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Patrick Palem, l’homme tranquille

palem02Ce qui frappe au premier abord, c’est l’extraordinaire flegme de Patrick Palem. Le personnage dont les réussites professionnelles ne sont plus à démontrer se veut en dehors des chipotages nuisibles à la construction d’un projet et d’une équipe. Il conserve sa droiture et une forme de distance qui traduisent une égalité d’humeur et une pensée toutes axées sur le challenge qui lui est offert ainsi qu’à son équipe. Il faut dire que la carte politique périgourdine est un extraordinaire mille feuille qui implose davantage chaque jour. Le camp du maire sortant est en passe de devenir une sorte de Sainte-Hélène avant l’heure, quant à gauche, c’est un inextricable puzzle au-dessus duquel plane l’ombre de l’aigle Moyrand.

Lorsque la polémique s’installe autour de la visite (annulée) d’Emmanuelle Wargon, secrétaire d’ Etat auprès de la ministre de la transition écologique, Patrick Palem n’entre pas dans l’arène et c’est Emmanuelle Wargon qui clôturera deux jours plus tard en ces termes : « Je suis surprise de ces réactions, avoue la secrétaire d’État. Je venais voir le candidat pour parler de sa candidature, en dehors de mon temps de visite officielle, en tant que membre d’En Marche. Au milieu d’une visite de trois jours, prendre une demi-heure pour un moment privé, j’ai du mal à voir le problème. Il n’y a pas d’utilisation des moyens de l’État. Pour moi, ces réactions négatives, c’est de la politique politicienne à l’ancienne. » Fermez le ban. 

Replacer l’humain au centre des actions 

Le leader des « marcheurs » et du Modem a développé une « vision globale et à long terme qui permette de prendre en compte l’ensemble des informations collectées et traitées en replaçant l’humain au centre des actions en cours d’élaboration » D’ors et déjà, les questions de mutation du commerce et de l’artisanat Périgourdin sont au coeur des réflexions, ainsi que la mobilité et la question du stationnement. Si les commerçants présents ont longuement évoqué, une nouvelle fois, le projet d’aménagement de la place Montaigne, Patrick Palem a répondu en ces termes : « que le principe est trop avancé pour que l’on imagine de l’annuler. Le travail qui est devant nous est de renouer les liens rompus avec les commerçants mais aussi les Périgourdins pour aboutir à un consensus le plus large possible. » Le candidat Palem ne peut pas être plus clair et pragmatique. Comme on dit, il n’avance pas avec un masque.

Patrick Palem dont la carrière est intimement liée au monde du Patrimoine entend remettre à plat, dans ce domaine, les atouts de Périgueux. Si la cathédrale Saint-Front est la première image de la ville, le candidat considère qu’il y a, particulièrement autour de la rivière l’Isle, un ensemble naturel et patrimonial qui couvre deux mille ans d’histoires. C’est aussi par ces atouts que les Périgourdins doivent redécouvrir et mettre en valeur que Périgueux peut espérer assurer son développement. Chaque quartier a une histoire et un urbanisme propres qui doivent reprendre toute leur place et leur spécificité dans un ensemble commun. Le candidat met aussi en avant la relation bénéfique entre l’Homme et les nouvelles technologies qui facilitent le « vivre ensemble ». 

Ce qui compte ce sont les aspirations des Périgourdins 

Pour le candidat et sa future liste qui sera conclue pour la fin de l’année, « l’important est dans la nouvelle gouvernance entre élus, associations et Périgourdins afin que la transparence et le dialogue ne se limitent pas à l’élection mais, au contraire, ouvre une nouvelle dynamique commune sur les sujets des quartiers qui doivent retrouver ou trouver leur spécificité naturelle. En ce sens nous allons animer des réunions, tout au long des mois de novembre et décembre, avec, déjà des pistes de travail et de débats. Ce n’est pas le programme de Patrick Palem qui compte, ce sont les aspirations des Périgourdins qui doivent constituer un véritable pacte de développement démocratique. » 

L’intercommunalité et Périgueux 

L’intercommunalité doit être, comme cela l’est déjà en grande partie, l’outil qui accompagnera ce pacte de développement démocratique et citoyen. Pour Patrick Palem : « Nous y réfléchissons, notamment sur la répartition des compétences, que celles-ci soient lisibles et compréhensibles par tous. De même, la ville centre, Périgueux, doit être tout aussi lisible et compréhensible. » Perigueux, explique Patrick Palem, « a une place centrale dans le dispositif intercommunal et mettre en valeur ses atouts et son importance. Mais, cette intercommunalité doit se bâtir avec et autour de Périgueux. » Tout en reconnaissant : « ce sera un autre enjeu qui s’élaborera en fonction du résultat des élections municipales. »

