recherche et disparus de la circulation qui rendent le mieux compte de ce qu’est à nos yeux le lieu de mémoire et en font sentir au plus près l’originalité. » Ainsi, Les aveux spontanés d’un commissaire devenu historien résultent et répondent à cette condition. En ce sens, en lisant l’ouvrage de Guy Penaud, je suis convaincu que vous irez de surprise en surprise.

 

Texte et photos : Pascal Serre


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MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

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