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Les causeries d’un météore

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Dès les premiers pas de cette élection, j’avais souligné « ma surprise », et je fus tancé, même par mes amis. Je voulais simplement témoigner de ma lucidité et de ma préparation à la défaite.

C’est Jean Garrigues, spécialiste de l’histoire politique qui me l’a confirmé : « quand vous vous lancez en politique, vous devez vous préparer à la défaite.» Et de compléter : « aujourd’hui, on monte très vite et on peut dégringoler tout aussi vite. »

De la part de rêve et de la gouvernance

Je ne puis tout autant dire que cette élection est due à des promesses. J’avais là-aussi, pris le risque de modérer l’ardeur joyeuse des compagnons, non sans difficultés.

Là-encore, Jean Garrigues était présent : « Ce qui fait gagner, ce sont à coup sûr, les promesses et on sait qu’elles n’engagent que ceux qui les écoutent. Les discours de vérite tenus par Mendès, Rocard, Rocard, voire Jospin ont rarement profité à leurs auteurs. » Tout en reconnaissant qu’« il faut bien une part de rêve dans une campagne. »

Dès les premiers pas de cette élection, j’avais souligné « ma surprise », et je fus tancé, même par mes amis. Je voulais simplement témoigner de ma lucidité et de ma préparation à la défaite.La part de rêve fut un autre esprit et une autre méthode dans ce qu’aujourd’hui on désigne par « gouvernance » et qui veut se traduire dans un humanisme raisonné ; en fait, tout simplement l’application difficile de cette citation de Jean Jaurès : « Aller à l’idéal et comprendre le réel. »

On n’a jamais raison sur tout, et tout le temps. Ainsi, je garde en mémoire le propos du républicain Pierre Waldeck-Rousseau : « Gouverner, c’est choisir entre deux inconvénients. » Et puis, il y a le débat, celui qui n'oppose pas mais rassemble. Le débat c'est entendre le discours de l'Autre et de le partager. Le maire peut toujours prendre des décisions avec sa majorité, il n'est pas aisé d'entretenir le débat avec les opposant irréductibles, dogmatiques, sectaires mais sincères dans leurs convictions. C'est bien là que j'éprouve mon véritable engagement et la qualité tant de mes décisions que de mes propres certitudes, ou incertitudes ; les premières n'ayant de sens que par rapport aux secondes.

Survivre est une violence

Ainsi, je m’interroge sur ce confinement que Michel Foucault, un philosophe, tenait comme « gouvernement idéal » ; je m’interroge encore sur la violence de notre société et je bute sur Marek Halter signifiant « la violence commence là où la parole s’arrête » ; et je m’arrête sur Jean-Paul Sartre : « la violence se donne toujours pour une contre-violence, c’est-à-dire pour une riposte à la violence de l’autre. » Il me reste Emilie Frèche écrivant « Il n’y a pas de violence plus grande que d’aller fouiller en soi » et Michel Onfray lachant « survivre est une violence. »

Survivre… mais oui ! Il nous faut survivre comme l’enfant, comme le poète ! Quelle beauté que cet extrait de Georges Bernanos : « Qui sait au printemps regarder les plissures d’une feuille, lira un peu de ce qu’est l’espérance. » C’est bien ainsi que j’entends exercer ce mandat éphémère de maire, sans oublier René Char, un autre poète, qui a écrit : « Espoir que je tente, la chute me boit.» Si le maire n’a pas toujours raison, le poète, lui, a toujours raison.

Pascal SERRE


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