L’homme tranquille

palem01pgPatrick Palem reconnaît que la période qui s’ouvre ne sera pas tendre et que tout les coups seront permis. Il s’y est préparé tout en se refusant à se laisser entraîner dans des querelles de personnes qui ne peuvent que desservir les intérêts de Périgueux. Il mènera une campagne avec ses convictions, sans s’arrêter et sans s’embourber dans les délices poisseux des rumeurs et des humeurs qui ne manqueront pas (voir la polémique sur le slogan de la liste et la venue d’Emmanuelle Wargon). Son allure de jeune premier, avec ses mots apaisants peuvent être des atouts dans une ville qui apparaît davantage comme déchirée par les polémiques et qui navigue à vue, sans boussole, avec, quoique l’on prétende, plusieurs capitaines. Certes, le maire sortant est un battant qui ne manque pas d’énergie mais,je vous renvoie à l’article paru sur ce site en mars 2014 et intitulé « L’homme pressé ». Le maire sortant a respecté son slogan « Réveillons Périgueux ». La ville est réveillée, mais pas dans le bon sens, et ce malgré des réalisations que l’on reconnaîtra plus tard comme bonnes. Ce mauvais sens, c’est la gestion autocratique qu’il n’est pas donné à tous de réussir. Périgueux est avant tout une ville de citoyens qui aspirent à une démocratie bourgeoise respectueuse d’un humaniste teinté de radicalisme. Antoine Audi, en bon Sarkozyste, n’a pas tenu compte de la méthode et des attitudes bienveillantes, attentives, ouvertes au débat, quitte, il est vrai à ne pas avancer à marche forcée. Sa défaite ne sera bien moins celle de son bilan que de sa personnalité clivante.

Patrick Palem apparaît comme tout le contraire de cet épisode malheureux à bien des égards car Antoine Audi a fait rêver, à jouer les animateurs avec un certain succès de sa ville, a aménager la place des jeux d’eau, engager ses Ramblas, lancer tout seul sa Manufacture gourmande et son projet d’aménagement de la place Montaigne qui est, sur le fond indispensable, sans oublier les nombreuses animations tels les Nuits gourmandes et Péri Meuh. L’erreur d’Antoine Audi, au fil de ses six années est qu’il n’a jamais bénéficié de l’onction suprême d’être consacré Perigourdin. C’est ainsi qu’il faut analyser les défections de ses adjoints et conseillers. Malgré son sourire, ses bourrades de circonstances, il porte dans sa personnalité les ingrédients d’une défaite annoncée. Tout le contraire du candidat en devenir Patrick Palem.

Périgueux a besoin de retrouver sa sérénité, son unité et sa fidélité à son patrimoine, son histoire et ses vertus humanistes

Que ce soit Elisabeth Dartencet, Laurent Rouquié et le fidèle grognard de Laurent Mossion, tous Périgourdins mais désormais davantage animés par l’amertume née d’une amitié contrariée pour ne pas dire trahie, il sera bien difficile d’émerger dans ce puzzle où il manque encore la pièce principale.

La gauche reste ancrée dans ses propres divergences et ses dogmes, ses conciliabules, ses incertitudes et ses débats sans fin. Michel Moyrand, rejeté par une majorité pourrait être le fédérateur mais les vieilles histoires restent vivaces. Sa démission, son annonce de retrait de la vie politique, son aller-retour dans le privé, ses errances sur les places de marchés de la ville et les réseaux sociaux ne jouent pas en sa faveur. Son indécision accompagnée de quelques petites phrases lacunaires, avec le temps, l’éloigne d’un nouveau destin. Les Périgourdins n’y croient plus.

Périgueux a besoin de retrouver sa sérénité, son unité et sa fidélité à son patrimoine, son histoire et ses vertus humanistes. Ce que semble avoir intégré Patrick Palem. Ce dernier, reste volontairement en retrait médiatique – à contrario de ces adversaires qui continuent à pratiquer l’ancien monde ; ses équipes travaillent et ils veillent à ce que celles-ci soient protégées en se refusant à annoncer des noms sur lesquels s’abattraient les querelles pichrocholines.

Son absence de culture politicienne associée à sa personnalité rassurante ouvre des espérances qu’il doit arriver à faire partager avec son électorat. Le début de sa campagne donne le ton. En 1989, un certain Michel Lecointe, inconnu, au profil similaire, avait créé la surprise avec un score de 23,9 % ; à l’époque le Parti communiste avait maintenu une liste qui totalisait 15,67 %. Le totem Yves Guéna, qui avait quelque peu tremblé, était reconduit avec 60,9 % des voix. Déjà, Michel Lecointe avait adopté un slogan : « Ouvrons la Ville ».

La position de Yves Guéna n’est en rien comparable à celle d’Antoine Audi qui subit, il faut le dire un « Audi bashing » depuis son élection. Cette fois, la Droite part en ordre très dispersé, le Parti communiste se cherche vainement une vitrine et les socialistes et autres collectifs se présenteront en tribus pétrocoriennes bien gauloises.

Le jeux des cinq familles

Une élection n’est jamais gagnée d’avance ; mais on peut supputer sur des grandes analyses et dissertions. Relire l’article « Le sondage sur la « Belle endormie ». Mais, Patrick Palem, sa communication revue et corrigée, sa posture de « sage » imposée, sera au second tour ; on lui donne une fourchette de 17 à 22 %. La grande famille de la gauche divisée, ne peut espérer individuellement dépasser les 3 à 7 % selon le nombre et les cas ; c’est mathématique. L’homme tranquille, Patrick Palem, devra prolonger sa méthode en rassemblant Elisabeth Dartencet et Laurent Rouquié dont les scores personnels se situeraient aujourd’hui entre 5 et 7 %. Quant à l'hypothèse d'une présence du Rassemblement national, elle parait bien improbable, pour ne pas dire virtuelle. Certes, il ne faut pas négliger Antoine Audi qui, dans tout les cas, pourra se maintenir au second tour, avec ou sans alliés, même si il est plus près des 15 % que des 20 %. C’est entre les deux tours que l’on verra si les méthodes de l’ancien monde sont plus fortes que celles du nouveau monde.

Photos et texte : Pascal SERRE


 

 

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